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dossier
corse
Ange SantiniPrésident du Conseil Exécutif de Corse" Le Cons
Régions Magazine - Les lois 1991 et 2002 ont permis à la Corse d'être un précurseur en matière d'environnement. Où en êtes-vous de vos politiques et en ce qui concerne la clarification des compétences en matière d'incendie ?

Ange Santini - On pourrait penser que le législateur a, dès 1991, souhaité conférer à la Corse un rôle précurseur dans ce domaine. La réalité est plus nuancée. Certes, il y avait une novation, mais la compétence reconnue à la Collectivité Territoriale ne reposait sur aucune déclinaison précise des responsabilités et se caractérisait par une absence de moyens.
La loi de janvier 2002 est restée aussi très en deçà des attentes exprimées par l'Assemblée de Corse. Elle reconnaissait cependant, pour la première fois, des compétences précises à la CTC, mais ce transfert n'a pas abouti à une clarification des compétences.
Malgré tout, la CTC a pris très rapidement la mesure de son nouveau rôle. Avec l'Office de l'Environnement, elle a arrêté les procédures pour les Réserves Naturelles, les Réserves de Chasse et de Pêche et défini les politiques nécessaires à leur gestion et, chaque fois que possible, repris à son compte des secteurs souvent marqués par une grande inertie. Je citerai un seul cas: le Plan Régional de la Qualité de l'Air que nous avons pu réaliser après une très large concertation en moins de deux ans, alors qu'il était prévu par la loi depuis 1996.
Notre Collectivité a toujours  assumé sa part de responsabilités dans le domaine des incendies, au-delà de ses compétences strictes et dans un souci d'intérêt général. En 1996 et en 2001, elle a, par un vote unanime de l'Assemblée de Corse, arrêté une véritable politique de prévention et de lutte contre les incendies. Depuis lors, elle a su traduire concrètement cette démarche volontariste, par exemple, en rendant le débroussaillement obligatoire.
En donnant la priorité à la prévention, nous avons contribué à clarifier les compétences et
en concentrant et renforçant nos moyens, nous avons élargi l'éventail de nos politiques.

R. M. - Quels sont les grands projets environnementaux ?

A. S. - J'aborderai cette question globalement, au-delà des projets particuliers. Le Conseil Exécutif est aujourd'hui soucieux d'élaborer un projet original structurant qui concilie protection de l'environnement et développement économique, donc à même d'assurer un développement durable de plein exercice. Cet objectif est au centre des discussions entamées pour la définition des programmes contractualisés aux plans national et européen pour la période 2007/2013. Il constitue l'axe fort de nos négociations dans le cadre du Contrat de Projet Etat/Région, des programmes
opérationnels européens, comme bien entendu de la deuxième phase du Programme Exceptionnel d'Investissement. Cette approche se traduira dans le PADDUC (Plan de Développement et d'Aménagement Durable de la Corse). Ce document stratégique, la prééminence donnée à l'éco-conditionnalité dans les programmations futures, le rôle devenu décisionnel de l'évaluation environnementale des politiques publiques, constituent le triptyque sur lequel repose notre conception de l'environnement compris, non plus comme un domaine parmi d'autres, mais comme la dimension transversale de toute politique publique.

R. M. - Quel bilan pour le Parc Marin International de Bonifacio ?

A. S. - Que de chemin parcouru depuis 1993 et le protocole d'accord passé entre la France et l'Italie, et les deux régions concernées, pour la réalisation d'un Parc Marin International des Bouches de Bonifacio. Côté français, il existait bien une Réserve Naturelle, mais aux moyens et au périmètre limités. Nous avons pu, avec l'appui de l'Etat, créer une Réserve Naturelle sans commune mesure avec la précédente, dotée de personnels compétents relevant de l'Office de l'Environnement de la Corse, et de moyens plus que significatifs. De leur côté, nos amis italiens, sous des formes sans doute diverses, ont tenu leurs engagements et notre partenariat est des plus fructueux. Il manquait cependant un étage à la fusée, sans doute le plus délicat, mais aussi le plus emblématique : le caractère international de cette structure. Il s'agissait bien en effet d'une première mondiale avec ce que cela impose de contraintes juridiques, financières, voire politiques. L'obstacle institutionnel est en passe d'être levé. Depuis juillet dernier, le règlement européen autorise la création d'un groupement européen de coopération territoriale (GECT), qui doit nous permettre de conforter harmonieusement nos bases et de répondre aux objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés à l'origine.
santini.tif