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Pour une éthique des sciences de la Vie
La bioéthique est à l'origine d'un grand débat de société car la réflexion éthique s'est élargie, depuis quelques années, à de nombreux domaines scientifiques et sociaux.
L'éthique des sciences de la vie et des biotechnologies est certes un pan essentiel de cette réflexion, mais elle ne couvre pas tout le champ de l'éthique des connaissances scientifiques. Elle est, ainsi, une préoccupation non seulement pour les sciences de la vie, mais pour toute la recherche scientifique, des sciences fondamentales aux sciences humaines.
On comprend que, dans ces conditions, un nombre croissant de pays s'engagent dans une démarche éthique destinée à permettre aux décideurs publics de mieux mesurer l'impact de ces technologies sur la société et de prévenir, le cas échéant, les dérives possibles.
Cette démarche a ainsi débouché sur la création d'instances nationales d'un nouveau genre, chargées de donner aux pouvoirs publics un avis indépendant sur les différentes questions soulevées par les avancées des sciences et des techniques.
Les quinze pays de l'Union européenne sont maintenant dotés de Commissions de protection des données et, dans le domaine des sciences de la vie, ce sont des comités nationaux d'éthique qui ont été mis en place.
Au niveau européen on avait déjà senti, en 1991, la nécessité d'une démarche analogue. C'est ainsi qu'est né le "Groupe de Conseillers pour l'Ethique de la Biotechnologie" remplacé, en 1998, par le "Groupe Européen d'Ethique pour les sciences et les technologies nouvelles (GEE)", ce qui a marqué en quelque sorte la consécration de l'engagement éthique de l'Union européenne.
Tout comme les comités d'éthique nationaux, ce Groupe est indépendant, pluraliste et pluridisciplinaire. Cependant, il diffère de ceux-ci car son approche est nécessairement déterminée par les compétences de l'Union européenne, qui sont plus limitées que celles des États membres. Il s'agit pour le Groupe d'envisager, sur la base des principes des Traités européens (qui renvoient notamment aux droits fondamentaux définis par la Convention européenne des droits de l'homme du Conseil de l'Europe), les règles communes de nature à permettre un fonctionnement du grand marché qui soit en accord avec les valeurs éthiques de l'Europe.
Le Groupe fonctionne en procédant à des auditions et à des consultations multiples et son champ de compétences s'étend des biotechnologies aux technologies de l'information et de la communication. Il s'autosaisit de toutes questions qu'il estime utile de traiter mais il peut désormais être également saisi par le Parlement européen et le Conseil des ministres.
Le Parlement européen a en effet souhaité avoir un lien direct avec le Groupe à une époque où l'éthique des sciences et des technologies devient une préoccupation croissante des opinions publiques, préoccupation largement relayée par les médias. Dès lors, il n'existe pas, au niveau européen, une directive comparable à la loi française (94-654) relative à la bioéthique.
Le Groupe européen d'éthique rend son avis sur toutes questions éthiques liées aux applications des technologies du vivant et celles de l'information permettant ainsi aux autorités européennes d'identifier les domaines de leur compétence et dans lesquels une action communautaire serait envisageable.
Adresse : Groupe Européen d'Ethique auprès du Secrétariat Général de la Commission européenne, 200 Rue de la Loi, 1049 Bruxelles.
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