

Régions Magazine - Quel constat pouvez-vous faire aujourd'hui de la situation
de la formation professionnelle en France ?
Jean Wemaëre - Près
de 10 millions de personnes sont formées en France chaque
année. Le marché de la formation représente 5,4
milliards d'euros et connaît une croissance de 5,4% par an depuis
2001. Dans ce marché, l'offre des organismes privés
représente les trois quarts du chiffre d'affaires.
Cette tendance devrait se poursuivre en raison
d'une augmentation de la demande de la part des individus qui va encore
s'accroître avec le DIF. Rappelons que le droit individuel
à la formation a été créé en 2004 et
permet à chaque salarié de suivre 20 heures par an
(cumulable sur six ans) une action de formation de leur choix.
Quant au système de la formation
professionnelle, il se caractérise par une grande
complexité institutionnelle qui reflète la
diversité des acteurs (pouvoirs publics, entreprises,
partenaires sociaux, Régions) mais également par une
grande diversité de circuits de financement et de dispositifs,
ce qui constitue un frein à la construction des parcours de
formation des individus.
R.M. - La FFP a fait
de l'amélioration de la qualité de l'offre l'une de ses
priorités. Quelles actions ont été entreprises ?
J.W. - La
qualité et le professionnalisme sont, en effet, les
principes autour desquels nous nous sommes structurés dès
l'origine. C'est ainsi que nous avons créé, en 1994, en
collaboration avec les Pouvoirs Publics, un Office professionnel de
qualification des organismes de formation (OPQF), organisme
indépendant qui a pour objet de décerner un label de
professionnalisme aux organismes de formation qui répondent
à des critères de qualité. Et nous demandons
à tous les adhérents de la FFP de s'engager à
obtenir cette qualification OPQF au plus tard dans un délai de
deux ans à compter de leur adhésion.
De son côté, l'OPQF a fait beaucoup
pour démontrer l'utilité de ce label et, aujourd'hui, bon
nombre de clients, qu'ils soient privés (entreprises) ou publics
(état,
Régions …) soumettent leurs appels d'offre à
l'exigence de la qualification OPQF.
Dans cette même optique de
professionnalisme, nous avons mis au point un système
d'évaluation des compétences qui permet
d'accroître encore la qualité de l'offre. Nous avons, en
effet, créé en 2005 un certificat professionnel (CP FFP)
pour mesurer les compétences acquises à l'issue d'un
parcours de formation. Ce certificat n'est décerné au
stagiaire que si le parcours de formation, quelle que soit sa
durée, aboutit à la maîtrise d'une fonction, d'une
activité ou d'un métier.
R.M. - La
décentralisation des crédits de formation et les
nouvelles responsabilités octroyées aux régions
sont-elles un gage d'espoir ?
J.W. - La
régionalisation de la formation professionnelle et la
décentralisation des crédits sont un gage d'espoir, dans
le sens où cela permet de se rapprocher davantage du terrain et
donc d'agir plus efficacement. La Région est l'espace pertinent
pour que la formation prouve aussi son efficacité parce que
c'est au niveau des bassins d'emploi que l'on peut le mieux identifier
les besoins ou les pénuries de main d'œuvre qui vont
permettre de former aux compétences nécessaires.
Mais il faut également que l'ensemble des
acteurs de la formation professionnelle participent à la fois
à la définition des besoins et à la mise en
œuvre des moyens nécessaires pour accroître les
compétences des individus, qu'ils soient salariés ou
demandeurs d'emploi.
Aujourd'hui, nous regrettons un manque de
concertation et de coopération entre les différents
acteurs qui aboutit encore trop souvent à des financements en
"tuyau d'orgues", avec des dispositifs qui ne sont pas
coordonnés. Quand, par exemple, les uns et les autres se
concertent pour aider une entreprise en difficulté dans un
bassin d'emploi, la recherche de solutions sera d'autant plus facile et
efficace s'il y a une réelle coopération entre tous.
Si cette concertation était
institutionnalisée, elle permettrait une meilleure efficience
entre les différents acteurs.
R.M. - Parfois la
concurrence de l'offre publique est ressentie comme déloyale par
les organismes privés… Comment optimiser l'achat public et
quelle place pour l'offre privée pour une offre de formation de
qualité ?
J.W. - Le bon
fonctionnement du marché est une condition essentielle pour
permettre le développement d'une offre de formation de
qualité, adaptée aux besoins de l'économie.
Or, le marché de la formation
professionnelle est historiquement marqué par la présence
de

Les critères permettant d'évaluer la
qualité
d'un organisme de formation
Pour évaluer la qualité d'un
organisme de formation, les entreprises doivent examiner une multitude
de critères. Il est important par exemple de vérifier la
solidité financière de l'organisme, son
ancienneté, le parcours de ses formateurs, toutes les
prestations et spécialités proposées et
évidemment les moyens pédagogiques et matériels
mis en oeuvre. Ces critères sont garantis si l'entreprise
s'adresse à un organisme de formation adhérent à
une organisation professionnelle, telle la FFP, ou ayant obtenu une
qualification ou une certification professionnelle type OPQF (Office
professionnel de qualification des organismes de formation) ou ISO. Ces
différents labels prouvent, en effet, que l'organisme de
formation a bien réalisé les démarches qui
attestent de la qualité de ses programmes et du
professionnalisme de ses formateurs.