Régions Magazine - Vous êtes intervenu dans le cadre du
Congrès de l'Association des Régions de France, le 14
décembre 2006, pour réaffirmer le rôle important
que jouent les CESR aujourd'hui auprès des Régions qui
ont besoin de partenaires sociaux. Comment définissez-vous ce
rôle ?
Jean-Claude Boucherat - Le 14 décembre 2006, à Dijon, la porte-parole
de l'Association des Régions de France, Madame
Ségolène Royal définissait les CESR comme des
" intelligences territoriales " ayant toute leur place
dans cette démocratie participative qui occupe tant les esprits.
Malgré ces déclarations, Bruno Rémond, professeur
à l'Institut d'études Politiques de Paris, s'est interrogé,
à la tribune du 2ème Congrès de l'ARF, "
sur le devenir et la réorganisation des CESR ". Cette
intervention publique ne faisait que reprendre le contenu de son texte
" La Région, une France d'avenir ",
récemment publié
par Les Cahiers de l'Institut de la
Décentralisation, où il posait la question de " la
nécessité ou non de pérenniser les Comités
(sic) économiques et sociaux régionaux ". Ces
propos surviennent de façon surprenante alors même que
chacun s'accorde à dire que " la gouvernance attendue des
citoyens nécessite de développer la démocratie
participative ".
En quatre décennies, les Conseils économiques et
Sociaux régionaux sont pourtant devenus
"
l'indispensable maillon de la démocratie locale conjuguant
représentation et participation… " pour reprendre les
propos du premier ministre, Dominique de Villepin lors de sa rencontre
le 16 mars 2006, à
Matignon, avec nous les Présidents des
CESR.
Pour Alain Rousset, président du Conseil
régional d'Aquitaine et président de l'Association des
Régions de France (ARF), " la chance des élus
régionaux est de disposer, à leurs côtés, de
la présence des CESR ". Alain Rousset ajoutait même,
lors de la 2ème Convention nationale des Conseils
économiques et sociaux, en septembre 2005, que le champ
d'évolution des relations entre les CESR et les Conseils
régionaux est assez considérable et pourrait même
s'engager vers une vraie cogestion…
Dans ce contexte de dialogue social
renforcé, si les CESR devaient apporter une réponse aux
interrogations de
© Jean-François Bernard-Sugy
Bruno Rémond, s'ils devaient "
justifier " leur rôle, nous pourrions dire qu'en effet, les
CESR doivent évoluer mais, qu'ils doivent surtout être
mieux reconnus et grandir au même rythme que grandit la
réflexion sur l'évolution de notre vie
démocratique régionale.
Aujourd'hui, alors que l'on cherche des solutions
miracles pour réconcilier les Français avec leurs
élus et leurs institutions, les CESR sont les assemblées
régionales qui aident au rapprochement. Ils sont, au quotidien,
des messagers, des médiateurs, des transmetteurs et, à ce
titre, sont plus que jamais à leur place et d'actualité
pour assurer la relation entre le terrain -celui des citoyens- et les
décideurs issus du suffrage universel.
Depuis les années 60/70, chaque CESR joue
pleinement son rôle d'assemblée consultative,
d'assemblée du " premier mot ", avant que le Conseil
régional ne prenne ses décisions, en tant
qu'assemblée du " dernier mot ",
au nom de la démocratie représentative. Dans un monde
soumis à la pression de l'instant, il est important que des
assemblées comme les CESR puissent se donner le temps de la
réflexion et de l'élaboration de propositions qui
enrichissent le débat en éclairant celles et ceux qui
doivent prendre les décisions.
L'inscription, dans la réforme de la
Constitution de 2003, de la place des Régions dans
l'organisation décentralisée de la République, a
renforcé leur légitimité et celle des deux
assemblées qui les composent : le Conseil régional et le
Conseil économique et social.