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Régions Magazine - Quelles conséquences la loi du 6 février  et celle du 19 février 2007 ont-elles eu sur les missions traditionnelles du CNFPT ?

André Rossinot - Ces deux lois reposent sur des orientations convergentes, notamment l'adaptation, à la fonction publique, de la loi de 2004  relative à la formation tout au long de la vie ; mais c'est la loi du 19 février qui concerne principalement le CNFPT.
Cette loi concerne la fonction publique territoriale et a pour but d'assouplir et de simplifier le cadre statutaire. Elle recentre le CNFPT sur la formation et, ce qui est l'essentiel, modifie substantiellement l'ensemble des dispositifs de formation.
L'instauration d'un droit individuel à la formation (DIF) de 3 jours par an et par agent, la transformation et l'allègement des anciennes formations initiales, la création d'une formation d'intégration et de professionnalisation, y compris pour les catégories C, l'instauration du livret individuel de formation ainsi que des outils que sont la reconnaissance de l'expérience professionnelle (REP) et la validation des acquis de l'expérience (VAE) sont les principaux apports de cette loi. Le CNFPT est chargé de mettre en œuvre l'ensemble de ces outils. C'est toute l'architecture de la formation qui change. Nous passons d'un dispositif de formation administrée, normée et obligatoire, à une logique de formation
négociée qui implique donc les principaux acteurs - l'employeur, l'agent et le CNFPT - de manière plus précise, plus dynamique. Il s'agit d'une mutation essentielle dont le maître mot est la professionnalisation : le lien entre formation et carrière, entre formation et métier est plus que jamais essentiel.
Enfin, la loi donne au CNFPT la compétence d'observation et de prospective en matière d'évolution des métiers. C'est un élément essentiel de l'adaptation des formations que je résume ainsi : " Anticiper pour mieux former, former pour mieux anticiper ".

R.M. - Comment le CNFPT compte-t-il répondre à cette exigence… ?

A.R. - Le CNFPT s'était préparé à cette évolution : ainsi le Répertoire des métiers publié en 2005, la création de cycles professionnels sont des avancées qui correspondent aux objectifs de professionnalisation de la loi.
Le plan de formation, les outils d'individualisation des parcours de formation, et notamment la VAE et la REP vont permettre une meilleure adaptation de l'offre à la situation des agents.
Par une contractualisation plus fine avec les collectivités, par une offre de formation plus diversifiée, mais aussi par une diversification de ses outils de formation, le CNFPT répondra mieux à la variété des attentes.
Ainsi, la transformation de l'offre passe par des catalogues mieux ciblés par thèmes ou par politiques publiques afin que les publics intéressés soient mieux pris en compte.
En tout état de cause, l'assouplissement des dispositifs était une nécessité, un souhait de l'ensemble des agents, des employeurs et du CNFPT.

R.M. - Quelles sont désormais vos relations avec les centres de gestion qui sont aujourd'hui chargés d'organiser l'essentiel des concours et examens professionnels ?

A.R. - Il y a toujours eu, région par région, des relations et des coopérations concrètes entre le CNFPT et les centres de gestion : nous avons des missions complémentaires et des publics communs, nous partageons souvent les mêmes locaux.
L'innovation de la loi consiste à séparer de manière plus rigoureuse que jadis la formation et la gestion.  Nous travaillons donc actuellement, avec les centres de
gestion, à la préparation du transfert des compétences concours et FMPE (fonctionnaires momentanément privés d'emploi), conformément au cadre défini par la loi. Le CNFPT a fait, depuis plusieurs années, un gros effort de rationalisation et d'économie d'échelle dans l'organisation territoriale des concours, nous pourrons donc livrer aux centres de gestion un dispositif fonctionnel. Dans ce cadre, le CNFPT entend appliquer la loi, toute la loi, mais rien que la loi.
Mais nous souhaitons aussi développer des actions plus dynamiques avec les centres de gestion autour de l'emploi et autour des plans de formation des petites collectivités.
On peut enfin rappeler que le CNFPT conserve la gestion des A+, c'est-à-dire l'encadrement supérieur des collectivités.

R.M. - Comment adapter l'offre  service du CNFPT à la réforme de la formation professionnelle et à l'évolution de l'offre territoriale ?

A.R. - Ce sujet est de loin le plus important car la loi nous fournit un cadre nouveau, mais elle ne donne évidemment pas le contenu des formations.
André Rossinot Président du Centre national de la Fonction pu
Le CNFPT

Le CNFPT est un établissement public dont les missions ont été recentrées sur la formation des agents territoriaux. Il assume également des missions liées à l'emploi des cadres supérieurs (administrateurs, conservateurs et ingénieurs en chef). Il est doté d'un Observatoire des emplois, des métiers et des compétences.

Le CNFPT est un établissement public unique, paritaire et déconcentré. Ses instances nationales et régionales sont composées à parité de représentants des collectivités employeurs et de représentants de leurs personnels.
Le CNFPT dispose de 29 délégations régionales ou interdépartementales, de quatre écoles nationales d'application et d'un institut, lieux de formation des cadres territoriaux.

Sa devise : " Former, c'est l'avenir, l'avenir, c'est se former ".
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