R.M. - Quels sont vos
espoirs pour 2007 en matière de développement pour la
région capitale et qu'attendez-vous de vos partenaires, en
particulier le Conseil régional ?
P. S. - Notre
premier espoir est que nous arrivions enfin à établir une
croissance durable autour de 3%. Les



Régions Magazine - Il y a un an, vous dressiez dans les pages de Régions
Magazine un diagnostic économique de l'Île-de-France ainsi
que les besoins et les attentes des 420 000 entreprises franciliennes.
La Région vient de présenter l'avant projet de
révision du SDRIF de 1994 pour lequel les CCI de
Paris-Île-de-France ont été consultées.
Cette première version prend-elle en compte vos suggestions et
répond-elle globalement à vos attentes ?
Pierre Simon - Je
tiens à souligner ici l'importance du travail que l'ensemble du
monde consulaire a fait, sous le pilotage de la CRCI, depuis maintenant
18 mois sur le SDRIF et qui a abouti à une contribution finale
que nous avons transmis à la Région au mois d'octobre.
Il y a une vraie interrogation, selon nous, sur le
projet présenté par la Région. Nous nous
retrouvons assez bien dans les grands défis qui sont
identifiés par la Région pour les 10 ou 20 ans, à
savoir son rayonnement international et la compétitivité
des entreprises. Nous nous retrouvons aussi dans l'idée que le
développement doit se faire autour de grands pôles
considérés comme forts et clairement identifiés,
et qui doivent être le moteur du développement
économique. Toutefois, il y a un vrai décalage entre les
défis clairement identifiés et la politique d'urbanisme
proposée. Le cœur de notre proposition est de
développer l'Île-de-France autour de dix grands
pôles économiques (approche polycentrique), chacun ayant
une vocation spécifique. Nous sommes tout à fait dans
l'approche des pôles de compétitivité. Nous
considérons que ce sont ces grands pôles qui vont "
tirer " le développement du reste de l'Île-de-France.
Il faut relier les pôles les uns aux autres et avoir pour chacun
une politique volontariste en matière de recherche,
d’innovation, de création d’entreprises, de zones
d'activités, d'immobilier d'entreprise et de logement, en
rapprochant notamment le logement des zones d'activités. Or, les
pôles dont la Région nous parle sont, semble-t-il, des
pôles " multi-activités " à
l’intérieur de faisceaux, ce qui peut avoir pour
conséquence que des zones importantes restent en dehors de tout
développement économique et résidentiel.
L’approche s’écarte donc fortement de la
nôtre, c’est
pourquoi nous avons remis de nombreux
amendements aux services du Conseil régional pour revoir ce
texte. La concertation doit être poursuivie.
R. M. - Les
Régions ont pris en charge l'expérimentation du
développement économique régional. Comment
situez-vous aujourd'hui le rôle des CRCI dans ce nouveau contexte
?
P.S. - Je parle
toujours du monde consulaire dans son ensemble, CRCI et chambres. Nous
avons deux missions majeures. Premièrement, celui de conseiller
ceux qui sont en charge de définir des politiques notamment de
développement économique. C'est ce que l'on fait, par
exemple, lorsque l'on contribue à la rédaction du
Schéma régional de Développement économique (SRDE) ou
du SDRIF. Nous sommes le porte-parole d'une politique volontariste de
développement des entreprises. Deuxièmement, celui de
conduire, avec les CCI, des actions opérationnelles de mise en
œuvre des politiques, notamment celles décidées par
le Conseil régional. Par exemple, assurer un appui aux
entreprises pour le développement de leurs activités
à l'international, faciliter la cession-reprise d'entreprises,
etc.



chefs d'entreprises de l'Île-de-France
semblent pour l'instant plutôt plus optimistes que le reste de la
France, mais il y a quand même des incertitudes. Nous
espérons que la Région et les autres acteurs mettront
tout en œuvre pour établir les conditions de cette
croissance.
Nous souhaitons également améliorer
l'ouverture internationale des entreprises. En effet, le déficit
commercial de l'Île-de-France est de 10 milliards d'euros par
trimestre, ce qui est considérable. La Région doit
dégager un minimum de moyens pour conduire des actions. Nous le
ferons par nous-même mais nous souhaitons aussi le faire en
contractualisant avec la Région.
Enfin, nous avons également la
volonté de contractualiser avec la Région sur le
développement de l'apprentissage dans l'objectif régional
d'augmenter de 40% sur trois ou quatre ans le nombre d'apprentis en
Île-de-France.
Propos recueillis par Maud Vuillardot