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Régions Magazine - La Région Champagne-Ardenne participe au financement de la LGV Est européenne pour plus de 50 millions d'euros. Quels ont été les grands aménagements nécessaires pour accueillir le TGV et quelles retombées, notamment économiques, en attendez-vous ?

Jean-Paul Bachy - Le tracé de la ligne nouvelle n'a pas posé trop de problèmes, à deux exceptions :

- A proximité de Reims, où il a fallu enterrer la voie afin d'éviter des retombées négatives pour les riverains, en terme de bruit.

- Sur le territoire du parc régional de la Montagne de Reims, où le passage d'une ligne électrique alimentant la voie a suscité quelques contestations. Le
Jean-Paul Bachy Président du Conseil régional de Champagne-Ar
tribunal a donné raison à RFF.

Tout le monde a compris que les avantages liés à l'arrivée du TGV étaient, de loin, très supérieurs aux inconvénients. Le TGV, comme les autoroutes, est symbole de modernité et d'ouverture vers le monde, donc d'attractivité. Une région ou une ville sans TGV aujourd'hui est comme un village sans électricité au 19e siècle. C'est le long des grands axes de communication que s'implantent les activités. L'investissement est, certes, colossal. Mais il a des " effets retours " d'ores et déjà perceptibles : sur l'immobilier, le développement d'activités tertiaires, le potentiel de fréquentation touristique.

R.M. - Cette participation financière vous a permis, au même titre que d'autres collectivités, d'être " co-décideur " dans l'opération. Comment avez-vous pesé sur les désicions ?

J-P. B. - Nous ne sommes pas, malheureusement, co-décideurs ! Car la maîtrise d'ouvrage de la construction de la LGV est assurée exclusivement par Réseau Ferré de France. L'intervention du Conseil régional a été néanmoins décisive sur deux plans :

- Le TGV ne peut avoir des retombées intéressantes pour l'aménagement du territoire d'une région que s'il peut " irriguer " le maximum de villes, à partir d'embranchements avec la ligne principale à grande vitesse. Nous avons donc négocié avec RFF et la SNCF l'ouverture de liaisons directes avec Sedan, Charleville-Mézières, Châlons-en-Champagne, Vitry-le-François … Techniquement, cela nécessitait des aménagements supplémentaires pour faciliter notamment la continuité du réseau entre la Gare Centrale de Reims
et la Gare d' Interconnexion Régionale de Bezannes, qui se situe à l'extérieur de l'agglomération rémoise.

- Le Conseil régional fait, par ailleurs, un effort considérable pour améliorer et développer les dessertes voyageurs dépendant de ses propres compétences. L'offre TER sur la région va ainsi progresser de près de 40 %. A cela s'ajoute un investissement exceptionnel pour le renouvellement du matériel roulant (240 millions d'euros d'ici 2010). Les rames de grande capacité dont nous dotons la région sont, de loin, les plus performantes sur le marché, en termes de vitesse, de confort, de fiabilité et d'accessibilité. Sur le réseau Sud de la région (Troyes, Chaumont) qui n'est pas desservi par le TGV, les matériels mis en service sont révolutionnaires, car ils utilisent tous les types d'énergie, et circulent indifféremment sur des voies électrifiées (quel que soit le type de courant) et non électrifiées.

R.M.- Le TGV est un enjeu en matière d'aménagement du territoire dans une région plutôt rurale. Vous avez lancé l'élaboration d'un nouveau plan de transport régional. Quelles en sont les grandes lignes ?

J-P. B. - Indépendamment et en plus de ce qui précède, d'autres aménagements ont été engagés :

- Un plan pluriannuel de rénovation des gares a été mis en œuvre.

- Des aménagements tarifaires ont été mis en place (pour les étudiants, les trajets domicile/travail,...). Ils ne concernent malheureusement que les Trains Express Régionaux (la SNCF n'ayant pas pour l'instant tenu compte de nos demandes de prise en compte des formules d'abonnements sur le TGV).

- Une convention a été passée avec la SNCF afin que les machines diesel circulant encore sur le réseau régional, pour le fret par exemple, entre Paris, Troyes et Chaumont, puissent utiliser des bio-carburants. La Champagne-Ardenne, dans le cadre du pôle de compétitivité agro-ressources qu'elle a créé avec la Picardie, est en effet la plus grosse région productrice aujourd'hui de carburants verts.
champagne-ardenne
Pour générer des retombées, le TGV doit irriguer au maximum le territoire d’une région
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