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Régions Magazine - L'Europe fête ses 50 ans. Quelle est votre analyse de la construction européenne aujourd'hui et plus particulièrement de la prise en compte du fait régional dans cette construction ? A la lumière de l'actualité concernant Airbus ?

Jacques Auxiette - La construction de l'Europe demeure une priorité absolue même si force est de constater que celle-ci est en panne aujourd'hui. Après avoir consolidé sa capacité à créer un espace de paix, l'Europe a besoin aujourd'hui d'une véritable dimension politique et sociale. C'est particulièrement vrai dans le champ institutionnel, comme dans la protection sociale, le développement économique, la protection de l'emploi, la recherche, ou encore la sécurité et la défense. Pour cela, l'Europe a besoin de s'appuyer, notamment, sur des régions fortes, comme c'est le cas en Espagne, en Italie ou encore en Allemagne. Ce n'est malheureusement pas le cas en France où l'acte II de la décentralisation a été sacrifié par le gouvernement Raffarin. La situation est même pire car on assiste aujourd'hui à une recentralisation de bon nombre de politiques publiques, particulièrement en ce qui concerne l'aménagement du territoire. Et en même temps que l'état se
" jacobinise ", il supprime les moyens financiers des politiques territoriales. Alors que c'est tout le contraire qu'il faut mettre en œuvre. L'
état doit rester le garant de l'unité nationale, assumer ses politiques régaliennes et, dans le même temps, libérer les énergies territoriales, décentraliser son action, renforcer le pouvoir des collectivités locales. En un mot, c'est bien d'un nouveau souffle dont la France a besoin,  d'une véritable décentralisation, et d'un pouvoir fort confié aux régions, avec les moyens adaptés bien sûr.

Concernant le dossier Airbus, il y a un problème de gouvernance mais le problème principal réside dans l'abandon, par le gouvernement français, de grandes politiques industrielles . Ce fut déjà le cas pour l'électroménager, la sidérurgie ; c'est hélas le cas aujourd'hui pour l'aéronautique.

R.M. - La Région des Pays de la Loire est une région " périphérique " géographiquement en Europe. N'est ce pas un handicap pour se faire entendre ?

J.A. - Cette situation géographique est surtout un atout. Grâce notamment à une façade maritime exceptionnelle, à la richesse de son estuaire et à la formidable dynamique de ses territoires. Le problème de se faire entendre ne réside pas dans la situation géographique mais bien dans la force d'intervention des régions et dans leur capacité à peser sur les décisions nationales, européennes et internationales que devraient avoir les Régions françaises. Il faut, je le répète, une nouvelle étape de la décentralisation de même qu'une régionalisation beaucoup plus affirmée. Cette véritable décentralisation doit s'accompagner de compétences clairement définies pour les collectivités locales. Il faut en cela mettre fin aux doublons, voire pire, car cela finit par rendre opaques les interventions des uns et des autres. C'est réellement une nouvelle République de la responsabilité que j'appelle de tous mes vœux.

R.M. - Quel rôle, selon vous, peuvent et doivent jouer les Régions françaises en Europe ?

J.A. - Les régions françaises ont vocation à être des facilitateurs, des assembleurs, à mettre en mouvement les énergies territoriales. On le voit bien dans les politiques publiques et les orientations stratégiques que nous avons mises en place depuis 2004. Qu'il s'agisse des pôles de compétitivité, de la recherche, de l'aménagement équilibré des territoires ou encore, des nouvelles politiques en matières de coopération décentralisée ou des politiques interrégionales que nous avons eu l'intelligence de créer. On nous demande beaucoup et on peut, sans forfanterie, développer de nombreuses et efficaces politiques publiques, générer des partenariats, animer des énergies territoriales. Tout cela, y compris, en développant des stratégies et des politiques à l'échelle européenne, dans les domaines aussi essentiels que le développement économique, la recherche, l'éducation, la formation professionnelle, sans oublier la régionalisation des fonds européens (FEDER, FSE) de même que la politique agricole commune.

Encore faut-il, comme dans d'autres pays européens je le rappelle, que les régions françaises aient un véritable pouvoir normatif et une réelle autonomie fiscale, en un mot une véritable reconnaissance institutionnelle et les moyens financiers qui doivent aller avec.
Jacques AuxiettePrésident du Conseil régional des Pays de la
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Livret édité pour la Foire Expo de Nantes du 6 au 15 avril. Le stand régional commémore le cinquantième anniversaire du Traité de Rome et sa coopération avec la province chinoise de Shandong
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