|
L'Ukraine mise sur l'Union
Selon l'Hebdomadaire international social et politique, Zerkalo Nedeli, l'Ukraine soutient le principe d'une collaboration fructueuse et intéressante avec l'OTAN, mais la moitiè des Ukrainiens considérent l'Alliance atlantique comme un bloc agressif et se montrent très critiques à l'égard d'un élargissement de l'OTAN en Europe orientale. Ils prèfèrent donc une coopération militaire avec l'Union européenne. Tel est la conclusion
que vient de tirer le Centre ukrainien économique et politique de Kiev. On y relève que l'appartenance de l'Ukraine à l'Union constitue l'objectif politique majeure des Autorités ukrainiennes.
Et la perspective d'un développement de la politique de sécurité de l'Union (notamment la mise en oeuvre dès 2003 du groupe européen d'action rapide) semble réjouire l'Ukraine.
 C'est sans doute dans cette
esprit que s'est tenu le 11 septembre
2001 à Yalta, ville ô combien symbolique,
le Sommet Union - Ukraine. M. Koutchma,
président de l'Ukraine, et M. Verhofstadt,
président en exercice du Conseil de l'Union
européenne, ont réaffirmé "l'engagement
de renforcer leur partenariat stratégique,
qui vise à rapprocher davantage l'Ukraine
de l'Union, à promouvoir la stabilité et la
prospérité en Europe et à renforcer la
démocratie, le respect des droits de
l'homme, l'État de droit et l'économie
de marché".
M. Verhofstadt a reconnu les aspirations européennes de l'Ukraine et souligné que le
développement politique et économique stable et démocratique en Ukraine revêt une importance stratégique pour l'Europe.
Les deux parties sont convenues d'examiner et d'encourager les programmes de formation, le jumelage et l'échange d'experts et de fonctionnaires pour appuyer les réformes judiciaires, administratives et économiques. L'Union a pris note de l'initiative ukrainienne d'inviter ses experts à travailler au sein des organes administratifs et législatifs compétents en Ukraine, afin de contribuer au processus de préparation et de mise en oeuvre des décisions gouvernementales et actes juridiques pertinents.
M. Verhofstadt a invité l'Ukraine à aligner autant que possible sa législation, ses normes et ses standards sur le modèle de l'Union. De même les deux parties ont exprimé leur désir commun de lutter contre la criminalité organisée, le blanchiment d'argent et les trafics de drogue et d'armes, ainsi que de coopérer étroitement en matière d'immigration illégale, d'asile, d'organisation de filières clandestines et de traite des êtres humains.
Les deux parties sont convenues d'encourager la coopération judiciaire et en matière de répression, afin de parvenir à des résultats pratiques, que les citoyens ukrainiens et de l'Union pourront apprécier.
Elles efforceront de mener à bien, d'ici la fin de 2001, le Plan d'action Union-Ukraine sur la justice et les affaires intérieures. Ce plan d'action permettra à l'Ukraine et à l'Union européenne d'oeuvrer ensemble pour promouvoir les valeurs et les principes de liberté, de sécurité et de justice.
En matière de sécurité et de défense (PESC), l'Ukraine pourra être invitée à participer à des opérations conduites par l'Union. Les deux parties tiendront des pourparlers exploratoires pour évaluer la possibilité pour l'Union d'utiliser les capacités ukrainiennes dans le domaine des transports aériens à longue distance.
Concernant le ruel problème du nucléaire, l'Union européenne a réaffirmé son engagement à aider l'Ukraine à régler les questions de sûreté nucléaire et à faire face aux conséquences sociales de la fermeture de Tchernobyl. Parmi d'autres actions, l'UE a apporté jusqu'à présent 90,5 millions d'euros au "Shelter Fund" (Fonds pour le sarcophage) et a engagé 33,3 millions d'euros en faveur d'une installation de gestion des
déchets nucléaires. Elle a également fourni 25 millions d'euros pour combler artiellement le "déficit en combustible" temporaire avant la mise en service des deux nouveaux réacteurs (K2R4) à Khmelnitsky et Rivne et elle a l'intention de dégager un montant supplémentaire de 20 millions d'euros pour l'hiver prochain.
|