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Göteborg, un Sommet en bémol, le spectacle était dans la rue, musclé!
Au bord de l'émeute
Le port de Göteborg, deuxième ville suédoise, était en état de siège pour le Sommet européen des Chefs d'état et de gouvernement (14 au 16 juin 2001). D'abord, plus de 15.000 personnes (selon des sources officielles), provenant de milieux sociaux très différents, des jeunes, des adultes et aussi des citoyens du troisième âge, ont défilé pacifiquement en direction du centre où se tenait le Sommet. Des associations telles que Greenpeace et Amnesty International se sont jointes au cortège
Mais la manifestation a dégénéré : quelques centaines de casseurs ont saccagé et pillé de nombreux magasins, à l'aide de pavés et de boulons. Les hôtels de plusieurs délégations nationales ont dû être évacués. La police a tiré. On compte 37 blessés, dont 10 policiers.
Le président en exercice du Conseil de l'Union, M. Göran Persson, consterné , a déclaré : « Ce à quoi nous avons assisté ici dans les rues de Göteborg n'est rien d'autre qu'une tragédie. » Il a souligné que les fauteurs de trouble, dont on a pu ces derniers temps observer les méfaits à Seattle, Prague et Nice, se sont transformés en une menace sérieuse contre la démocratie.
« Des gouvernements élus démocratiquement doivent pouvoir se réunir pour pouvoir faire avancer la coopération internationale. Les émeutes et actes de violence mettent de notoires embûches à ces travaux ».
M. Persson a souligné par ailleurs que ces émeutes rendaient problématiques l'important débat que les individus doivent pouvoir tenir entre eux à propos d'un sommet.
Il a aussit ajouter « Un dialogue ouvert entre les hommes politiques et des organisations de tous horizons constitue un volet important du système démocratique. Les événements survenus à Göteborg ont eu un impact négatif sur cette possibilité. »
M. Guy Verhofstadt , Premier ministre belge qui reprend la Présidence de l'Union, a affirmé qu'il est déterminé à éviter ce genre de débordement. Mais certains manifestants promettent de remettre ça à Laeken, en plus fort ! Sans parler du prochain Sommet G7 à Gènes qui réunirait les pays les plus industrialisés
Un pauvre Sommet
Elargissement oui, mais quand ?
La Suède, soutenue par la Grande-Bretagne et le Danemark et, dans une moindre mesure, l'Espagne, a proposé une date-limite (fin 2002) pour la fin des négociations. Mais la France, l'Allemagne, la Grèce, la Belgique et la Finlande ont estimé qu'on ne pouvait pas fixer une date-limite car on ne peut affirmer que les pays candidats seront prêts à cette date, et on doit toujours négocier les questions agricoles
Mais le Sommet de Göteborg a décidé que les Pays candidats auront quand même le droit de participer aux élections européennes de 2004, même si les procédures de ratification de l'adhésion ne sont pas achevées !
Et le non irlandais ?
Bertie Ahern, premier ministre irlandais, estime que le rejet irlandais n'est pas un vote contre l'élargissement, mais l'expression d'une «frustration» à l'égard du manque de clarté, de transparence et de répondant de l'Europe face aux craintes de ses peuples.
M. Ahern a souhaité une "période de réflexion approfondie" avant de pouvoir revenir devant les électeurs irlandais lors d'un second référendum. "Il y a, malheureusement, un sentiment très répandu de rupture entre les institutions de l'Union et ses citoyens", a-t-il déclaré. Les émeutes de Göteborg pourrait lui donner raison.
L'avenir de l'Union reporté à Laeken
Dans son rapport au Conseil européen, la présidence suédoise a également fait part de ses réflexions sur la poursuite du processus pour réformer l'Union. Il se trouverait une ouverture aussi bien chez les États membres que les pays candidats, pour créer, un forum préparatoire plus ouvert, inspiré de la convention qui a travaillé à la rédaction de la Charte des droits fondamentaux de l'Union. Ce forum ouvert se verra probablement complété par d'autres mesures.
La décision finale sur la poursuite du processus sera prise durant la présidence belge, au sommet de Laeken en décembre 2001.
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