Régions Magazine - Le VIe Congrès des élus départementaux
et régionaux, organisé le 18 décembre à
l'Hôtel de Région, a été la conclusion d'un
large processus de consultation. Pourquoi une telle démarche
participative à l'échelle régionale ?
Victorin Lurel - En
décembre 2005, j'avais déjà pris l'initiative
d'organiser un Congrès des élus départementaux et
régionaux, élargi aux parlementaires et aux maires, sur
l'emploi et le développement économique. Devant cette
assemblée, nous avions voté de grandes résolutions
pour établir une nouvelle stratégie de
développement pour la Guadeloupe. C'est à l'issue de ce
Congrès, que j'ai initié une démarche
participative en estimant que nos travaux avaient certes fixé un
cap, mais qu'il était nécessaire de décliner nos
orientations en actions concrètes dans chacun de nos grands
domaines de compétences. Comment le faire au mieux, sinon en
réunissant les associations, les entreprises, les élus,
les experts et, surtout, les citoyens ? Dans le souci d'élaborer
désormais nos politiques publiques en concertation avec ceux qui
en bénéficient, nous avons donc organisé des
assises sectorielles sur la formation professionnelle, sur le tourisme,
sur le sport, sur l'agriculture, la pêche et la ruralité,
sur l’artisanat, sur le développement durable et, à
l'initiative du Conseil général, sur le logement.
Chacune de ces assises a été
précédée de rencontres territoriales pendant
lesquelles les élus régionaux sont allés vers les
citoyens, sur l’ensemble du territoire. C'était une
première en Guadeloupe et ce sont plus de 5000 personnes qui ont
participé à nos rencontres et qui ont nourri une grande
partie des propositions discutées lors du VIe Congrès de
décembre dernier.
R.M. - Quels ont
été les enseignements d'une telle démarche et
quelles vont en être les suites,
notamment politiques ?
V. L. - Le
principal enseignement, c'est que les citoyens sont très
demandeurs d'une autre façon de faire de la politique. Il faut
libérer la parole citoyenne dès lors qu'elle concourt
à l'intérêt général, car c'est une
démarche qui rapproche les élus des administrés
qui ne veulent plus de décisions politiques imposées d'en
haut, sans explication, sans concertation. Et les suites
concrètes ont été immédiates, puisque les
résolutions prises dans chaque domaine balayé par les
Assises ont tenu compte de nombreuses propositions formulées par
des citoyens ou par le mouvement associatif. Et, autre suite
concrète, nous n'arrêterons pas là notre
démarche participative, car tout au long de l'année 2007,
nous organiserons de nouvelles rencontres sur des problématiques
précises comme le traitement des déchets, sur les
nouvelles technologies, sur la recherche et l'innovation ou encore sur
la politique culturelle.
R. M. - Quelle est
la situation économique de la Guadeloupe et quelles sont les
grandes actions que vous allez mettre en œuvre
immédiatement pour dynamiser et organiser votre potentiel
économique ?
V. L. - La situation
de l'économie guadeloupéenne est contrastée. Nous




Avec le Congrès des élus, c’est une
véritable démarche participative à
l’échelle régionale qui fait ses preuves
affichons régulièrement des taux de
croissance supérieurs à la moyenne nationale, mais nous
demeurons une terre de chômage de masse, en particulier pour les
jeunes. Notre économie dépend beaucoup de la commande
publique. Or la politique gouvernementale dans notre archipel depuis
2002 a eu un impact très négatif. La ligne
budgétaire unique (LBU) pour le logement social a
été réduite comme une peau de chagrin au point que
l'état a
contracté une dette colossale de plusieurs centaines de millions
d'euros auprès des bailleurs sociaux, et ce dans tout
l'outre-mer. Le Fonds d'investissements pour les départements
d'outre-mer, le FIDOM, affiche également une baisse
sévère et le contrat de plan état-Région n'est pas respecté par l'état. Nous,
Région, avons tout mis en œuvre pour jouer notre rôle
de moteur du développement économique, mais je vous
rappelle que nous avons trouvé à notre arrivée, en
2004, un déficit de 64
millions d'euros laissé par mon
prédécesseur et il a fallu redresser. Comme prévu,
nous l'avons fait en deux ans avec, en conséquence, des marges
de manœuvre réduites. Mais, nous avons tout de même
agi et nous avons préparé les conditions d'une action
régionale plus efficace en matière économique en
élaborant le SRDE et notre plan pluriannuel d'investissements
pour les quinze prochaines années. Ce sont deux outils qui
donnent aux acteurs économiques une lisibilité
inédite en Gua-