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Régions Magazine - Vous êtes sur tous les fronts en matière de développement durable. Peut-on parler aujourd'hui de La Réunion comme d'un exemple et d'une référence ?

Paul Vergès - La Réunion est un laboratoire des problèmes du monde. Elle doit, dans les prochaines années, relever sur un territoire exigu tous les grands défis auxquels est confrontée l'Humanité. La progression démographique : 250 000 Réunionnais en 1946, 800 000 aujourd'hui, 1 million vers 2025 ; les changements climatiques : située dans la ceinture intertropicale planétaire, La Réunion va subir notamment la montée du niveau des océans, l'augmentation du nombre et de la violence des cyclones. La mondialisation des échanges dont les conséquences sur une petite économie insulaire comme la nôtre seront considérables.
Tout cela entraîne un certain nombre de problèmes, parmi lesquels les questions de l'aménagement du territoire, de la protection des espaces naturels et de la biodiversité, de l'approvisionnement en matières premières, du développement économique et de la cohésion sociale.
C'est sur la base de ce constat que la Région a mis en œuvre des stratégies :
l'Agenda 21, le PRERURE (Plan Réunionnais pour les Energies Renouvelables et de l'Utilisation Rationnelle de l'Energie), le Plan Réunionnais de Développement Durable (PR2D), le Schéma d'Aménagement Régional...
C'est aussi pour apporter une réponse aux conséquences des changements climatiques que la Région a signé, en février dernier, le Plan Climat avec l'ONERC (Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique). C'est aussi dans cette optique que la Région envisage de lancer un concours international d'architecte pour concevoir l'habitat du 21e siècle en milieu tropical.

R.M. - Concernant l'Agenda 21 que vous avez initié dès 2002, quelles en sont les grandes lignes ?comment s'est passée son élaboration ?

P.V. - La définition du développement durable, proposée par la Conférence de la Terre, pose le problème de la cohésion des sociétés. La société réunionnaise est déchirée par une grave fracture sociale : près de 40% de la population réunionnaise relève de la couverture maladie universelle et des autres minima sociaux, c'est-à-dire se situe à la limite de
impulsé l'élaboration d'un Agenda 21. Le 14 février 2002, les institutions et les élus l'ont lancé et ont appelé tous les représentants de la société civile à dialoguer.  Cette concertation permanente, menée dans une approche globale de nos problèmes, fait que nous avons été capables de faire avancer la réflexion. C'est d'ailleurs cette même méthode de concertation que nous avons adoptée pour l'élaboration de notre Plan Réunionnais de Développement Durable.

R.M. - Hydraulique, photovoltaïque, éolien… l'île de La Réunion est championne des énergies renouvelables. Vous avez d'ailleurs reçu un trophée. Quels sont vos objectifs en la matière ?

P.V. - L'énergie sera l'un des défis majeurs des années à venir : les ressources en énergies fossiles vont diminuer alors que les demandes (liées à l'accroissement de la population et à la modification du mode de vie) vont augmenter. Le prix du baril de pétrole devrait atteindre rapidement des sommes importantes. En outre, sans ressources naturelles, La Réunion est entièrement dépendante de l'extérieur.
L'objectif est donc d'arriver à l'autonomie énergétique, pour l'électricité, d'ici 2025 : il s'agit de satisfaire l'essentiel des besoins. L'action porte sur 2 niveaux : favoriser la maîtrise de l'énergie et augmenter la production d'énergies renouvelables. D'où nos actions en faveur de l'installation de chauffe-eau solaires individuels ou collectifs, de panneaux photovoltaïques, de fermes éoliennes…  Nous avons également lancé des études sur le potentiel de La Réunion dans le domaine de la biomasse, de la géothermie, de l'énergie de la houle, des courants marins et des vagues, de l'hydrogène…

R.M. - Vous êtes également Président de l'ONERC (Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique ). Quel est votre rôle au sein de cet observatoire ?

P.V. -  En tant que sénateur, j'ai déposé une proposition de loi. Celle-ci a été adoptée à l'unanimité par le Sénat et l'Assemblée Nationale. C'est ainsi qu'a été créé l'ONERC. Celui-ci a déjà publié trois rapports : le premier a proposé les grandes lignes d'un cadre général à la mise en œuvre d'une stratégie d'adaptation à la dérive déjà constatée du climat. Le second a jeté les bases de ce qu'est aujourd'hui la stratégie natio-
Paul Vergès Président de la Région Réunion" La Réunion est
la réunion
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“ L'objectif est donc d'arriver à l'autonomie énergétique, pour
la grande pauvreté. C'est une donnée essentielle que nous gardons à l'esprit, tout comme il nous apparaît impossible de parler de développement durable tant que La Réunion comptera 120 000 illettrés ou analphabètes.
Les principales questions auxquelles nous devons répondre sont celles-ci : Quel mode de développement pour une île tropicale avec un statut de département français et de région européenne ultrapériphérique, située au voisinage de l'Afrique et dans l'océan Indien, sur l'axe d'échanges Afrique / Asie ? Comment surmonter tous les handicaps internes (géographie, progression démographique etc.) et externes (climat, mondialisation, etc.) afin de faire de La Réunion un pays développé pour les générations d'aujourd'hui et pour celles de demain ?
C'est pour cela que, en 2001, la Région a
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