La 1ère Eurorégion à se doter d'un GECT
A Bruxelles, le 10 octobre, à l'occasion
de l'édition 2007 des
" Open Days ", la semaine
européenne des villes et des Régions organisée par
la Commission européenne et le Comité des Régions,
cinq Régions ont lancé officiellement l'Eurorégion
Alpes-Méditerrane, en présence de Michel Delebbarre,
président du CDR. Cette Eurorégion se dotera, courant
2008, du nouvel outil juridique créé par l’Union
Européenne, le Groupement de Coopération Territoriale
(GECT).
Eurorégion Alpes-Méditerranée
5 Régions : Ligurie, Piémont,
Vallée d'Aoste, Provence-Alpes-Côte d'Azur,
Rhône-Alpes
17 millions d'habitants (la plus grande
Eurorégion en terme de population)
Un territoire de près de 110 000 km²
allant des Alpes à la Méditerranée
Un siège commun à Bruxelles
Création : le 18 juillet 2007 au Fort de
Bard dans le Val d'Aoste
Michel Vauzelle, président de la
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Mercedes Bresso,
présidente de la Région Piémont, Luciano Caveri,
président de la Région Autonome Vallée d'Aoste,
Michel Delebarre, président du CDR, Jean-Jack Queyranne,
président de la Région Rhône-Alpes, Fabio Morchio,
assesseur de la Région Ligurie, représentant le
président Claudio Burlando et Bernard Soulage, 1er
vice-président de la Région Rhône-Alpes



Régions magazine - Pourquoi avoir décidé de créer une
Eurorégion Alpes-Méditerranée ?
Michel Vauzelle - Les
Alpes occidentales sont moins une barrière qu'un territoire
commun où l'on partage, que l'on soit d'un côté ou
de l'autre des Alpes, une culture et une histoire communes.
L'opportunité des programmes européens transfrontaliers
et transnationaux a offert, depuis des années, un cadre à
une volonté de travailler ensemble parce que nous partageons les
mêmes problèmes, les mêmes contraintes, les
mêmes atouts, les mêmes défis. Nous avons aussi des
complémentarités qui, si nous en jouons bien, peuvent
constituer un formidable moteur à nos économies
régionales et pour l'emploi. Marseille est l'avant-port de Turin
comme de Lyon. La Ligurie et Provence-Alpes-Côte d'Azur
réfléchissent ensemble à l'amélioration de
leurs liaisons routières et à la création
d'autoroutes de la mer.
Ces convergences objectives et la volonté
politique des cinq présidents nous ont naturellement conduits
à envisager la

création d'une Eurorégion Alpes
Méditerranée à la fois ancrée au cœur
de l'Europe et ouverte sur la Méditerranée. Tel a
été le sens de la Déclaration que nous avons tous
les cinq signée à Turin en juillet 2006.
R.M. - Courant 2008,
vous avez également décidé de doter
l'Eurorégion d'un Groupement Européen de
Coopération Territoriale (GECT). Pourquoi ce choix ?
M.V. - Le GECT
a été créé par un règlement
communautaire en juillet 2006, en même temps que nous
décidions de former une Eurorégion. Il constitue un outil
juridique qui permet, pour la première fois, à une
Eurorégion de n'être pas simplement une association de
Régions, mais d'être dotée d'une
personnalité juridique et d'un budget. C'est très
important car notre ambition n'est pas seulement d'optimiser les
coopérations territoriales déjà engagées,
mais bien de doter l'Eurorégion d'une véritable
stratégie.
Nous devrions être ainsi la première
Eurorégion constituée en GECT dès que chaque état aura
transféré le règlement communautaire dans sa
propre législation. En France le Sénat a
déjà examiné le texte. En Italie des
négociations sont en cours. Je souhaite que nos
gouvernements respectifs comprennent bien l'enjeu
pour chaque pays et pour l'Europe de favoriser l'émergence des
Eurorégions, et ne freinent pas les processus.
Régions magazine - Le 1er janvier 2008, vous prendrez la présidence de
l'Eurorégion pour six mois. Quels sont vos objectifs ?
M.V. - C'est un
grand honneur que de prendre la première présidence de
l'Eurorégion, d'autant plus que cette présidence sera
marquée par l'inauguration du siège commun de
l'Eurorégion à Bruxelles.
Les six premiers mois de l'année 2007
seront une période de lancement. Avec les 17 millions
d'habitants de l'Eurorégion, nous devrions être mieux
écoutés à Bruxelles et pouvoir affirmer nos choix
notamment pour améliorer les passages alpestres entre la France
et l'Italie.
Ces passages, ces communications, sont aussi
culturels et linguistiques. C'est pour cela que je m'attacherai en
particulier à des initiatives associant les jeunes italiens et
français. L'Eurégion tout en affirmant son
identité culturelle, sera une force de cohésion et
contribuera à faire avancer le projet européen.


