politique d'information et de sensibilisation des
Français sur l'Europe, réalisé à la suite
d'une demande de Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre. Enfin,
sept députés européens ainsi que Maria Jaoa
Rodrigues, ancienne ministre portugaise et conseillère
spéciale auprès de la Commission européenne, ont
pris une part active à la réussite de notre Forum "
Europe et Société civile organisée " du 5
mars dernier.
R.M. - Comment
avez-vous transcrit cette "volonté européenne"
dans le fonctionnement du CESR ?
J.-C. B. - C'est
en 1989 que le CESR a décidé de marquer l'attention
portée aux Affaires européennes en dotant la Commission
du Plan d'une nouvelle attribution : l'Action européenne. Cette
initiative a abouti, lors du mandat inauguré en 1995, à
la création de la nouvelle Commission de l'Action
européenne et de la Coopération internationale, puis de
l'Action européenne et internationale depuis 2001. Les rapports
de cette Commission ont notamment permis au CESR d'expliciter les
enjeux liés à une meilleure implication communautaire de
la Région Île-de-France et de présenter diverses
propositions que le Conseil régional a ultérieurement mis
en œuvre.
R.M. - Avez-vous le
sentiment d'avoir été écouté ?
J.-C. B. - Ces
premiers travaux du CESR ont contribué sans aucun doute à
l'émergence d'une représentation francilienne
auprès des institutions européennes dont
l’appellation actuelle est l’Association
Île-de-France Europe dirigée par Françoise Chotard
(suites du rapport de J.-L. Girodot de février 1992). Nos
travaux ont aussi favorisé la mise en place d'une action
régionale d'initiation et de sensibilisation à l'Europe
pour les lycéens et les apprentis franciliens, en partenariat
avec l'Association Jean Monnet (recommandation du rapport de P. Dunez
d'octobre 1994).
Le CESR s'est également efforcé de
sensibiliser les élus régionaux à la
nécessité de s'organiser davantage dans ce domaine, par
la mise en place, au sein des services régionaux, d'un outil
administratif d'impulsion et de coordination (Mission
dédiée auprès de la Direction
générale des Services ou Direction Europe) des actions
européennes menées par la Région (proposition du
rapport Barrault de juillet 2001).
Par ailleurs, interpellé par
l'inquiétude exprimée, dès le début de
l'année 2002, par le Préfet de région, concernant
la faible consommation des crédits européens de
l'Objectif 2, le CESR ïle-de-France a formalisé, par une
" stratégie régionale de proximité
européenne ", l'ensemble des propositions qu'il avait
élaborées depuis le début des années 90
(rapport de R. Bonnevialle de février 2003).




Régions Magazine - Comment le CESR Île-de-France est-il parvenu à
sensibiliser la société civile francilienne aux questions
européennes ?
Jean-Claude Boucherat - Historiquement, le CESR s'est tout d'abord efforcé de
renforcer les liens avec les institutions européennes en
multipliant les échanges et les rencontres. L'une des
premières initiatives a été prise en 1991, avec
l'audition, en séance plénière de notre
Assemblée, de Jacques Moreau, alors secrétaire
général du Comité économique et social des
Communautés européennes, venu expliquer l'action de son
organisme et affirmer l'intérêt de relations plus
étroites avec les différents CESR. D'autres
personnalités du CES européen sont également
intervenues devant l'ensemble des membres du CESR : en mars 1997,
André Laur, vice-président de cette Assemblée, a
participé à notre journée débat sur la
politique sociale européenne ; puis, en mars 2004, le
Président Roger Briesch, a présenté l'action du
CES européen autour des enjeux du traité relatif à
la Constitution européenne ; sans oublier la récente
participation de Joost Van Iersel, rapporteur du CES européen
sur le suivi de la Stratégie de Lisbonne, à notre Forum
" Europe & Société civile organisée
" du 5 mars dernier.
Le CESR reçoit par ailleurs, chaque
année, depuis 1994, de jeunes stagiaires du CES européen
souhaitant appréhender le fonctionnement d’autres CES
nationaux et régionaux.
R.M. - Quels sont
les thèmes qui ont été abordés au cours de
ces rencontres ?
J.-C. B. - En
juillet 1993, Nicole Fontaine, à l'époque Première
vice-présidente du Parlement européen, a
évoqué devant notre Assemblée, les interventions
européennes favorisant la mobilité des jeunes
Européens. En juin 2002, Catherine Lalumière avait
exprimé devant le CESR, du fait de son mandat de
conseillère régionale et de sa qualité de
vice-présidente du Parlement européen, l'utilité
d'une plus forte implication des acteurs institutionnels franciliens au
sein des institutions communautaires. Le 19 juin 2006, Michel
Herbillon, Député du Val-de-Marne, a
présenté le rapport sur la
© Jean-François Bernard-Sugy
La maison de Jean Monnet, à Houjarray dans
les Yvelines, propriété du Parlement européen
L'implication européenne du Conseil
économique et social de la Région Île-de-France
(CESR Île-de-France) est déjà ancienne. Son
président Jean-Claude Boucherat, également
président de l'Assemblée des CESR de France a
accepté de répondre aux questions de Régions
Magazine pour témoigner de la volonté du CESR
Île-de-France d'offrir un lieu et les moyens d'une meilleure
appropriation des réalités européennes aux
représentants régionaux de la société
civile organisée. Tour d'horizon des diverses initiatives qui
ont donné corps à cette volonté.