Régions Magazine - En 2004, vous avez mis en place un programme " Bourgogne
numérique ". Quel est-il ?
François Patriat - Notre programme "Bourgogne numérique" est
né suite aux "états généraux de l'Internet en
Bourgogne", une consultation au cours de laquelle les Bourguignons
ont pu exprimer leurs attentes en matière de
Société de l'Information. Ce programme a deux ambitions
majeures : contribuer à offrir à chaque Bourguignon le
haut débit de demain et développer les usages des
technologies de l'information et de la communication dans tous les
secteurs d'activité - et plus particulièrement dans les
domaines éducatif, administratif, économique et de la
santé.
Pour cela, nous avons choisi de prolonger notre
démarche participative en renforçant le partenariat avec
l'ensemble des acteurs des TIC, élus, entreprises, responsables
d'association notamment, et en nous appuyant sur les relais existants.
Nous avons ainsi impulsé des projets structurants sous pilotage
de la Région, mais aussi aidé localement les projets
innovants ou pilotes, dans l'objectif d'une
Bourgogne plus attractive, offrant à l'ensemble de la
population, et au meilleur prix, les moyens d'accès à des
services numériques de qualité.
R.M. - Vous avez fait
de la couverture numérique universelle une priorité forte
de votre politique. Quelles sont les actions que vous menez ?
F.P. - Cette
priorité a d'abord donné lieu à la
réalisation d'un schéma de cohérence territoriale
pour le haut débit, visant à réunir les
principales collectivités bourguignonnes autour d'un projet
partagé, dans la dynamique des premières initiatives
locales de boucles en fibre optique (agglomérations de
Cosne-Cours-sur-Loire, Le Creusot-Montceau, Chalon-sur-Saône et
département de la Nièvre).
Ce schéma s'est alors décliné
en deux grandes actions, répondant à deux niveaux
d'urgence :
- A très court terme, une réponse
aux demandes pressantes des exclus de l'ADSL, sous la forme d'une aide
à la mise en place de technologies alternatives. Cette aide a
été aussi bien technique que financière et a
été abondée par les Départements (sauf
celui de la Nièvre, qui réalise son propre
réseau). Dans la pratique, elle s'est structurée autour
des communautés de communes et a abouti à plus de 300
communes à ce jour ayant décidé de
s'équiper en WiFi avec un opérateur privé. Je
constate que cette opération rencontre un véritable
succès auprès des populations rurales.
- A plus long terme, la Région s'est
engagée à réaliser une dorsale en fibre optique,
complétée par la couverture de l'ensemble du territoire
par le WiMax. C'est un projet ambitieux, auquel nous souhaitons
associer très étroitement les Départements, sur la
base d'objectifs très clairs : la desserte directe
d'entreprises ou de zones d'activité, le raccordement de sites
d'intérêt régional (sites d'enseignement
supérieur, hôpitaux, lycées), l'interconnexion
régionale et la couverture des zones blanches. Pour autant, dans
la continuité de ce qui a déjà été
fait, l'accompagnement technique et financier des futurs projets locaux
n'est pas remis en cause.
R.M. - Comme cinq
autres Régions, l'ARCEP vous a donné l'autorisation
d'utiliser des fréquences de boucle locale radio (WiMax). Quel
est votre objectif ?
F.P. - Comme je
viens de le dire, le WiMax faisait partie de notre projet de
réseau régional à très haut débit.
Lorsque nous avons eu la possibilité de candidater à une
licence de boucle locale radio, nous l'avons évidemment fait,
avec l'objectif fondamental de maîtriser le plus possible nos
infrastructures réseaux. La Région a la compétence
de l'aménagement du territoire, pour lequel l'aménagement
numérique est stratégique. Dans son rôle, elle doit
œuvrer pour l'accès aux nouveaux services pour tous les
Bourguignons et, ce, au même prix, ce que ne garantit pas une
infrastructure déployée par un opérateur
privé, quel qu'il soit. A ce titre, la candidature
régionale, totalement soutenue d'ailleurs par les quatre
Départements, me paraissait la plus crédible sur deux des
trois des critères du concours : l'aménagement du
territoire et le développement de la concurrence. L'ARCEP nous a
donné raison, en nous attribuant une des deux licences
régionales. Il faut