2007, année européenne de l'égalité des
Chances. Vous êtes la Présidente du Groupe de travail sur
l'égalité
des Chances à l'ARE. Quelles actions fortes allez-vous mener
cette année ?
2007 est une année importante, mais
personnellement, je ne pense pas que ce soit dans les anniversaires que
l'on arrive à apporter des solutions. C'est quotidiennement que
l'Europe se fait !
Les activités menées au cours de
cette année s'articuleront autour de quatre objectifs
clés :
- En matière de droits : sensibiliser
l'opinion publique au droit à l'égalité de
traitement et à la non-discrimination ainsi qu'à la
problématique des discriminations multiples. Aujourd'hui, les
pays s'engagent, en effet, à mettre en place
des droits et des devoirs qu'oblige la communauté
européenne, mais lorsqu'on entre dans ces pays, les droits ne
sont pas appliqués. Il faut faire prendre conscience à
ces populations que c'est dans leur propre d'intérêt qu'il
faut faire respecter ces droits ;
- En matière de représentation :
stimuler un débat sur les moyens de renforcer la participation
à la société des groupes victimes de
discrimination ainsi qu'une participation équilibrée
entre hommes et femmes ;
- En matière de reconnaissance : faciliter et
célébrer la diversité et l'égalité ;
- En matière de respect : oeuvrer en faveur
d'une société plus respectueuse.
Quel bilan peut-on faire aujourd'hui de l'égalité des
Chances en Europe ?
Il reste encore beaucoup à faire. Il est
d’ailleurs regrettable que seules 8 des 27 commissaires
européens soient des femmes. Au niveau des directeurs
généraux et des directeurs généraux
adjoints, la situation est encore pire, avec seulement 9 femmes sur 74
! Au Parlement, il n'y a pas 50% de femmes. Seulement quelques pays ont
mis en place la proportionnelle intégrale aux élections
européennes avec une parité totale, notamment la France
puisque c'est notre loi. J'espère que pour les prochaines
élections, l'ensemble du Parlement sera complètement
paritaire. Ce n'est pas un gadget notamment pour la question de
représentativité.
Lors de l'Assemblée Générale
du mois de novembre dernier, vous avez été élue
Vice-Présidente de l'ARE. Quelle va être votre action dans
la nouvelle stratégie adoptée par l'ARE pour la
période 2007-2012 ?
Cette année, l'ARE sera bien
évidemment plus active sur la question de
l'égalité des chances. Au niveau de
l'égalité des chances femmes-hommes, nous aurons
dorénavant deux réunions au lieu d'un seule
réunion annuelle précédemment.
L'ARE se réjouit de la création
à Vilnius (Lituanie) de l'Institut européen de
l'égalité femmes-hommes, doté d'un budget de 52,50
millions d'euros pour la période 2007-2010. Un Forum
d'expert(e)s sera créé en tant qu'organe à part de
l'Institut européen, auquel l'ARE essaiera de participer.
Pour ma part, je vais réunir les
Régions francophones pour une réunion de travail afin de
souligner leur rôle au sein de l'ARE.


Le Groupe fait partie de la Commission 2
"Politique sociale et Santé publique". Il est
présidé par Michèle Sabban, Vice-Présidente
de l'ARE et Vice-Présidente de la Région
Île-de-France (F).
Objectifs
-Mobiliser les
Régions, afin de poursuivre et développer des mesures
fortes en faveur de l'égalité des chances et du respect
du droit des femmes
-Faire circuler les
informations au sein du groupe pour les porter politiquement
auprès des Régions et faire pression pour la mise en
application des politiques publiques au sein des Régions
-Rassembler les
expériences et bonnes pratiques des Régions membres pour
favoriser l'échange et le dialogue
-Lutter contre les
stéréotypes et les préjugés
-Mesurer les
avancées accomplies - au sein des Régions membres de
l'ARE - depuis la réalisation du Manifeste de Barcelone (2002)
et des Déclarations de Venise (2003) et de Kiruna (2006)
© Maud Vuillardot/Régions Magazine