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Régions Magazine - L'Europe fête ses 50 ans. Quel bilan peut-on faire aujourd'hui de l'avancée du
" fait régional " ?


Michel Delebarre - Il y a 50 ans, les Traités fondateurs de la Communauté Européenne lançaient le plus formidable et le plus novateur rassemblement d'états dont on ignorait qu'ils allaient se retrouver à 27 en 2007. Mais il y a 50 ans, personne n'avait anticipé le rôle des collectivités territoriales dans le processus d'intégration européenne. La reconnaissance de leur rôle fut un processus long, progressif, timide, hésitant …au moins jusqu'à la mise en place, il y a 13 années seulement, du Comité des régions (CdR).

Aujourd'hui, le "fait régional" ne se limite pas à la mise en œuvre de la politique de cohésion. En effet, la très grande majorité des champs politiques de l'Union européenne concernent directement le niveau local et régional. Dans les politiques communautaires "intégrées", près des trois-quart de la législation appliquée dans les collectivités territoriales sont d'origine communautaire.

Le projet de traité constitutionnel consacre la reconnaissance du "fait régional" au niveau européen : il insère la cohésion territoriale parmi les objectifs de l'Union ; il fait du respect de l'autonomie locale et régionale un principe constitutionnel et il attribue au principe de subsidiarité une nouvelle dimension, notamment en prévoyant pour le CdR un droit de recours devant la Cour de Justice en matière de subsidiarité.

R.M. - Dans l'éventualité d'un nouveau traité constitutionnel ou d'une simple révision du traité existant, n'y a-t-il pas le risque d'un retour en arrière concernant les gains obtenus par les autorités régionales dans la Constitution européenne ?

M. D. - Si, bien évidemment. C'est pourquoi le CdR, qui a contribué par la voix de ses six représentants à la Convention à imprimer une marque territoriale à la Constitution, continue à en défendre le bienfondé et la substance.

A l'occasion d'une session plénière commémorant le 50e anniversaire des Traités de Rome les 22 et 23 mars à Rome justement, le CdR a rappelé, dans une déclaration, qu'il soutient l'aboutissement rapide du processus constitutionnel pour que les acquis obtenus jusqu'ici par et pour les collectivités soient préservés.

R.M.  - Cela fait un an que vous êtes à la tête du Comité des Régions, quelle analyse portez-vous sur son rôle et ses actions dans la construction européenne ?

M. D. - Les compromis obtenus en 2006 sur les dossiers-clés comme les perspectives financières ou la directive services, traduisent une ambition politique européenne a minima de la part de nos gouvernements nationaux, souvent en retrait par rapport aux attentes des élus territoriaux. Un effet collatéral de ce manque d'ambition est le recul de l'activité législative. Nous devons donc nous adapter à une situation où la consultation pré-législative devient de plus en plus importante et exigeante. C'est notre premier défi. Il suppose la capacité de mobilisation et de coordination des réseaux d'élus territoriaux.

Au-delà des dossiers législatifs ciblés, nous nous sommes aussi employés en 2006 à mobiliser nos réseaux sur des thématiques globales.

Avec la nouvelle génération 2007-2013 de fonds structurels, la politique régionale est désormais au centre de la réussite de la Stratégie de Lisbonne et les régions et les villes en sont à l'évidence les protagonistes.  Grâce aux Open Days, devenu LE rendez-vous annuel des régions et des villes concernées par la préparation et la mise en place de fonds structurels, et à la plate-forme de monitorage de la Stratégie de Lisbonne associant 65 collectivités territoriales, le CdR a apporté une contribution significative pour rendre plus tangible la Stratégie de Lisbonne et faciliter le montage des projets co-financés par l'Europe.
Michel DelebarrePrésident du Comité des RégionsAncien minist
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comité des régions
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Open Days les 9-12 octobre 2006 - Groupe de travail "Le rôle des universités dans la création d'une économie de la connaissance"

En matière de subsidiarité, le CdR a également réussi à franchir une nouvelle étape.  Une 2e phase-test de notre réseau subsidiarité associant 49 collectivités locales et régionales nous ouvre la voie vers l'établissement d'un réseau électronique interactif.  Et surtout, elle contribue à pérenniser les acquis que le projet de traité constitutionnel a apportés en termes de subsidiarité.

En matière de politique de communication enfin, le CdR a réussi à démontrer la pertinence du débat politique et public de proximité ainsi que la nécessité de promouvoir une politique de communication décentralisée sur tout le territoire européen.
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