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T.I.C.
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André SantiniAncien ministre, Député-Maire d'Issy les Moulin
Régions Magazine - Pourquoi avoir regroupé cette année les deux manifestations, le Forum Mondial de la démocratie électronique et le Forum Européen de l'Administration électronique ?

André Santini - C'est le bon moment. Le paysage de l'Internet public se structure aujourd'hui autour d'une majorité de Français désormais habitués à naviguer sur le web pour y chercher des informations, effectuer des démarches administratives, acheter un billet de train ou de concert, contacter un élu, lire ou publier un blog ou commenter l'actualité politique. C'est le bon moment aussi parce que nous sommes à six mois de l'élection présidentielle et que je souhaite que nos débats contribuent à alimenter les programmes des candidats. Il était donc logique de rapprocher ces deux évènements majeurs pour proposer un rendez-vous de qualité, à l'envergure internationale mais proche de nos préoccupations nationales.
R.M. - Quelles sont les grandes lignes du programme du World e-Gov Forum ?

A.S. - " Quelle société connectée voulons-nous ? ". C'est autour de cette question centrale que nous aborderons les questions liées à la modernisation de nos administrations, à la lutte contre la fracture numérique et à la revitalisation de la vie politique grâce aux réseaux. Nous aurons plus d'une vingtaine de sessions et nous tâcherons d'aborder toutes les questions que nous nous posons pour réussir la société de l'information. Car cette société en construction est la clé des emplois de demain, et nous devons le faire savoir. Pour nous y aider, j'ai souhaité mettre à l'honneur la Corée du Sud , un pays qui est passé en une quarantaine d'années du niveau de vie d'un pays comme le Bangladesh à celui des nations les plus riches de la planète, en grande partie grâce à une stratégie volontariste mise en œuvre au niveau national dans le domaine des Technologies de l'Information et de la Communication.

R.M. - Qu'entend-on par e-démocratie ?

A. S. - Tout simplement le fait d'utiliser les outils aujourd'hui à la disposition de la majorité des citoyens : Internet, téléphone mobile, télévision interactive. Autant d'outils qui peuvent revitaliser la démocratie, rapprocher les citoyens et leurs élus ou faire participer ceux qui ne s'intéressent pas à la vie politique. Il ne s'agit pas de remettre en cause les fondements de notre démocratie, mais de la moderniser, de l'ouvrir davantage vers les citoyens qui veulent être écoutés et entendus. La démocratie représentative atteint ses limites, comme le montre la moyenne des taux de participation depuis une trentaine d'années. Nous devons donc nous remettre en question et redonner espoir dans nos principes démocratiques.
R.M. - Dans votre ville, comment se traduit concrètement l'e-démocratie ?

A. S. - Depuis une dizaine d'années, toutes les séances du Conseil municipal sont intégralement retransmises sur le canal local du câble et sur le site Internet issy.com. Les habitants peuvent poser leurs questions, par e-mail ou par téléphone vert, et nous leur répondons systématiquement, soit à la fin de la séance soit par courrier. Il s'agit à la fois d'un outil de transparence totale de nos débats et d'interaction avec nos concitoyens. De même, nous avons mis en place un " Panel Citoyen ", constitué d'un échantillon de 850 Isséens, représentatifs de l'ensemble de la population, que nous interrogeons régulièrement sur nos projets. Par exemple,
77 % des personnes interrogées l'été dernier ont jugé comme une bonne chose notre projet de téléphérique reliant le métro au Fort d'Issy.

R. M. - Vous avez piloté, pendant deux ans pour la France, le projet européen e-Agora, une académie de démocratie électronique. A l'occasion de la restitution des résultats, le 30 mars dernier, un "Livre Blanc de la e-Democratie locale" a été édité en quatre langues. Quelles en sont les conclusions ?

A. S. - Le projet e-AGORA a pu concrètement expérimenter de nouveaux outils au service de la démocratie locale, comme les blogs ou le SMS, former plus d'une centaine d'agents municipaux, de jeunes et de simples citoyens à la nouvelle gouvernance, et publier un livre blanc sur l'e-Démocratie locale. Il en ressort surtout que la crise de confiance dans laquelle est plongée la démocratie est la même dans tous les pays, des deux côtés de l'Atlantique, et que les outils numériques ne suffisent pas à résoudre cette situation. En revanche, les attentes des citoyens restent importantes et nous pouvons y répondre, pour partie, avec l'e-démocratie.
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