Quelles sont les activités du Groupe de
Travail que vous présidez ?
Aujourd'hui, il est organisé en trois volets
:
- la contribution des régions aux Objectifs
du Millénaire pour le Développement définis par
l'Organisation des Nations Unies (Réseau Solidarité
Internationale) ;
- la défense des intérêts des
Régions méditerranéennes ;
- les coopérations avec des Régions
d'Europe de l'Est.
Sur le premier volet, je voudrais souligner
qu’un point important concerne la coordination des Régions
membres sur des projets précis dans le cadre notamment de
l'initiative "Appui aux Réseaux Territoriaux" (ART)
du Programme
des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
Des visites, ayant pour objectifs de mieux
Marie-Françoise Muller et Jamila Hassoune
dans sa petite librairie de Marrakech

connaître le fonctionnement pratique des
projets du PNUD et de s'assurer de l'adéquation du cadre ART
seront régulièrement organisées (en Serbie, au
Maroc...).
Quelles sont les priorités définies
dans la nouvelle stratégie pour 2007-2012 ?
Jusqu'en 2006, le groupe de travail, alors
dénommé Partenariat Régional, s'est penché
sur les questions juridiques et institutionnelles de la
coopération interrégionale. En 2003, il a publié
un Rapport montrant le manque de coordination et de mutualisation des
moyens entre les Régions sur les projets.
Dès lors, il a examiné les nouveaux
instruments de la coopération lancés par l'UE et a
rédigé les positions de l'ARE, notamment sur l'Instrument
européen de Voisinage et de Partenariat et sur le Groupement
européen de coopération territoriale (GECT).
Suite à la signature d'un accord de principe
entre l'ARE et le PNUD en 2004, les Régions membres du groupe de
travail ont exprimé leur volonté d'étudier
ensemble les possibilités de coopération en
matière d'aide au développement.
L'Europe existe et nous devons travailler
collectivement, et ce à plusieurs niveaux : celui
des
associations nationales représentant les Régions, comme
l'Association des
Régions de France (ARF) dans mon pays, et
celui de l'ARE (avec des régions européennes).
Ce sujet est devenu un des principaux volets des
travaux actuels. Un réseau Solidarité Internationale * a été
lancé à Dijon, le 16 octobre 2006. Ce changement a
été acté lors de la restructuration de l'ARE, en
novembre 2006. Le groupe s'intitule désormais Relations
Internationales. Pour moi, il s'agit d'un premier pas vers une
solidarité raisonnée, construite, cohérente.
Pourquoi jouez-vous ce rôle au sein de
l'ARE ?
Je pense que nous ne pouvons pas, en tant
qu'institution, rester indifférents aux inégalités
omniprésentes dans le monde, et que nous avons le devoir d'agir
ensemble pour les combattre.
En ce qui me concerne, ces échanges m'ont
fait rencontrer de nombreuses personnes qui m'ont beaucoup appris. Je
pense, par exemple, à Jamila Hassoune, qui va à la
rencontre des familles dans les villages du Maroc. Avec la caravane
Civique, des conteurs font rêver les enfants avec leurs
histoires, leur montrent des livres et leur en offrent. La caravane
apporte aussi des informations sur la contraception pour les
mères, sur la façon de se protéger contre le sida,
sur les risques de la grande ville…
* Les Régions
membres : Açores (P), Auvergne (F), Bourgogne (F),
Bruxelles-Capitale (B), Campania (I), Essex (UK), Genève (CH),
Hedmark (N), Jura (CH), Valencia (E)