Régions Magazine - La qualité des transports est un aspect essentiel,
très concret, de la construction européenne. Globalement,
quel bilan pouvez faire aujourd'hui des principaux modes de transport
en Europe ?
Jacques Barrot - Je
tiens à souligner l'importance de la qualité des
transports pour la construction européenne. Des systèmes
de transport efficaces ont été et sont toujours
essentiels pour assurer et maintenir la prospérité du
continent européen et de ses régions. Non seulement ils
facilitent la mobilité des citoyens et des marchandises, mais
ils ont également des impacts significatifs sur la croissance
économique,
ont dû être notamment
intégrés dans la politique des transports. Il faut ainsi
accorder une attention permanente aux émissions de CO2, et
à la qualité de l'air.
Enfin, la gouvernance européenne a
évolué. Le cadre juridique du marché
intérieur est à présent largement établi.
Beaucoup dépend maintenant de sa mise en œuvre effective
sur le terrain. Des agences réglementaires européennes
ont été mises sur pied dans les secteurs maritime,
aérien et ferroviaire. Ce second niveau d'administration
européenne fournit un apport technique spécialisé
qui facilite notamment la mise en œuvre de l'acquis.
R.M. - Qu'est-ce que
le réseau transeuropéen de transport (RTE-T) ? Où
en est-on aujourd'hui ? Et par rapport aux pays voisins de l'Union
européenne ?
J. B. - Le
réseau transeuropéen de transport est un vaste
réseau de voies ferrées, d'autoroutes, de voies d'eau, de
ports et d'aéroports. Ce réseau couvre les 27 états membres de
l'Union européenne et comprend une liste de 30 projets
prioritaires qui devraient être réalisés à
l'horizon 2020.
A cette date, le réseau
transeuropéen de transport se composera de 89 500 km de routes,
94 000 km de voies ferrées, dont quelque
20 000 km de
ligne à grande vitesse, et 11 250 km de voies navigables.
Les projets prioritaires de transport
favorisent les vecteurs de mobilité les
plus respectueux de l'environnement, comme le rail et la voie d'eau.
Sur ces 30 projets prioritaires, dix-huit sont des projets
ferroviaires, deux sont des projets de navigation intérieure et
maritime.
Des projets importants sont achevés ou le
seront d'ici la fin de l'année 2007 : la liaison fixe de
l´Øresund (reliant la Suède au Danemark,
achevée en 2000), l'aéroport de Malpensa (Italie,
achevé en 2001), la ligne ferroviaire de la Betuwe (reliant
Rotterdam à la frontière allemande, achevée en
2007) ou encore le PBKAL (TGV Paris-Bruxelles/Bruxelles-Cologne-
Amsterdam-Londres, achevé en 2007).
Réaliser les réseaux
transeuropéens dans une approche compatible avec le
développement durable
Jacques Barrot au bureau de
représentation de la Commission européenne en France,
participant à un cercle de réflexion consacré
à la " Communication sur l'Europe "
© Médiathèque Commission
européenne

le développement social et la
cohésion territoriale.
Je dois souligner que les réalisations des
dernières années sont tout sauf négligeables.
C'est ce que tout le monde a pu constater lors de l'examen à
mi-parcours, en 2006, du Livre blanc des transports de 2001. Je
citerai, à titre d'exemples, l'ouverture du fret ferroviaire
à la concurrence, la définition des 30 projets
prioritaires du réseau transeuropéen, la création
du ciel unique européen, le renforcement des droits des
passagers dans le transport aérien, la directive Eurovignette
sur la tarification de l'usage des infrastructures ou le
démarrage de programmes industriels innovants comme Galileo.
Le secteur des transports a changé depuis
l'adoption du Livre blanc de 2001. Une consolidation s'est
opérée à l'échelon européen,
notamment dans les transports aérien et maritime. De plus,
l'Europe a vu la création de grandes entreprises logistiques
européennes actives dans le monde entier.
Le transport s'est transformé en un secteur
de haute technologie, épaulé par des actions diverses de
recherche et d'innovation. Ces activités ont concerné la
modernisation de la gestion des flux de transport, la
sûreté et la sécurité, ainsi que
l'établissement d'une base industrielle compétitive.
Les engagements internationaux en matière
d'environnement, dont ceux contractés en vertu du protocole de
Kyoto,
présente de multiples avantages. Les
investissements dans les projets prioritaires contribueront à un
rééquilibrage entre les modes de transport, notamment
dans les zones sensibles comme les Alpes ou les Pyrénées,
qui seront soulagées d'une part importante du trafic routier.
Ils permettront, sur les axes interrégionaux, une diminution de
14% des retards dus aux encombrements sur la route.
L'achèvement du réseau
transeuropéen de transports aura également un impact
positif sur l'environnement en diminuant les émissions de CO2
générées par les transports de 6,3 millions de
tonnes par an d'ici 2020.
Des infrastructures de transport modernes,
acheminant plus vite et plus facilement les marchandises et les
personnes entre les états membres, permettent enfin d'accroître la
compétitivité de l'Union, stimulant ainsi la croissance
de l'économie européenne.
S'agissant des connexions avec les pays voisins,
je viens d'exposer les premières étapes d'une politique
d'ensemble visant à approfondir l'intégration du
système européen de transport avec 26 pays voisins.
J'ai identifié cinq grands axes de
transport transnationaux reliant les réseaux
transeuropéens avec ceux de tous nos voisins (26 pays!) et
proposé un nombre important de mesures horizontales. Elles
visent à rendre le transport

