Régions Magazine - Vous êtes le coordonnateur du " Grenelle de
l'environnement " pour l'ARF, l'Association des Régions de
France. En quoi consiste votre rôle ?
Jean-Jack Queyranne - Rhône-Alpes
est l'une des régions pionnières dans ce domaine. C'est
pour cela que nous avons été choisis pour coordonner les
propositions des Régions françaises.
A ce titre, j'ai réuni les
représentants des différentes Régions qui se sont
mobilisés pour effectuer ce travail de réflexion et de
propositions. Je les ai rencontrés à plusieurs reprises
et nous sommes parvenus à un large consensus. Puis j'ai
assuré la synthèse de ces propositions qui ont
reçu l'aval de toutes les Régions. Je tiens à les
féliciter pour ce travail : il a permis de produire un document
qui est une base solide, de référence.
R.M. - Comment
jugez-vous l'initiative du gouvernement ?
J.-J.Q. - C'est une
initiative intéressante pour répondre à l'urgence
de la crise écologique. L'ARF a voulu y participer dans une
démarche positive, en s'appuyant sur les compétences et
les innovations que les Régions ont engagées
régulièrement depuis 2004. Alors que l'état est resté
à la traîne, les Régions se sont inscrites dans des
politiques de développement durable : elles démontrent
l'efficacité et la proximité de leurs politiques
publiques.
R.M. - Quelles
ont été les propositions formulées par les
élus régionaux ?
J.-J.Q. - L'ARF
soumet 33 propositions. Des propositions de mesures concrètes,
audacieuses, qui concernent les Français dans leur quotidien. Il
ne s'agit pas de formuler des surenchères mais de contribuer aux
débats. Et pour que ces débats soient utiles, l'ARF
souhaite que les rapports de chaque groupe de travail soient rendus
publics et que toutes les options, même si elles sont
antagonistes, soient transcrites : c'est une exigence de transparence.
R.M. - Vous avez
demandé des mesures d'urgence ?
J.-J.Q. - Oui.
D'abord il faut un moratoire sur les cultures OGM en plein champ :
c'est un préalable à toute discussion au projet de loi
annoncé par le ministre de l'Ecologie. Le gouvernement doit dire
" non " à l'autorisation d'exploitation
aurifère dans les marais de Kaw en Guyane quand le monde
s'alarme de la
dégradation de la biodiversité. Il
faut aussi renégocier le plan fret de la SNCF qui a
annoncé la fermeture de 262 plateformes : c'est une mesure
inacceptable en l'absence de toute concertation avec les
collectivités territoriales, au moment où la relance du
fret doit être une composante essentielle d'une politique
responsable des
transports.
R.M. - Justement,
que veulent les Régions dans le domaine des transports ?
J.-J.Q. - Nous voulons
une politique ambitieuse associant des investissements, des mesures
fiscales, financières et juridiques, encourageant les reports
modaux tant pour les voyageurs que pour les marchandises. L'état doit s'engager
dans une loi de programmation pour les transports sur la
législature 2007-2012. Il faut envisager aussi une
évolution de l'AFIT, l'Agence de financement des infrastructures
de transport en France en une agence des transports en lui affectant
des ressources dédiées. L'assiette de la TIPP doit
être élargie au kérosène avion et
reversée d'une part de ces recettes aux Régions pour
financer les investissements en faveur des transports collectifs non
polluants.
R.M. - Le
réchauffement climatique est l'un des problèmes majeurs.
Comment les Régions envisagent-elles de lutter contre ?
J.-J.Q. - Elles
peuvent devenir les chefs de file des plans climats : ces plans
régionaux opposables, seraient négociés avec les
autres collectivités. Les Régions sont prêtes
à accepter des