
Régions Magazine - Vous avez pris en charge personnellement la gestion du
secteur économique en poursuivant l'action de l'ancien
président de l'Agence de Développement économique, José
Rossi, pour quelles raisons ?
Ange Santini - Je
voudrais tout d'abord rendre hommage au travail réalisé
par mon collègue José Rossi qui a eu et conserve toute ma
confiance. Depuis mon accession à la Présidence du
Conseil Exécutif de Corse en 2004, j'ai tenu à
réaffirmer le rôle et l'importance du développement
économique car la prospérité, la croissance et
l'augmentation du niveau de vie sont facteurs de stabilité et de
paix. Le développement est véritablement une
priorité de ma mandature.
Depuis près de trente ans, les
gouvernements successifs n'ont cessé de prôner en Corse
une véritable dynamique de développement
économique en expliquant qu'à elle seule, elle
permettrait à la Corse de retrouver la voie de la
prospérité et de la stabilité. Or, dans le
même temps, toutes les réponses apportées ont trop
souvent été, et quasi-exclusivement, institutionnelles.
La Région puis la Collectivité Territoriale de Corse aura
connu plusieurs statuts, plusieurs projets de réforme, une place
particulière dans l'ordonnancement constitutionnel
français : pourtant les difficultés demeurent.
En conservant la délégation du
développement économique, j'ai voulu réaffirmer
l'importance politique du développement économique et
montrer que la voie que nous avions commencé à tracer
depuis 2004 était la bonne tout en donnant un nouvel élan
à cette stratégie, notamment dans la perspective de la
négociation des futurs contrats de projets et programmes
opérationnels européens.
R.M. - Quelle est la
situation économique de la Corse aujourd'hui et quelles sont les
grandes actions menées par la Collectivité ?
A. S. - L'économie
de la Corse, depuis 2004, montre incontestablement des signes de
dynamisme. Notre île est
l'une des régions les plus
créatrices d'entreprises alors que le taux de disparition n'est
pas en augmentation. Je ne mésestime pas pour autant les
difficultés que rencontrent certains de nos compatriotes mais je
mets actuellement tout en œuvre pour que
les politiques menées par la
Collectivité Territoriale de Corse bénéficient
à l'ensemble des insulaires et ne laissent personne dans la
précarité, le besoin ou l'inactivité subie.
Il ne faut pas oublier que la Collectivité
Territoriale de Corse est la région la plus
décentralisée de France et dispose de pouvoirs
très élargis aussi bien en terme de compétences
qu'en terme de latitude d'action. Les grandes actions de la
Collectivité portent actuellement sur les infrastructures dans
le cadre du PEI (Chemin de fer, routes, Ports &
aéroports…), sur l'éducation et la formation, sur
l'enseignement supérieur par exemple.
Sous l'impulsion du Conseil Exécutif,



l'Assemblée de Corse examine actuellement
les principaux documents qui vont guider l'île dans des domaines
stratégiques pour les 10 à 15 prochaines années.
Je pense notamment au PADDUC (Plan d'Aménagement et de
Développement Durable de la Corse) qui regroupe à la fois
la notion de Schéma Régional de Développement économique (SRDE) et
en même temps un schéma d'aménagement. Je pense
aussi au Plan énergétique, adopté en 2005 et au
Plan régional de développement des EnR et de MDE qui
ambitionne de faire de la Corse une des régions de
référence en matière d'énergies
renouvelables. Il faut savoir qu'aujourd'hui, près de 25% de
l'énergie produite est déjà d'origine
renouvelable.
Je voudrais également souligner
l'implication réussie de la Région, des entreprises, des
laboratoires de recherche, des centres de formation dans le Pôle
de Compétitivité national Capenergies dédié
aux énergies non génératrices de gaz à
effet de serre qui renforce le positionnement de la Corse en la
matière et en fait une véritable vitrine
européenne.
R.M. - Pour la
période 2007-2013, une nouvelle contractualisation avec l'état doit
être signée. Où en est la CTC dans cette
négociation ?
A. S. - Le Conseil
Exécutif poursuit actuellement les négociations avec l'état qui, je dois le
reconnaître, reste à l'écoute de la
Collectivité Territoriale même si parfois il faut savoir
se faire entendre afin de préserver des marges de manœuvres
financières pour les sept prochaines années. Croyez que
je m'y emploie et que je ne ménage aucun effort pour parvenir au
résultat qui me semblera le plus acceptable possible.
Un des axes forts de cette nouvelle
contractualisation consiste essentiellement dans le passage de la Corse
en Objectif " compétitivité-emploi ", ce
qui va changer la donne mais qui pousse la Corse à entrer dans
une véritable logique de compétitivité dont elle
n'a pas à avoir peur. Le Pôle de
compétitivité est là pour en témoigner. Si
les entreprises et la recherche s'unissent, nous sommes capables de
proposer des projets à haute valeur ajoutée qui rendent
la Corse plus

