Régions Magazine - Comment peut-on qualifier le budget adopté
par la Région Auvergne pour 2007?
René Souchon - Nous
sommes passés d'un budget de 514 millions d'euros en 2006
à un budget de 600 millions d'euros en 2007. Je dirais que c'est
un budget d'avenir, un budget courageux parce que nous avons
décidé, non seulement de prendre en compte la
totalité des transferts de compétences non
compensés, mais aussi d'assumer la mutation de Vulcania. Le parc
européen du volcanisme est, en effet, en difficulté avec
seulement 225 000 visiteurs en 2005. Or, c'est un investissement
entièrement réalisé par la Région, il y a
donc nécessité de réorienter ce parc pour le
rendre plus attractif. Dans le budget 2007 et dans les prochaines
années, nous investirons 7,5 millions d'euros
supplémentaires pour sa requalification. Les premiers
investissements ayant été faits cet hiver, nous pourrons
d'ores et déjà en apprécier les premiers effets
dès sa réouverture le 21 mars.
Dans ce budget, nous avons également fait
un effort important sur les lycées publics avec 20 millions
d'euros supplémentaires d'investissements. Mais cet effort ne
suffira pas à rattraper notre retard. Il faudra donc encore
accentuer l'effort régional dans les années à
venir.
Enfin, trois secteurs font l'objet d'un
supplément de crédits cette
année, le désenclavement numérique de l'Auvergne
à travers des dispositifs très innovants notamment des
services au public par des points Visio Public, les énergies
renouvelables au titre de l'environnement avec une augmentation de 47%
des investissements, enfin, les équipements sportifs
intercommunaux avec un supplément de crédits de l'ordre
de 2,5 millions d'euros.
Cet effort financier nous a contraint à
augmenter de façon significative notre fiscalité (+25%),
ce qui représente, en moyenne, une augmentation de l'ordre de
14,40 euros par foyer fiscal, soit 1,20 euros par mois. Cette
fiscalité ne concerne que la taxe professionnelle et les
propriétaires individuels qui, seuls, payent la taxe
foncière bâtie.
R.M. - Vos marges de
manœuvres financières sont-elle néanmoins
suffisantes pour faire face à un tel budget ?
R. S. - Nous
avons décidé une mise à niveau de la Région
Auvergne en 2007. Nous avons réalisé un important travail
de prospective pour les années 2008, 2009 et 2010 et nous nous
sommes donnés les moyens de notre
politique sans augmenter à nouveau la
fiscalité dans les trois années qui viennent, sauf si une
nouvelle étape de décentralisation sans compensations
nous arrivait, sachant qu'une étape nouvelle de
régionalisation est souhaitable mais avec des compensations
financières. Dans le budget 2007, les transferts de
compétence non compensés sont estimés à 7
millions d'euros auxquels il convient d'ajouter la perte de taxe
professionnelle au titre de la réforme de celle-ci, de 5
millions d'euros.
Nous n'avons quasiment pas de marge de
manœuvre, mais l'important, c'est néanmoins de tenir nos
engagements programmatiques. En Auvergne, en effet, une Charte en sept
points a été rédigée et 82 engagements ont
été pris vis-à-vis de la population à la
suite d'une démarche participative (nos assises territoriales)
organisée à l'automne 2004. Ces engagements sont
déjà tenus à hauteur de 60%. Nous tiendrons 100%
de nos engagements d'ici la fin du mandat.
R.M. - Et concernant
le contrat de projet état-Région et les Fonds structurels ?
R. S. - Le 5
février dernier, nous avons signé le contrat de projets état-Région,
mais il n'est que







La nouvelle entreprise de maintenance
régionale en matière d’aéronautique
basée à Clermont-Ferrand
créée sous l’impulsion de la
Région