Ile de France


Entretien avec Michèle Sabban, vice-présidente du Conseil régional

d’Ile-de-France, chargée de l’administration 35 heures :

l’exemple francilien




Après quelques mois de préparation et des difficultés de mise en œuvre, du fait de la situation politique de l’exécutif de gauche (qui ne détient qu’une majorité relative), la Région Ile-de-France a établi, dans son administration, le 1er janvier, le système des 35 heures. C’est une performance, si on considère que le gouvernement peine à essayer d’instituer les 35 heures chez les fonctionnaires de l’Etat. Michèle Sabban, vice-présidente chargée de l’administration, expose la méthode et brosse un premier bilan d’un semestre d’exercice.

Régions Magazine. – Comment êtes-vous parvenus à ce résultat, si rapidement ?

Michèle Sabban : Nous avions un principe, avec le président, Jean-Paul Huchon, lorsque nous sommes arrivés à la Région, dans tous les secteurs concernant l’administration générale et le personnel : anticiper et associer pour agir. Anticiper, par rapport à une administration jeune, belle et dynamique, qui avait besoin qu’on s’en occupe, qu’on la respecte et qu’on l’écoute. Nous voulions associer l’ensemble des élus, et pas seulement les élus de gauche, les organisations syndicales, l’encadrement et le personnel. Voilà pourquoi nous nous y sommes pris un peu plus tôt que la loi ne nous y obligeait. Et puis nous disposions d’une majorité relative ; tout ce qui concerne le recrutement du personnel, c’est l’assemblée plénière qui décide.

R.M. : Précisément : l’opposition, peu favorable au principe des 35 heures, vous a-t-elle compliqué la tâche ?

M.S. : Elle ne me l’a pas compliquée, elle m’a permis de travailler en amont avec elle. La démarche a été d’associer la commission de l’administration générale et du personnel. Le protocole d’accord a été signé, mais, en séance plénière, on m’a rejeté les créations de postes... Donc, j’ai repris le problème à l’envers. Au sein de la commission, nous avons opéré des auditions des personnels de la Région, des syndicats, des spécialistes des 35 heures, pour constater ensemble qu’il faudrait opérer des créations de postes. Le protocole d’accord a été voté au mois de juin, le dossier de l’application a été retiré, du fait de l’opposition, et j’ai pu, entre juin et septembre, organiser toutes ces rencontres et rouvrir le chantier. La conclusion, a été la création de 78 postes. Une commission de validation se réunit depuis quelques semaines pour chaque poste demandé par un directeur, et j’ai l’intention, devant la commission de l’administration générale, de les présenter chacun avec son profil.

R.M. : Vous avez proposé plusieurs formules de réduction du temps de travail. Comment les souhaits se sont-ils répartis ?

M.S. : Au tout début, bien avant que le protocole d’accord soit voté, nous avions demandé aux organisations syndicales s’il était possible d’interroger le personnel sur ce protocole. Nous avons eu plus de 70 % de participation, et un "oui" massif, naturellement. Je me suis appuyée sur ce vote pour les différentes propositions que nous faisions. La formule consistant à travailler cinq jours par semaine, sept heures par jour, a recueilli 15,6 % des préférences des agents. La deuxième formule, d’une demi-journée par semaine, n’est pas la préférée, avec 5,6 %. La troisième, soit un jour par semaine, 16,8 % des agents la pratiquent, avec 59 % le vendredi, 22 % le lundi, 16 % le mercredi, 2 % le jeudi. La quatrième formule, qui prévoit 24 jours par an, sans cumul avec les vacances, 62 % des agents l’ont choisie. C’est la plus souple, mais ce n’est pas la plus avantageuse. Les agents se sont plutôt portés sur la quatrième parce qu’elle est à géométrie variable. Mais, pour nous, c’est très délicat : pour que les 35 heures soient un véritable succès, il faut en créer les conditions. Les trois premières formules sont gravées dans le marbre ; la seule qui doit être organisée, c’est la quatrième. C’est une grosse implication des directions, avec une réorganisation des modes de travail. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de la réduction du temps de travail.

R.M. : Il était question, en effet, d’une réforme structurelle, avec polyvalence, projets de services, etc. Y a-t-il déjà des avancées concrètes ?

M.S. : Nous avons déjà mis en place, avec le directeur des ressources humaines une mobilité interne. Il fallait réorganiser les habitudes de travail, direction par direction. J’ai été un peu déçue, dans un premier temps, parce que je pensais que le personnel l’attendait, alors qu’on a eu à ce jour une quinzaine de demandes de reclassement dans d’autres services. On m’a dit que c’était le rapport normal, dans une institution comme la nôtre, sur un millier d’agents... R.M. : Sur un millier d’agents, c’est une proportion négligeable. Comment l’expliquez-vous ? M.S. : Lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait plus de passerelles entre la Région Ile-de-France et les autres administrations. Les mutations ne s’opéraient pas, ni dans un sens ni dans l’autre. On a remis cette organisation à plat. Je modulerai quand même la proportion, parce que, depuis 1998 et l’arrivée du nouvel exécutif, l’assemblée a pris des dispositions pour mettre à niveau le personnel en rapport avec la tâche. Nous avons donc pas loin de 250 agents qui ont trois ans d’ancienneté dans un nouveau poste. Il n’en ont pas forcément fait le tour. A l’avenir, le concept d’un métier dans l’administration régionale sera remplacé par l’idée de plusieurs métiers au sein de l’administration régionale.

R.M. : Et pour les recrutements ?

M.S. : La commission de validation mise en place par le directeur général des services, sous la houlette du directeur des ressources humaines, est pour moi quelque chose de très important. En premier lieu : la transparence (et je réunirai la commission de l’administration générale pour en parler). Deux : les profils de postes. Avant de parler d’hommes et de femmes affectés à ces postes, il faut s’arrêter aux profils souhaités et attendus par les directeurs.

R.M. : D’autres Régions se sont intéressées à votre expérience ?

M.S. : Le Centre, la Haute-Normandie. Le nouveau président du Nord-Pas-de-Calais, Daniel Percheron, m’a rencontrée et souhaite qu’on travaille ensemble. En Paca, j’ai rencontré mon homologue. Et, moi, je me suis appuyée sur ce qu’on avait fait en Midi-Pyrénées et dans certains conseils généraux. Je ne me suis pas lancée tête baissée dans cette opération, sans avoir tourné, observé, rencontré... Mais l’Ile-de-France est la première Région de France et d’Europe : au-delà de mes convictions politiques, il s’agit aussi pour moi de mettre la Région en lumière.

Nominations

Pays de la Loire

Deux nouveaux directeurs à la Communication et aux Relations Internationales Le 1er juillet prochain, Denis Griffon, ancien chef de service " Actions spécifiques et sensibilisation des publics " à la Direction des Affaires culturelles et du cadre de vie de la Région , se verra confier la Direction de la communication en remplacement d’Isabelle Le Maréchal nommée par François Fillon, Président du Conseil régional, au poste de Directrice des Relations européennes et internationales.

Nord-Pas de Calais

Une Directrice de Cabinet pour la Région Cécile Locqueville vient d’être nommée Directrice de Cabinet du nouveau Président du Conseil régional, Daniel Percheron. Diplômée de l’Institut des Hautes Etudes de Droit rural et d’Economie et du CFPJ , elle a occupé différentes fonction au Conseil régional Nord-Pas de Calais.