Régions Magazine - La mise en service du TGV Est Europe a-t-elle eu une
incidence en Picardie ?
Claude Gewerc - Effectivement,
la SNCF ayant choisi à cette même date de supprimer les
trains grandes lignes vers l'Est de la France, nous avons, en
partenariat avec les Régions Champagne-Ardenne et Lorraine,
décidé de créer une nouvelle offre
interrégionale : la desserte TER Vallée de la Marne.
C'est une première qui traduit notre volonté d'offrir une
qualité de service optimale aux usagers. A cet égard, je
serai particulièrement vigilant et exigeant sur le respect de la
convention signée le
2 avril dernier avec la SNCF pour
l'exploitation des TER. (cf. encadré)
Je souhaite souligner que cette nouvelle desserte
est le fruit de trois années de travail et de concertation. Tous
les acteurs concernés ont été consultés

dans le cadre du comité de ligne
interrégional Sud de l'Aisne : la SNCF, les associations
d'usagers, les établissements scolaires mais aussi les maires
des communes traversées.
R.M. - Pouvez-vous
nous en dire plus sur les démarches de concertation avec les
usagers ?
C.G. - Toute
notre politique de développement des transports collectifs
s'appuie sur une tradition fortement ancrée en Picardie de
concertation de proximité avec les usagers. Celle-ci prend,
depuis de nombreuses années, la forme de comités de ligne
réunis deux fois par an. Ces lieux d'échanges entre tous
les acteurs du transport, au premier rang desquels figurent bien
entendu les usagers, sont l'occasion d'évoquer et de trouver des
solutions aux dysfonctionnements rencontrés sur le réseau
TER.
La concertation avec les acteurs picards du
transport s'effectue aussi par le biais du comité
régional des partenaires du transport collectif, mis en place en
juin 2006.
Organisé en séances
plénières qui sont autant de lieux d'échanges
d'expérience, il est également constitué de
groupes de travail opérationnels. Cette année, il y est
question de l'accessibilité des personnes à
mobilité réduite au réseau TER dans l'optique de
la définition du schéma régional
d'accessibilité qui doit être achevé en
février 2008 et de la tarification / billettique.
R.M. - Quelles ont
été les grandes avancées en Picardie depuis la
régionalisation ferroviaire en 2002 ?
C.G. - 2002 a
effectivement été une étape importante puisque la
Région a reçu une compétence pleine et
entière pour organiser le Transport express régional. Ce
transfert de compétence s'est accompagné d'un transfert
de ressources de la part de l'état au travers de dotations liées à
l'exploitation, aux tarifications sociales et enfin à la
modernisation du parc de matériel roulant. Comme bien d'autres
Régions, la Picardie a constaté que "le compte n'y
était pas", en particulier en matière de dotation
d'investissement. L'état n'était en mesure d'apporter qu'un tiers des
sommes réellement nécessaires à la remise à
niveau du parc sur 30 ans.
C'est pourquoi la Région, consciente de
l'enjeu que représente le TER pour des milliers de Picards, a
décidé d'investir massivement sur des champs aussi
variés que l'exploitation des
400 trains TER quotidiens ; la
modernisation des 390 voitures
constituant le parc de matériel TER picard
; la modernisation des gares et des infrastructures ; la mise en place
d'une gamme tarifaire complète et le développement de
dessertes par autocars.
Je vous rappelle qu'en 2007 le budget Transports
/ infrastructures s'élève à 271,9 millions d’euros,
soit 27 % du budget régional et que 83 % sont
consacrés au développement des transports collectifs.
R.M. - Vous avez mis
en place une nouvelle politique tarifaire : Picardie Pass
mobilité. Quelles sont ses spécificités ?
C.G. - L'accès
pour tous au transport collectif implique bien entendu d'avoir une
approche en termes financiers et donc tarifaires. De ce point de vue,
la Région Picardie est une des Régions

Une nouvelle convention pour plus de
qualité de service
Le 2 avril 2007, le président du Conseil
régional et le directeur régional SNCF d'Amiens signaient
la nouvelle convention d'exploitation du TER pour la période
2007-2013, dont les principes fondateurs sont les suivants :
- L'usager est la clé d'entrée de
toute réflexion sur le développement de l'offre.
- La relation s'inscrit dans une logique
client-fournisseur.
- La Région s'engage à remettre en
état l'outil de travail de la SNCF (matériel roulant,
infrastructures et gares) parfois même en dehors de ses
compétences légales. En revanche, elle demande à
la SNCF de mettre tous ses moyens en œuvre pour assurer le service
de qualité que les usagers sont en droit d'attendre :
régularité, fiabilité du service et services
apportés en gare et dans les trains.
- La Région souhaite disposer d'une
lisibilité financière concernant l'évolution des
charges et recettes durant les cinq années de conventionnement.
"Consciente de l'enjeu que représente
le TER pour des milliers de Picards, la Région a
décidé d'investir massivement " dans le domaine des
transports collectifs, commente Claude Gewerc, président du
Conseil régional de Picardie
© François Delahaye / Région
Picardie