PAYS DE LA LOIRE
Interview de M. François Fillon, Président du Conseil régional des Pays de la Loire
François Fillon

CONTRAT ETAT-REGION :
“Un contrat vaut par la Il convient d’abord que les engagements qualité de son exécution. pris, notamment par l’Etat, soient tenus”.

1 - L’année 2000 restera marquée, comme pour toutes les Régions, par la signature du contrat Etat-Région. Quelle importance donnez-vous à ce programme partagé, dans le cadre des engagements généraux de la Région ?

L’écoute des aspirations de la population régio-nale et des terr i t o i res locaux, la re c h e rche de choix partagés a d’abord été notre règle. Nous avons donc fait précéder la négociation de ce contrat de la définition d’un plan stratégique largement concerté et fixant les ambitions des Pays de la Loire à l’horizon 2010. Le contrat avec l’Etat est un des moyens de les réaliser. Avec les avenants concernant les dégâts causés par la marée noire, les tempêtes et les inon-dations ainsi que le plan Loire Grandeur N a t u re, son montant s’élève à plus de 12,5 milliards de francs. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas tout. Son financement ne mobilise qu’une partie des budgets annuels de l'Etat, de la Région et des collectivités part e n a i res. Il nous reste des m a rges de manoeuvre. Mais ce qui compte avec ce document, c’est de disposer des fondations d’un avenir commun où chaque acteur du déve-loppement régional, ligérien ou investisseur extérieur, puisse situer et préparer le sien.

2 - N’estimez-vous pas que les Pays de la L o i re ont été moins favorisés que d’autre s Régions, en ce qui concerne l’effort de l’Etat ?


On a avancé deux arguments pour justifier l’en-gagement financier de l’Etat plus faible en francs par habitant que dans la plupart des Régions : le niveau du précédent contrat et le dynamisme économique des Pays de la Loire. Le niveau bas du précédent contrat n’est pas une raison pour nous accorder à peine plus qu’auparavant, mais une raison pour obtenir beaucoup plus ! Par ailleurs, la bonne santé économique des Pays de la Loire, si elle est incontestable, re s t e cependant fragile. Nous en connaissons les signes : une forte pro p o rtion d’activités de pro-duction exposées, soit à la rudesse de la c o n c u rrence comme les industries de la mode, soit, un jour ou l’autre, au renversement de c o n j o n c t u re comme les industries de la plai-sance. Cette fragilité n'est pas encore compensée, malgré d’indéniables progrès, par un poten-tiel de recherche, un niveau d’exportations et un taux d’encadrement des entreprises suff i-sant. Ce sont les moteurs du dynamisme à long t e rme qui justifient un eff o rt soutenu de rat-trapage.

3 - Vous aviez envisagé un contrat inter-régional avec votre voisin breton. C’eût été une initiative originale, en matière de décentralisation, mais elle a été re f u s é e par les représentants de I’Etat. Comptez-vous néanmoins développer des synergies avec les Régions voisines ?

Je regrette qu’un tel contrat interrégional n’ait pas été retenu par l’Etat. Le rapprochement de deux économies régionales aussi imbriquées dans de nombreux domaines et la nécessité de fa i re bloc dans la compétition intern a t i o n a l e méritent d’être épaulés par l’Etat, en contra-diction sur ce point avec les réflexions de la D ATAR sur la définition d’espaces d’aména-gement plus vastes et cohérents avec I’Euro p e . Nous avons tissé des liens étroits avec les Régions voisines illustrés par la mise sur pied d ’ i n s t ruments d’action communs: le TER Inter-L o i re, entre Orléans et le Croisic, le parc natu-rel Anjou - Val de Loire, I’itinéraire Loire à Vélo, avec la Région Centre, la gestion de la pêche et de l’aquaculture avec le Poitou - Cha-rentes et l’Aquitaine, le développement agro-nomique, un réseau haut débit, des missions ‘ ’ e x p o rt”, un bureau commun à Bru x e l l e s . . . avec la Bretagne - avec laquelle nous avons renforcé la coopération sur de grands dossiers d’aménagement : prolongement du TGV, futur a é ro p o rt international de Notre Dame des Landes, près de Nantes... en inaugurant la pra-tique de re n c o n t res plénières des deux Conseils Régionaux. La relance de l’association Ouest - Atlantique pour favoriser l’implantation des investisseurs, notamment étrangers et la rapidité du groupe-ment des trois régions Bretagne, Pays de la L o i re, Poitou - Charentes, face à la marée noire , témoignent de l’excellent climat de solidarité qui existe entre les gens de l’Ouest. Nous conti-nuerons de I’encourager.

4 - Et comment vous situez-vous, dans le concert européen des Régions ?


Nous devons continuer à agir pour nous rap-p rocher des grands centres de décision mais sans complexe. La réussite économique de l’Ouest se mesure en partie à l’évolution de l’emploi salarié. Elle place nos régions aux tous p remiers rangs nationaux depuis cinq ans, démontant ainsi singulièrement les grandes théories sur le développement irréversible de l’Europe autour de la “banane bleue”. La poursuite de notre rapprochement passe bien sûr par la réalisation de nos grands pro-jets de communication: aéroport international du Grand Ouest à Notre Dame des Landes, port de Nantes Atlantique, prolongement du TGV, achèvement des continuités autoro u t i è re s : route des Estuaires, axe Calais - Bayonne, axe ligérien vers l’est par Langeais - Tours - Vierzon, réalisation de notre réscau haut débit avec la Bretagne. Mais le rapprochement passe aussi par un état d’esprit ouvert à l’Europe et à la pratique d’ex-périences européennes, que nous encourageons auprès des entreprises, des établissements d’enseignement, de formation, de re c h e rc h e , des jeunes par des dispositifs associant aide f i n a n c i è re, ingénierie de projets, appre n t i s s a g e des langues et mise à disposition d’inform a-tions sur l’Europe.

 

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