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Régions Magazine - Quel bilan faîtes-vous aujourd'hui de la construction d'une Europe de l'Energie ?

Andris Piebalgs - Je pense que l'Union européenne a fait une avancée significative en matière de politique énergétique. Le 9 mars dernier, les états membres ont accepté de s'imposer des réductions importantes de quotas d'émission de CO2 et des objectifs   ambitieux en matière d'énergies renouvelables. Parallèlement, ils ont réclamé à la Commission des mesures pour réaliser un marché européen de l'énergie qui fonctionne, tant du point de vue des consommateurs, qu'un marché unique de l'énergie. Aujourd'hui, la Commission doit mettre en œuvre des mesures concrètes et nous prévoyons d'ici à la fin de l'année deux avancées législatives importantes, l'une concernant le marché intérieur et l'autre les sources d'énergies renouvelables.

R.M. - L'Europe de l'énergie : qu'est-ce que cela représente en terme d'emplois européens ?

A.P. - Je pense que la question est double. D'un côté, nous devons analyser ce qui se passerait si nous n'agissions pas. D'un autre côté, nous devons considérer l'énergie comme un vecteur de croissance et d'emplois, comme un catalyseur du développement économique et de la compétitivité.
L'Union européenne est ainsi aujourd'hui exposée de manière croissance aux effets de la volatilité et de l'augmentation des prix sur les marchés internationaux de l'énergie et à la concentration progressive des réserves d'hydrocarbures dans les mains de quelques uns. Les conséquences possibles sont dramatiques : c'est, par exemple, un prix du baril de pétrole à 100 dollars US en 2030, une facture d'importation énergétique pour une
UE à 27 s'élevant à 170 milliards d'euros, soit une augmentation annuelle pour chaque citoyen européen de 350 euros. Très peu de ce transfert de richesse se traduirait par des emplois supplémentaires au sein de l'UE.
D'un autre côté, en investissant davantage en matière d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables, cela pourrait créer des emplois tout en faisant la promotion de l'innovation et de l'économie de la connaissance. Par exemple, aujourd'hui, l'Union européenne est encore le leader en matière d'énergies renouvelables justifiant d'un chiffre d'affaires de 20 milliards d'euros et employant 300 000 personnes. Elle a les capacités de mener une croissance rapide du marché global de l'énergie vers l'utilisation de moins de technologies à base d'énergies fossiles. En matière d'éolien, par exemple, les entreprises européennes se partagent 60% du marché mondial. La volonté de l'Europe de mener le combat contre le changement climatique crée pour nous l'opportunité de guider l'agenda en matière de recherche. Toutes les options doivent être envisagées pour assurer le développement de technologies émergeantes.
Finalement, à condition qu'une politique adéquate et un cadre législatif soient mis en place, le marché intérieur de l'énergie pourrait stimuler des prix justes et compétitifs, ainsi que des économies d'énergie, de la même manière que des investissements plus importants.

R.M. - Quel modèle adopter en Europe pour qu'il y ait un véritable marché intégré et durable de l'énergie, sans toutefois porter préjudice aux intérêts stratégiques européens qui passent également par l'existence de grands groupes européens de l'énergie ?

A.P. - Le marché intérieur de l'énergie doit profiter à chaque citoyen de l'UE avec des prix compétitifs, une alimentation sécurisée, de meilleurs niveaux de services et de protection du consommateur. Il doit profiter à nos citoyens, non pas seulement en tant qu'acheteurs d'énergie, mais aussi en tant qu'employés, parce qu'une énergie compétitive et sûre améliore la compétitivité de l'Europe, ce qui signifie plus d'emplois et de meilleurs emplois en Europe. Le marché intérieur de l'énergie devra également bénéficier à nos entreprises du gaz et de l'électricité dans la recherche de niveaux plus hauts d'efficacité. Leurs actionnaires devraient légitimement en attendre plus de profits.
Cependant, ces entreprises et leurs actionnaires ne devront pas s'attendre à bénéficier de positions dominantes et de marchés non concurrentiels qui résulteraient d'un échec des gouvernements à asseoir des règles de marché appropriées pour promouvoir une réelle concurrence.

En outre, le marché intérieur de l'énergie ne doit pas seulement être vu qu'en terme de prix compétitifs pour les citoyens. C'est aussi un instrument vital pour nos objectifs environnementaux. Sans un grand marché européen compétitif de l'électricité, le mécanisme d'échange des émissions ne pourra tout simplement pas fonctionner correctement. également, les chefs d'état et de Gouvernement se sont tout récemment entendus sur des outils nationaux contraignants pour amener la part d'utilisation d'énergies renouvelables dans le bouquet énergétique à 20% d'ici 2020. C'est un objectif ambitieux et, sans un marché européen de l'électricité
Andris PiebalgsCommissaire européen en charge de l'énergie"
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Andris Piebalgs au 84e Salon européen du Moteur à Bruxelles. Le Commissaire y a rappelé l'importance du bio-ethanol et des biocarburants en général dans la politique européenne de transport et d'énergie
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