
Régions Magazine - Au mois de mars, vous avez approuvé le protocole
d'intentions préalable à la réalisation et au
financement de la première phase de la branche Est de la ligne
à grande vitesse Rhin-Rhône qui mettra Strasbourg à
seulement trois heures de Lyon d'ici 2011 (contre cinq aujourd'hui).
Cet accord a nécessité des négociations "
difficiles et serrées ". Quel rôle a joué la
Région Alsace dans la négociation ?
Adrien Zeller - La
discussion qui a abouti au protocole d'intentions remonte à de
nombreuses années. Elle est passée par des étapes
très diverses dont le financement des études APD qui ont
progressivement permis d'aboutir à une communauté de
pensée des trois Régions (Bourgogne,
Franche-Comté, Alsace), et puis des quatre avec
Rhône-Alpes, à la fin, et des départements et des
villes concernées. La Région Alsace, qui pour la
deuxième fois, doit participer à un projet qui se trouve
entièrement en dehors de son territoire, a joué un
rôle moteur dans cette affaire. A l'inverse des régions
qui ont bénéficié des lignes TGV
entièrement financées par l'Etat et la SNCF, la
Région Alsace a appris dès la fin des années 90,
avec le financement de la première phase du TGV Est
Européen, à intégrer les avantages
économiques d'une telle infrastructure et non plus seulement la
stricte territorialité des travaux concernés. Forte de
cette expérience, la Région Alsace a joué un
rôle de pionnier dans ce nouveau type de négociation
nationale et interrégionale.
R.M - Vous avez
obtenu en avril l'engagement de la Caisse des dépôts sur
un prêt de 103 millions d'euros correspondant à votre
participation financière dans ce projet. Comment s'est
passée la négociation ?
A. Z. - Face
à l'effort considérable qu'ont
du accepter les collectivités locales, en
particulier les Régions concernées, l'Etat a
demandé à la Caisse des Dépôts et
Consignations de leur consentir des prêts spéciaux
à taux bonifié pour le financement des grandes
infrastructures, sensiblement plus intéressants que les taux du
marché bancaire. C'est sur ces bases que la Région Alsace
a conclu un emprunt avec la Caisse des Dépôts et
Consignations.
R. M. - Avec ce
projet, un axe fort européen Francfort - Lyon - Marseille
traversant et desservant l'Alsace du Nord au Sud est en train de se
créer situant Strasbourg au carrefour des lignes à
grande vitesse européennes. Monsieur le Président,
l'Alsace est véritablement au cœur de l'Europe. Nous
rappelons ici que vous êtes également la seule
région
française à expérimenter la
gestion des fonds structurels européens…
A. Z. - L'Alsace a
historiquement une place particulière en Europe et en France.
Avec demain ces deux lignes du TGV Est Européen et du TGV
Rhin-Rhône, l'Alsace et particulièrement Strasbourg,
renforceront leur position de carrefour des axes Paris-Munich et
Lyon-Francfort. Dans un contexte économique aujourd'hui
difficile, la stratégie mise au point par les dirigeants
européens à Lisbonne et à Göteborg
tournée vers l'innovation et le savoir sera
particulièrement suivie en Alsace. Notre action publique
s'inscrit dorénavant entièrement dans cette
stratégie européenne, qu'il s'agisse de transport, plus
particulièrement des TGV, de développement
économique ou de développement universitaire. A ce titre,
la poursuite de l'expérimentation de la gestion par la
Région Alsace des fonds européens consacrés
à l'objectif compétitivité et emploi permettra
d'affirmer et de traduire ces grands objectifs. A titre plus
anecdotique, mais également pour souligner notre attachement
à l'Europe, je voudrais signaler que dès le 9 mai, nous
avons basculé toutes nos adresses électroniques de .fr en
.eu.
R.M. - Comment
voyez-vous l'évolution des Régions françaises en
Europe ?
A. Z. - La tradition centralisatrice de la France laisse notre
pays dans une situation encore assez différente de la plupart
des pays de l'Europe. Dans des grands pays comme l'Allemagne, l'Italie
ou l'Espagne, les Régions ou leurs équivalents ont des
responsabilités et rôles qui vont bien au-delà de
ce qui est confié aux Régions françaises. Le choix
de l'Etat français de conserver la gestion de la plupart des
fonds européens,




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