Régions Magazine - Il aura fallu attendre huit mois avant de voir la
Région Ile-de-France désigner enfin ses
représentants au conseil d'administration du STIF et prendre
ainsi en mains les commandes des transports franciliens…
Avez-vous finalement obtenu ce que vous demandiez (cf. Régions
Magazine n°72 - 2e trimestre 2005) ?
Serge Méry - Nous
sommes toujours, avec le Président Jean-Paul Huchon, en
négociation avec l'Etat sur le montant de la compensation
financière. Il n'y a pas eu malheureusement d'évolutions
depuis la dernière Commission consultative d'évaluation
des charges le 6 octobre dernier. En formation plénière,
cette commission réunit 11 représentants d'Etat et 11
élus (communes, intercommunalités, départements et
région). Globalement, nous étions sortis de cette
séance avec la certitude que la méthode que nous avions
adoptée était bien la bonne : écouter, dialoguer,
convaincre. Après un long processus, le dossier avait
progressé sur les trois volets des demandes de la
Région, à savoir la base de compensation
financière du transfert, les charges de retraite de la RATP et
enfin le matériel roulant. C'est d'ailleurs sur ces bases que la
Région avait décidé de désigner ses
représentants au conseil d'administration et Jean-Paul Huchon de
le présider.
Le premier conseil du STIF s'est tenu le 15 mars
dernier. Nous avons voté très vite notre budget et mis en
place des premières mesures. Quelle ne fut pas notre surprise
lorsqu'à la CCEC du 14 juin dernier, nous nous sommes rendus
compte que le compte n'y était pas !!!! Nous avions en
tête un accord, répété maintes fois par les
acteurs concernés, d'une compensation complémentaire de
plus de 40 millions d'euros par an. Nous étions alors dans une
négociation
globale d'un " donnant / donnant juste et
équilibré ". Or, force est de constater le non
respect des engagements pris lors de la séance du 6 octobre
concernant le matériel roulant SNCF.
Ce point est un des points durs de la discussion
que nous menons avec l'Etat. En effet, c'est malheureusement le fruit
d'un état préoccupant du matériel qui circule en Ile-de-France. Et je
considère que c'est de notre devoir que de faire entendre raison
au gouvernement sur ce point. Nous avions obtenu que l'Etat, en sa
qualité d'actionnaire unique de l'entreprise SNCF, exige du
transporteur que la totalité de la dotation aux amortissements,
aujourd'hui de 140 millions d'euros par an, soit entièrement
consacrée par l'entreprise en Ile-de-France au renouvellement du matériel
roulant ; ce qui malheureusement n'était pas le cas
jusqu'à ce jour. A l'échelle d'une décennie, cela
signifie que l'Etat,
au titre de la SNCF, s'engage à hauteur de
1 400 millions d'euros pour rénover le matériel roulant.
A cela il faut ajouter une enveloppe de l'ordre de 400 millions d'euros
sur dix années pour permettre d'acheter un nouveau
matériel SNCF ; ce qui ne correspond même pas à ce
qui a été justement attribué aux autres
Régions dans le cadre de la loi SRU.
Là encore, l'Etat a fini par
reconnaître la légitimité des demandes
exprimées par la Région, légitimité dont
nous avons, pour notre part, toujours eu la certitude puisqu'elle
s'appuie sur la réalité des besoins des Franciliens. Or,
à ce jour, ni la Région ni le STIF n'ont pu obtenir
confirmation de la part de l'Etat d'une mise en œuvre de ces
principes et aucune garantie n'a été apportée
quant au montant versé par la SNCF au titre de ce programme de
renouvellement du matériel roulant.
R. M. - Quelles
sont les prochaines grandes priorités du STIF dont le budget
pour 2006 s'élève à 3 924 millions d'euros ? Le
Syndicat a-t-il les moyens de ses ambitions ?
S. M. - Le
nouveau Conseil d'administration du STIF a voté son premier
budget le 29 mars 2006. Ce budget est marqué par une
augmentation historique des dépenses consacrées aux
mesures nouvelles. Dès le mois d'avril, et cela au rythme d'un
conseil par mois, nous avons été amenés à
voter sur tous les domaines : offres, tarifications, qualité de
service…
Avant l'été, nous devrons
également demander à la SNCF d'engager le marché
de la NAT.
Vous le voyez, nous n'avons pas chômé
… Nous devons, en quelque sorte, rattraper le temps que l'Etat
nous a fait perdre.