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dossier
arcadis
Régions Magazine - Quels sont les métiers
d'Arcadis en matière environnementale ?


Pierre Colin - Les métiers du Groupe (11 000 employés dont 450 en France) touchent l'infrastructure, le bâtiment et l'environnement. L'environnement est en interaction avec les autres métiers, c'est une des spécificités d'Arcadis.
En France, nous travaillons, depuis 1992, sur trois domaines principaux. Premièrement, tout l'administratif, c'est-à-dire les études d'impact, les dossiers de demande d'autorisation pour les installations classées, les études de risques, etc. Deuxièmement, ce qui relève de l'identification et des études de pollutions : reconnaissances élémentaires, complémentaires, études des risques sanitaires et stratégie de réhabilitation à mettre en œuvre en fonction de ces études. Troisièmement, tous les travaux de réhabilitation, les aménagements qui vont avec la nouvelle utilisation et/ou la réparation des dommages sur les sites.

R.M. - Quelle est l'expertise propre à Arcadis dans ces trois domaines d'activités ?

P.C. - Pour le premier domaine, nous couvrons toutes les installations classées, usines nouvelles, extensions d'usine, les infrastructures… avec toutes les études de dangers, de risques d'explosion et d'incendie. Aujourd'hui, nous mettons l'accent sur un volet nouveau, celui des PPRT, les Plans de Prévention des Risques Technologiques, impliquant collectivités, industriels et administrations.
Nous avons également développé une expertise internationale d'opérations de cession - acquisition qui comprend trois aspects : la conformité réglementaire, la conformité au point de vue impact sur l'environnement et le respect des dispositions hygiène-sécurité. Ici, l'interaction entre les trois corps de métiers d'Arcadis joue de manière importante puisque nous faisons
l'audit de tous les réseaux et des bâtiments avec chiffrage des travaux dans le temps (normes IFRS et SOX) pour intégration dans les réserves comptables.
Une équipe importante travaille sur les décharges nouvelles et anciennes.

Dans le deuxième domaine, pour l'identification des pollutions, des équipes de géologues, d'hydrogéologues, de chimistes définissent le schéma conceptuel avec sources, transfert et cibles ; nous avons développé des outils particuliers, notamment pour l'identification des coupes d'hydrocarbures en partenariat avec l'IFP (Polluteval). Une équipe de huit toxicologues travaille à l'évaluation des risques sanitaires pour définir les objectifs de dépollution si besoin ou les dispositions constructives avec les spécialistes bâtiment et infrastructures. Tel a été le cas pour AZF, pour la réutilisation de ce site, avec différents usages avec la DRIRE et l'exploitant.Arcadis travaille également à la rédaction des servitudes.
La particularité d'Arcadis est d'être en liaison permanente avec les milieux scientifiques et médicaux pour avoir les dernières informations sur la toxicité, sur l'épidémiologie avec une équipe américaine d'Arcadis travaillant d'une part, pour anticiper les risques afférents à des nouveaux produits, en relation avec le programme REACH en Europe et d'autre part, pour prévenir les industriels ou les équipes de dépollution que certains produits, qui ne sont pas encore identifiés comme toxiques, vont le devenir.

Pour le troisième domaine, la moitié de notre chiffre d'affaires est composé d'opérations de réhabilitation, soit avec des méthodes tout à fait classiques (" venting ", " sparging ", extraction triple phase …), soit, et nous sommes les seuls en France à le faire, par la réhabilitation in situ avec des techniques innovantes : biodégradation aérobie et oxydation chimique pour les hydrocarbures et anaérobie pour les solvants et les métaux ( il s'agit d'une stabilisation sous forme de minerai non lixiviable). C'est une avancée considérable grâce à nos collègues américains qui travaillent sur le sujet depuis des années. Une de nos équipes en France met ainsi depuis trois ans ces techniques en pratique.
Nous sommes sûrs de ces méthodes éprouvées et mettant en jeu une bonne connaissance de l'hydrogéologie et des mécanismes biochimiques à tel point que nous proposons des travaux, soit forfaitaires, soit forfaitaires avec assurance. Celle-ci couvre d'une part, la réalisation totale des travaux pour atteindre les objectifs, d'autre part, les effets sur les tiers, les produits non détectés lors de la reconnaissance, car non connus du dernier exploitant et enfin, les changements de réglementation. L'assurance est apportée surtout par la technicité et par nos fonds propres et une partie seulement par une assurance. Nous sommes aujourd'hui les seuls à pouvoir offrir ce type de produit.

Comme directeur du développement Environnement chez Arcadis, je m'occupe également d'un produit phare qui est celui d'identifier les zones, friches ou usines en train de fermer, pour pouvoir les réutiliser pour de nouveaux usages. Nous travaillons au niveau de l'urbanisme, notamment avec des villes (par exemple Grenoble, Lyon ou Mantes, un cas d'école), pour sécuriser et conseiller les élus et les services techniques, et rentabiliser le patrimoine  industriel. L'essentiel pour nous est d'intervenir au niveau des Plans Locaux d'Urbanisme (PLU) et des projets avec des urbanistes en optimisant l'utilisation de l'espace en fonction des coûts de réhabilitation.

R.M. - A votre avis, quel est aujourd'hui l'état environnemental de la France ?

P.C. -  Je peux faire deux constats, le premier est que les questions environnementales et de pollution sont aujourd'hui mieux prises en compte dans les schémas d'urbanisme, même si c'est encore imparfait. Deuxièmement, je pense qu'il y a encore beaucoup trop de friches complètement inutilisées, bloquées et polluantes pour lesquelles il n' y a pas d'argent. Par l'action des Etablissement Publics Fonciers, des Conseils généraux et régionaux, la situation peut évoluer. Cela devra passer également par des financements privés, l'action des SEM et sûrement une défiscalisation.
PCO19-09-06.tif
Pierre Colin Directeur Environnement du Groupe Arcadis" Nou