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transport
Régions Magazine - Les collectivités alsaciennes sont les plus gros financeurs de la LGV Est européenne. Quelles retombées notamment économiques en attendez-vous ?

Adrien Zeller - En premier lieu, il faut rappeler que le TGV ne permet pas seulement de se déplacer à grande vitesse mais qu'il est aussi un accélérateur de croissance sur le plan économique.  
Dans le contexte de mutation de l'économie régionale (notamment sur le plan industriel), le TGV est une opportunité à saisir pour améliorer l'attractivité et la compétitivité économiques régionales dans l'ensemble national et européen. La Région Alsace a d'ailleurs décidé de contribuer de manière forte aux effets d'entraînement du TGV dans l'émergence et le développement de nouvelles activités, notamment tertiaires, le développement d'accueil de congrès, du tourisme, le développement universitaire ou la poursuite du développement d'implantations d'entreprises étrangères, grâce à son action économique et à une politique renouvelée à travers son nouveau schéma régional du développement économique.
Il ne faut pas perdre de vue que le TGV Est-européen est en réalité le premier TGV naturellement européen et qu'il renforce, à ce titre, la position de l'ensemble du Rhin supérieur au cœur même de l'Europe la plus développée.
C'est, par ailleurs, un symbole fort de la modernité du territoire alsacien,
Adrien ZellerPrésident du Conseil Régional d'Alsace" Il ne
alsace
symbole qui est attendu depuis longtemps par les forces vives alsaciennes. C'est, à ce titre, un outil de renforcement de l'image et de l'attractivité du territoire, à l'égard non seulement de Paris mais aussi des nombreuses métropoles régionales et internationales, et, particulièrement auprès des grands investisseurs nationaux et internationaux.

R.M. - Ce projet est un bel exemple de " co-décision " entre l'état et les collectivités territoriales concernées. Comment avez-vous pesé sur les décisions ?

A.Z. - A partir d'un projet concret, contredisant ceux qui disaient qu'un TGV vers l'Est n'était ni possible, ni réaliste, nous avons créé, au courant de années 80, une association pour la promotion du TGV Est Européen, association à laquelle toutes les collectivités alsaciennes et toutes les forces vives ont adhéré d'emblée. Nous avons ensuite mobilisé les collectivités des régions voisines, les chambres de commerces françaises, allemandes et suisses, les entreprises. Ce lobbying a permis d'obtenir qu'un ingénieur général soit chargé par le gouvernement d'un rapport destiné à voir si le projet proposé avait un sens, premier acte public en faveur du TGV-Est. Le combat a été ensuite très difficile, pour veiller à ce que le projet ne soit pas enterré par la direction de la SNCF et les ministres successifs, sous prétexte de rentabilité insuffisante du fait de la faible densité de population de certains territoires traversés. Le principal obstacle étant financier, nous avons fini par accepter le phasage afin d'éviter l'enlisement, puis, la participation au financement par les collectivités. Mais c'est avant tout grâce au front uni de toutes les collectivités, alsaciennes et autres, que nous avons pu peser finalement sur les décisions de réalisation et négocier un plan de financement équilibré.

R.M. - Quels aménagements importants ont été réalisés en Alsace pour accueillir le TGV Est ? Comment est prise en compte l'intermodalité ?

A.Z. - Les efforts d'investissement ont bien sûr porté sur les quatre gares alsaciennes qui accueillent le TGVEE, d'abord Strasbourg, mais aussi Colmar, Mulhouse et Saverne. Ces investissements d'un total de près de 100 millions d'euros, avec une participation régionale de près de 25% ont eu pour objectifs non seulement de
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© Parent / Région Alsace
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TGV
© SNCF - CAV - Fabrbo Urtado
leur permettre de faire face à la croissance du trafic de voyageurs du TGV et aux enjeux de l'arrivée de la grande vitesse, mais également de relever les défis du développement parallèle du transport régional et plus généralement de la croissance de la mobilité en général, quel que soit le type de déplacement. Les travaux qui se terminent doivent en faire de véritables pôles d'échanges multimodaux au cœur des villes et au service des besoins des déplacements à l'échelle régionale et européenne. Pour ne citer qu'un exemple, près de 1 350 places de stationnement vélos ont ainsi été créées en gare de Strasbourg.
Les investissements ont porté également sur la capacité des infrastructures permettant de concilier l'arrivée du TGV et le développement des circulations du TER. 185 millions d'euros y sont consacrés (avec une participation régionale de plus du 1/3), avec notamment la création de portions de 3e voie ferroviaire en plaine d'Alsace d'une longueur de près de 20km, financés à hauteur de 50 millions d'euros par la Région Alsace.
La Région Alsace a également souhaité profiter de la refonte nécessaire des grilles horaires des TER à l'occasion de l'arrivée du TGVEE, pour franchir une nouvelle étape de développement du TER et reconstruire, en fonction des