



Régions Magazine - Quels sont les grands axes d'action de l'ADEME prévus
dans le contrat d'objectifs que vous avez signé avec l'état pour la
période 2007-2010 ?
Michèle Pappalardo - La généralisation des politiques publiques de
protection de l'environnement et de maîtrise de l'énergie
renforce le rôle de l'ADEME tout en rendant nécessaire une
certaine évolution de ses modes d'intervention et notamment
l'accroissement de ses capacités d'expertise. C'est dans cette
perspective que notre contrat d'objectifs a été
signé avec l'état le 21 décembre 2006. Celui-ci permet de
mieux organiser les actions de l'agence dans ses domaines
d'intervention (déchets et sols, économie
d'énergie et énergies renouvelables, air et bruit,
actions transversales), en les structurant autour de 4 types
d'activités :
- développer les connaissances par la
recherche et l'observation,
- sensibiliser, convaincre et mobiliser par la
communication et la formation,
- conseiller, directement ou par
l'intermédiaire de relais, en développant des outils et
des méthodes adaptées,
- aider à réaliser des projets, par
des aides directes à la décision ou à
l'investissement, ou en suscitant le
développement de nouveaux outils de
financement.
Dans les années à venir, l'agence
va ainsi continuer à évoluer pour s'adapter aux attentes
de la société et intensifier ses actions notamment sur :
- l'animation de la recherche et de l'innovation
autour de 10 programmes de recherche principaux, allant de la recherche
jusqu'au développement industriel,
- la fonction d'observation, des flux comme des
coûts, incontournable pour mener à bien les politiques
publiques,
- la mise à disposition de son expertise
au plus grand nombre d'acteurs socio-économiques, ce qui passe
notamment par l'animation de relais et la mise en place d'une
démarche globale de
" centre de ressources " pour
démultiplier l'action de l'agence,
- l'évaluation qui doit permettre
d'optimiser en continu la conception et le pilotage de ses actions.
Par ailleurs, la contractualisation avec les
partenaires, notamment les collectivités territoriales, a
montré ces dernières années son efficacité
et le contrat d'objectifs prévoit qu'elle soit poursuivie.
R.M. - Dans le cadre
de la Stratégie Nationale du Développement Durable
adoptée en 2003, quel bilan pouvez-vous
faire aujourd'hui des stratégies
d'intégration du développement durable dans le
fonctionnement des acteurs socio-économiques, en particulier les
collectivités territoriales ?
M.P. - Comme le
reste de la société, les collectivités
territoriales ont globalement pris conscience des enjeux du
développement durable ces toutes dernières années.
Elles ne sont pas en retard par rapport à l'état ou aux entreprises,
même si la mise en œuvre du changement n'est pas aussi
rapide qu'on pourrait le souhaiter. Nous sommes dans la phase où
des collectivités pionnières montrent la voie et
où les autres commencent à questionner leurs politiques
structurelles comme l'urbanisme, au regard des enjeux
énergétiques notamment. On le voit quand on compare les
plans locaux d'urbanisme (PLU). Ceux votés il y a trois ou
quatre ans intégraient peu les enjeux environnementaux, la
question de la densité urbaine, la nécessité de
lutter contre l'étalement urbain et commercial, etc.
Aujourd'hui, le problème central du couple " zones
pavillonnaires et voitures individuelles " n'est pas encore
traité, mais les PLU les plus récents commencent à
mettre en place des règles pour l'encadrer. Un autre indicateur
de l'engagement croissant des collectivités est le nombre
d'Agenda 21. Il y en avait quelques dizaines en 2003 et nous devrions
atteindre en 2008 l'objectif des 500 que s'est fixée la
Stratégie Nationale du Développement Durable. Enfin, je
constate que l'ADEME est de plus en plus souvent sollicitée par
les collectivités en matière de mobilité, de
construction ou de réhabilitation de bâtiment, d'urbanisme,
de gestion des déchets, ce qui montre qu'une réelle
dynamique existe et s'amplifie.
R.M. - Quelle
contribution l'ADEME souhaite-t-elle apporter au Grenelle de
l'Environnement ?
M.P. - L'ADEME
participe activement au Grenelle de l'Environnement dans les domaines
qui la concernent, et notamment la lutte contre le changement
climatique et des déchets. Elle est membre du collège état dans deux des
six groupes de travail du Grenelle. Au niveau national comme au niveau
régional, l'agence apporte son soutien à l'état en formulant
des proposi-

Michèle Pappalardo a été
nommée présidente du Conseil d'administration de l'ADEME
par le Conseil des ministres du 15 janvier 2003.
Ancienne élève de l'ENA
(1979-1981), diplômée de l'Institut d'études
politiques de Paris et licenciée de sciences économiques,
elle est conseiller maître à la Cour des comptes.