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Première tournée européenne de BUSH
Le président américain s'est embarqué pour une croisière européenne chaude. Il devra affronter lors de son séjour une tornade de critiques au sujet d'une série de contentieux avec l'Europe, et celà sans compter la vague de dégout européen engendré par l'exécution médiatique du tueur de l'Oklahoma, Thimothy McVeigh.
Certes, la Maison blanche s'attendait à des questions pointues de son partenaire européen, notamment sur le réchauffement de la planète, le déploiement de missiles balistiques, la pacification dans les Balkans et au Moyen-Orient, et les différends commerciaux sur des questions telles que les subventions à l'aéronautique et le boeuf aux hormones. Peut-être les têtes pensantes de Washington espéraient-elle pouvoir compter sur les bonnes relations transatlantiques pour dissiper les mauvaises impressions laissées en Europe par l'administration Bush.
Cependant la mise à mort publique d'un voyou sanglant, pleinement coupable, mais un homme tout de même, risque de brouiller les cartes de la diplomatie américaine
Alors que les Européens ne doutent pas que McVeigh était coupable d'un crime abominable, la publicité entourant son décès a renforcé leur consternation sur la forme de chatiment d'état qui est directement associée à Bush et qui a été mise hors la loi dans chacun des 15 pays de l'Union européenne.
Ainsi le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a-t-il décrit l'exécution comme "triste, pitoyable et mauvaise, et plusieurs députés de l'Europe des 43 Etats ont demandé que soit retiré aux États-Unis leur statut d'observateur auprès du Conseil. Il faut se souvenir que Bush a été gouverneur du Texas, et que durant son mandat il a autorisé 152 exécutions.
En Espagne, première étape de Bush, ce problème prend une tournure particulièrement rude, après le retour dimanche de Joaquin Martinez, un citoyen espagnol de 30 ans qui a été condamné pour double homicide en Floride et a ensuite été acquitté, après avoir passé trois ans au quartier des condamnés à mort.On rapporte que près de 500.000 $ ont été récoltés en Espagne pour couvrir ses frais judiciaires pour faire casser le jugement de condamnation, et le roi Juan Carlos a fait appel à la clémence de Bush en son nom propre.
Ensuite Bush se rend à Bruxelles pour le sommet de l'OTAN, puis à à Göteborg, en Suède, pour rencontrer les chefs d'Etats et de gouvernement de l'Union; ensuite à Varsovie pour prononcer un discours de politique étrangère; et à Ljubljana, capitale de la Slovénie, pour sa première réunion avec le président russe Vladimir Putin.
Au siège de l'OTAN, Bush devra s'expliquer sur option de défense par missiles balistiques. Rappelons que l'Union a exprimé de fortes réserves sur un tel système de défense. Il pourrait déclencher une nouvelle course aux armements, ou détruire l'édifice des traités de limitation des armements qui s'est construit sur plusieurs décennies? Est-il techniquement possible? Et existe-t-il vraiment une menace de destruction par missile en provenance des terroristes ou des états extrémstes ?
Mais l'Europe est disposée à prendre de nouvelles initiatives concernant l'environnement de sécurité après la chute du régime soviétique et la prolifération des missiles.
Le Président Chirac, lui-même, a déclaré qu'il proposerait "une conférence internationale destinée à relancer les efforts de non-prolifération balistique au niveau politique."
A Göteborg, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union interpelleront Bush sur son rejet du Protocole de Kyoto sur le réchauffement de la planète. Rappelons que les USA produisent environ 25% des gaz à effet de serre, comme par exemple l'anhydride carbonique. Or nombre de scientifiques pensent que les gaz à effet de serre, qui augmentent les températures de la terre, augmenteront les niveaux de la mer et inonderont beaucoup d'îles et régions côtières durant ce siècle.
Pas moins de 20.000 manifestants qui s'opposent à la mondialisation économique sont en route pour Göteborg, où les activistes de Greenpeace prévoient de faire le procès de Bush, pour "assassinat du climat".
L'Union demandera à Bush d'adopter de nouvelles mesures pour économiser l'énergie. Notons que, d'après de sources autorisées, l'Américain moyen consomme au moins 30% d'énergie de plus que l'Européen moyen, alors que leurs niveaux de vie sont comparables," a déclaré un haut fonctionnaire allemand.
La décision récente de Bush de réduire les importations sidérurgiques a également irrité l'Europe, qui pourrait exercer des représailles à l'égard des USA.
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