Régions Magazine - L'Alsace a l'ambition d'être la plus européenne
des régions de France, comment analysez-vous la construction
européenne aujourd'hui et le fait régional dans cette
construction ?
Adrien Zeller -
L'histoire, la situation géographique ont forgé la
vocation européenne de l'Alsace. Ce n'est quand même pas
un hasard si Strasbourg, est aussi le siège du Parlement
Européen et du Conseil de l'Europe. C'est peut-être plus
anecdotique mais c'est aussi, ici à Strasbourg que
l'Assemblée des Régions d'Europe a son siège.
Vouloir être la plus européenne des régions
françaises n'est pas pour l'Alsace une prétention,
ça ne va pas non plus complètement de soi : c'est un
combat que nous menons presque quotidiennement parce que le destin de
notre région et de nos habitants en dépend. Ici, entre
Vosges et Rhin, nous savons trop ce que l'absence d'Europe a
coûté. Aujourd'hui, il faut bien le reconnaître,
l'Europe piétine. L'élargissement, à marche
forcée et pourtant légitime pour les peuples de l'Est
trop longtemps opprimés, explique les difficultés du
moment. Mais il n'est pas seul en cause : le projet européen
s'est ankylosé, enkysté dans des procédures, des
réglementations qui échappent souvent aux peuples. Et les
états qui
la composent ont trop souvent à son égard
une attitude contradictoire. Il faut
alléger l'Europe, engager les gouvernements à lui
redonner la part de rêve qui l'a créée.
R.M.- Quel
rôle doivent jouer, selon vous, les Régions
françaises en Europe ?
A.Z. - Les
Régions européennes, pas seulement les Régions
françaises, peuvent apporter cette souplesse, cette
agilité. Elles doivent être le lieu où s'exprime,
se traduit, l'Europe au concret,
chaudière automatique au bois
installée par un particulier ou une collectivité
bénéficie d'une part de financement européen ! -
Pour autant, et pour revenir à la position des régions
françaises, je voudrais nous inviter à la modestie et
à la vigilance. A l'échelle européenne, nos
régions sont encore relativement faibles ! Que pesons nous
budgétairement ou institutionnellement face aux Länder, aux
régions italiennes ou espagnoles ? Dans l'ancienne Europe de
l'Est, aussi les
au quotidien. L'Alsace est bien placée pour
le savoir : sans l'Europe, nous n'aurions pas bouclé le
financement du TGV Est Européen, dont la mise en service
coïncide à peu de mois
avec le cinquantième anniversaire du
Traité de Rome, ni d'ailleurs celui de la branche Est du TGV
Rhin Rhône dont les travaux vont bon train. Mais l'Europe sait
aussi financer ou cofinancer l'avenir immédiat de nos
concitoyens : des passerelles, des ponts, des passes à poissons
sur le Rhin, des centres de recherches, une politique des langues, des
laboratoires, les biotechnologies, le développement des
énergies renouvelables - en Alsace, presque chaque
régions prennent du poids. Dans ce domaine,
la France reste encore à la traîne. Pour que nos
régions puissent jouer un rôle en Europe, il
faudrait aussi et d'abord qu'elles puissent
occuper une place plus importante ici même, en France.
R.M. - Quelles
actions fortes menez-vous dans votre région en faveur de
l'intégration européenne ?
A.Z. - Notre
principale action a justement été conduite vis à
vis de l'état pour pouvoir gérer