Succès de la Conférence de Marrakech sur les changements climatiques
A Marrakech, les négociations internationales sur les changements climatiques ont abouti ce 10 novembre, après deux semaines d'intenses négociations, à un accord qui confirme l'engagement pris par la communauté internationale à Bonn en juillet dernier de ratifier le Protocole de Kyoto.
Le Protocole de Kyoto, signé en 1997 au Japon, a pour objectif de freiner les émissions de gaz à effet de serre dans notre atmosphère. Il prévoit de baisser d'ici 2012 le niveau de 5 pour cent par rapport à celui de 1990.

L'Union européenne, représentée à la Conférence par M. Olivier Deleuze, Secrétaire d'Etat belge à l'énergie, a démontré son effort continu dans les opérations diplomatiques concernant la question climatique. Il s'agissait pour elle de solidifier l'accord du Japon et de la Russie. Ces deux pays permettront en effet, avec l'Union européenne et ses alliés d'Europe de l'Est, d'atteindre les chiffres nécessaires pour rendre le protocole de Kyoto opérationnel : il le sera quand 55 pays représentant 55 % des émissions de gaz à effet de serre l'auront ratifié.

Le porte-parole du Premier ministre japonais Jonichiro Koizumi a indiqué que le Japon va commencer des préparatifs à large échelle pour ratifier le Protocole de Kyoto en 2002, tandis que les Etats-Unis ont réaffirmé leur hostilité au protocole même s'ils affirment qu'ils ne présenteront aucun contre-plan dans l'avenir immédiat.

Durant la conférence, les scientifiques marocains ont mis en évidence l'impact, pour leur pays, du réchauffement climatique : multiplication et aggravation des sécheresses, inondations dévastatrices comme récemment en Algérie, diminution de la couche neigeuse dans le Haut-Atlas, bouleversement des précipitations. D'autre part, un soutien particulier sera accordé aux pays en voie de développement dans leur adaptation aux changements climatiques.

Quant à l'Union européenne, elle espère réaliser des progrès après l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, dans la prévention des dommages irréversibles causés par l'effet de serre.
Nous pouvons dire que l'action de l'UE a été déterminante pendant la Conférence et a souligné son rôle de promoteur dans la lutte contre les changements du climat. "Le Protocole de Kyoto est sauvé. Nous avons mis fin aux réticences de certains Etats et préservé l'intégrité de l'accord de Bonn de telle sorte que nous pouvons maintenant revenir vers les citoyens de nos pays en leur confirmant que débute enfin sur le terrain la lutte pour mettre fin aux conséquences dramatiques des changements climatiques qui menacent la planète entière", a déclaré Olivier Deleuze.
Tandis que Magda Alvoet, ministre belge de l'environnement, ajoutait : "L'Union Européenne a une nouvelle fois prouvé qu'e1le exerce le leadership dans les négociations internationales sur la lutte contre les changements climatiques. Elle a mis fin aux hésitations de certaines Parties à reconnaître l'accord de Bonn".

Le succès de la Conférence de Marrakech démontre que malgré les événements tragiques du 1l septembre, la Communauté internationale est en mesure de donner des réponses positives aux défis planétaires. La tenue de cette conférence dans un pays musulman confirme la confiance des citoyens et des dirigeants dans la capacité de tous les Etats à continuer à travailler ensemble pour un avenir meilleur.