



Régions Magazine - Quel diagnostic pouvez-vous dresser aujourd'hui de la
situation économique du territoire des Pays de la Loire et quels
sont les attentes et les besoins des entreprises régionales ?
Quel bilan pouvez-vous faire de l'action des CCI et de la CRCI ?
Denis Batard - La
situation du territoire des Pays de la Loire me semble plutôt
favorable dans un contexte qui n'est pourtant pas très facile.
L'une des raisons, selon moi, c’est grâce à la
capacité de notre territoire de réussir à
s'entendre sur le développement économique,
au-delà des clivages politiques.
S'il est vrai que nous avons eu quelques
problèmes notamment concernant la construction navale ou, plus
récemment, la construction aéronautique, il y a une
véritable capacité dans cette région à
faire face à ce type d'événement. La
diversité des entreprises est telle, en effet, que nous trouvons
des solutions pour continuer à garder nos entreprises en
activité.
Une chose qui marche moins bien, pourtant, c'est
l'exportation. Nous sommes un peu loin des frontières et nous
n'avons pas assez investi à l'international il y a quelques
dizaines d'années. Aujourd'hui, depuis environ quinze ans, des
efforts importants sont faits pour inciter les entreprises à se
tourner vers l'international et à exporter. Cela passe par la
communication, les moyens de transports… Par exemple, le
développement de l’aéoroport de Nantes Atlantique . Par
ailleurs, notre territoire pourrait être mieux desservi si nous
étions capable de mener à bien le contournement TGV de
Paris par le barreau sud… Nous y sommes attachés car c'est
un projet vital pour les Pays de la Loire. Je ne comprend pas pourquoi,
aujourd'hui, la signature d'un président de Région, celui
de
l'Île-de-France, fait que ce projet n'avance plus alors
que tous les partenaires étaient d'accord et lui-même
l'était également, puisqu'il nous l'a écrit, il y
a deux ans.
R. M. - Les
Régions ont pris en charge l'expérimentation du
développement économique régional. Comment
situez-vous aujourd'hui le rôle des CRCI dans ce nouveau contexte
?
D. B. - Nous
assistons à un véritable changement. Notre réseau
consulaire a eu besoin de réfléchir sur ce qu'il
était et sur ce qu'il fallait qu'il devienne. En effet, depuis
que les Régions, dans le cadre
de la loi de décentralisation, sont
beaucoup plus en charge de l'économie, nous aurions pu
considérer que, pour nous, c'était une perte de
capacité à agir. Or, tout au contraire, cela a
été un moyen de s'obliger encore mieux à
s'entendre.
Il me semble qu'aujourd'hui, notre situation
économique est bonne parce que l'on arrive à faire
avancer de grands dossiers avec la Région. Nous n'avons jamais
autant parlé de projets stratégiques qu'aujourd'hui.
Nous avons besoin de la Région, mais la
Région a aussi besoin du réseau consulaire. Notre
rôle est celui d'organiser et de mutualiser les chambres
consulaires qui ont un vrai enracinement territorial au plus
près des entreprises.
Enfin, notre souci est de garder un territoire
équilibré. Si l'on n'y prenait garde, la métropole
aurait tendance à aspirer beaucoup de choses. Le rôle
moteur de la métropole est important,
mais elle doit aussi redistribuer sur l'ensemble
du territoire. C'est quelque chose que l'on a pris en compte dans notre
système de gouvernance consulaire régional.
R.M. - Dans ce
contexte national et international où l'interdépendance
est devenue incontournable, comment la CRCI peut-elle identifier, faire
remonter et rediffuser des informations économiques et
commerciales issues d'une telle diversité territoriale et
institutionnelle ?
D. B - J'ai
réussi à convaincre notre Région de l'importance
d'avoir la capacité de quantifier les actions que l'on met en
œuvre. Au niveau de la Région et du réseau
consulaire, nous avons des instruments de mesure qui nous permettent
d'avoir des informations très précises sur la vie du
territoire, les besoins des entreprises, la formation, etc., de pouvoir
les communiquer et de prendre les décisions importantes au
moment opportun. A la Chambre régionale, nous avons la chance
d'être équipé d'un outil qui s'appelle SIRE,
Système d'Information Régional sur les Entreprises, une
base de données très performante sur les entreprises et
les commerces.
également
aujourd'hui, au niveau national, dans le cadre de l'ACFCI, nous sommes
rentrés dans une logique dans laquelle nous tentons d'utiliser
les expériences des autres. Au niveau européen avec
Eurochambres, des choses sont en train de se passer à
l'initiative d'ailleurs de son président, Pierre Simon.
R. M. - Quels
sont vos espoirs pour 2007-2013 en matière de
développement pour les Pays de la Loire et qu'attendez-vous de
vos partenaires, en particulier le Conseil régional ?
D. B - Je serais
tenter de dire : poursuivre l'action engagée ! Elle me semble
d’ailleurs bien engagée dans le respect mutuel. Egalement,
j'insisterais sur l'importance des liaisons. Un territoire comme le
nôtre qui est vraiment à l'ouest de l'Ouest de l'Europe a
besoin de communications très bien organisé. Enfin,
j'aimerais bien que l'on se penche sur le port de Nantes Saint-Nazaire.
C'est un outil extraordinaire avec un potentiel à
développer.
Propos recueillis par Maud Vuillardot