
Vous avez été réélu
Président de l'ARE lors de la dernière Assemblée
générale à Palma en novembre 2006. Quel bilan
pouvez-vous faire des travaux menés par l'ARE ? Qu'est-ce qui
pourrait marquer votre second mandat ?
Il y a maintenant plus de deux ans, nous avons
entrepris des changements internes et externes à l'ARE.
D'un point de vue interne, à compter de
cette année, l'ARE dispose d'une nouvelle structure de
commissions pour mettre en œuvre la stratégie que nous
avons adoptée pour les six prochaines années. Ces
nouvelles commissions intégreront les travaux des commissions
précédentes et gèreront, de manière
transversale, les nouvelles priorités. Deux nouveaux
comités permanents font désormais partie du Bureau, un
Comité sur les Affaires institutionnelles et un Comité de
Suivi et d'évaluation.
L'ARE travaille également depuis plusieurs
années sur quatre programmes : Université d'été,
Université d'été des Jeunes, Eurodyssée et
Centurio. Elle continuera à les développer au cours des
six prochaines années, notamment pour y faire participer plus de
Régions.
Il ne faut pas oublier que toutes les
Régions démocratiques du continent européen
peuvent devenir membres de l'ARE (les Régions membres de l'ARE
dépassent donc actuellement les frontières de l'Union
européenne), à condition qu'elles respectent les
principes fondamentaux du Conseil de
l'Europe (46 états sont aujourd'hui membres du Conseil de l'Europe).
Le continent européen offre donc un potentiel de nouveaux
membres à l'ARE, par exemple dans des pays comme la Russie ou la
Turquie. Dans les années à venir, nos deux objectifs
principaux consisteront à trouver de nouveaux membres et
à donner la priorité à la coopération
transfrontalière.
Mais, bien sûr, notre grand objectif est de
lutter pour obtenir plus de compétences et de
responsabilités pour les Régions.
Quel est le rôle de l'ARE par rapport au
Comité des Régions?
Contrairement au CdR et comme je vous le disais,
70% des Régions membres de l'ARE viennent des pays membres de
l'Union européenne et 30% de pays non membres. Le Comité
des Régions est une institution consultative de l'Union
européenne ayant une représentation à la fois
régionale et locale, dont les délégués sont
nommés par les gouvernements nationaux. L'ARE, quant à
elle, est une association, un mouvement politique regroupant uniquement
des Régions.
Le CdR et l'ARE font la promotion du
régionalisme, chacun avec ses outils et ses
interlocuteurs,
mais collaborent également étroitement. C'est un atout
que le président du Comité des Régions,
aujourd'hui Michel Delebarre, ait un statut
spécial au sein de l'ARE.
Quelle est votre vision de l'Europe des
Régions ?
L'Europe doit être plus compétitive
dans le marché global, tout en favorisant l'intégration
et la cohésion interne. Le grand avantage de l'Europe en
matière de compétitivité, c'est sa
diversité. Nous devons donc atteindre la
compétitivité par la diversité ; pour ce faire, il
faut que le marché intérieur fonctionne sans
barrières et que les Régions soient plus fortes. Par
ailleurs, il faut dépasser les frontières de l'Europe.
Nous disposons, depuis janvier 2007, d'un nouvel instrument, le
Groupement européen de coopération territoriale (GECT)
donnant une reconnaissance légale à la coopération
interrégionale et intégrant des autorités locales
ou régionales de pays candidats à l'UE.
De surcroît, pour favoriser une
réelle intégration, il faut encourager l'utilisation
d'une langue commune, le 'globish' - un anglais adapté à
l'Europe - qui est la langue des affaires et celle utilisée par
la communauté scientifique et internet. Mais cela ne veut pas
dire que chaque citoyen européen doive abandonner sa langue et
ses racines. Au contraire, je crois que l'Europe de la
compétitivité doit être trouvée
précisément à travers le pluralisme des
identités qui la composent.



Riccardo Illy (au centre), Manuel Jaén
Palacios (à gauche), Délégué du
Gouvernement des Îles Baléares à Bruxelles et
Jaume Matas Palou (à droite), Président de la
Communauté autonome des Îles Baléares (E)