
Régions magazine - Vous êtes président de la commission Formation
au sein de l'Association des Régions de France, comment les
Régions entendent-elle gérer cette nouvelle
responsabilité octroyée par la Loi ?
Jean-Paul Denanot -
Cette responsabilité n'est pas nouvelle. Les Régions,
depuis les premières lois de décentralisation de 1983, se
sont vu reconnaître une compétence générale
en matière de formation professionnelle. Elle a
régulièrement été confortée par des
transferts nouveaux de compétences, en particulier en
élargissant les types de publics concernés. La Loi "
Libertés et responsabilités locales " du 13
août 2004 a confirmé ce processus en confiant aux
Régions la responsabilité de la formation des demandeurs
d'emploi au-delà de 26 ans, de l'information sur la validation
des acquis de l'expérience (VAE) et en prévoyant le
transfert définitif d'une partie des crédits (la commande
publique) que l'état affectait à l'Afpa pour ses programmes de
formation.
La politique régionale a donc
retrouvé un certain souffle avec cette nouvelle loi de
décentralisation. Pourtant ce texte est loin d'avoir abouti
à la clarification et la simplification d'un paysage de la
formation professionnelle particulièrement complexe.
L'affirmation de la compétence générale
confiée aux Régions ne permet pas de définir
précisément et de manière générale
les périmètres d'intervention de trop nombreux acteurs.
Avec mes collègues présidents de Région, nous ne
pouvons que constater le nombre
d'incohérences, de redondances ou de
carences que génère encore cette situation. Cela ne peut
pas durablement persister sans mettre en cause la qualité
même des dispositifs de formation. Le temps, est me semble-t-il,
venu de ramener le débat à son niveau pertinent : celui
du service rendu à l'usager.
R.M. - Comment ne pas
devenir un acteur supplémentaire parmi tous les acteurs
déjà existants ? Quel rôle pour chacun et avec
quels moyens ?
J.-P.D. -
Précisément, en confiant aux Régions
l'entière compétence en matière de formation
professionnelle, avec évidemment les moyens qui vont avec. Nous
sommes surpris de voir continuer de figurer dans le budget de l'état des rubriques
normalement déléguées aux Régions, comme
par exemple les ateliers pédagogiques personnalisés, la
validation des acquis de l'expérience (VAE), la FOAD (Formation
ouverte et à distance), la lutte contre l'illettrisme ou encore
les actions spécifiques pour les ingénieurs et cadres. Si
on ajoute à cela, les questions touchant les interventions des
autres financeurs de la formation à l'échelon local,
comme les Assédic, les Missions locales ou les
Départements dans le cadre du RMA (Revenu Minimum
d'Activité), sans même parler des OPCA, de fortes craintes
pèsent sur la cohérence de l'ensemble. Optimiser les
moyens et les interventions d'un certain nombre de financeurs et
prescripteurs relevant tantôt de l'état, tantôt des Régions n'est donc pas
simple. Pourtant, une mise en cohérence est indispensable, et
constitue sans aucun doute le préalable à la construction
d'une sécurisation des parcours professionnels. Car de
l'éclatement du nombre des dispositifs et d'acteurs
découle une dispersion des efforts et une absence de
lisibilité, en premier lieu pour les publics qui sont en
attente, alors qu'au total les moyens qui sont mobilisés sont
considérables.
R.M. - Quel bilan
peut-on faire aujourd'hui des politiques de formation professionnelle
en France ?
J.-P.D. - Les
Régions ont une légitimité et une expertise en
matière de formation et de développement
économique, et toutes ont, sous des formes parfois
différentes, engagé des expérimentations de
dispositifs préfigurant une sécurisation des parcours.
Elles ont élaboré les Plans régionaux de
développement des formations ; elles mettent en œuvre des
politiques de formation tout au long de la vie dans le cadre des
compétences qui
leur sont confiées et même parfois un
peu au-delà, en matière de formation en entreprise par
exemple ; elles participent au développement de la validation
des acquis de l'expérience ; elles accompagnent également
la création et la modernisation des entreprises, donc la
création d'emploi… De par les compétences qu'elles
exercent, et l'expérience qu'elles en ont tiré, les
Régions ont un rôle pivot à jouer dans une
chaîne " orientation - formation - emploi " autour de
laquelle se construit à la fois le développement d'un
territoire et également une sécurisation des parcours
professionnels. C'est à ce titre qu'elles se mobilisent pour que
la coordination des différents partenaires soit effective.
R.M. - Vous avez
initié en Limousin un Groupement d'Intérêt Public
(GIP) qui réunit financeurs, opérateurs et partenaires
sociaux. Quels sont ses objectifs ?
J.-P.D. -
Effectivement, en Limousin comme dans plusieurs autres Régions,
à l'initiative du Conseil régional et de l'état a
été créé le Gip


Formation professionnelle et apprentissage :
Budget 2007
Le budget consacré en 2007 par la
Région Limousin à la formation professionnelle et l'apprentissage
s'établit à 71,4 millions d'euros (17% du budget
total). Ces crédits sont ainsi répartis :
- 20,6 millions d'euros sont consacrés
à l'apprentissage : fonctionnement aux Centres de Formation
d'Apprentis (CFA), pour plus de 11 millions d'euros, indemnités
aux employeurs d'apprentis, investissements dans les CFA, actions pour
l'amélioration des conditions de vie et l'égalité
des chances,…
- 44,5 millions d'euros pour la formation
professionnelle : programme régional d'actions AFPA (21,8
millions d'euros), actions ponctuelles ou dispositifs permanents de
formation qualifiantes, pré-qualifiantes, de remobilisation,
soutien aux réseaux d'accueil, d'information, d'orientation,
développement de la mobilité, accompagnement à la
formation de salariés,…
- 6,3 millions d'euros pour le dispositif
" emplois associatifs "