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Développement soutenable des transports européens
Au cours d'une réunion des responsables de l'automobile, tenue à Bruxelles, le 6 février 2001, Me Loyola de PALACIO, vice-Présidente de la Commission européenne, et responsable notamment du transport et de l'énergie , a esquissé les facteurs essentiels à prendre en compte dans la poursuite de l'objectif de mobilité durable.
1- La qualité de l'air
Lors de la dernière décennie les efforts politiques visaient principalement à réduire la pollution due aux véhicules. En s'attaquant au problème des polluants des véhicules, le programme Auto-Oil a contribué à une amélioration constante de la qualité de l'air dans presque toutes les villes malgré l'augmentation du trafic urbain. Ce programme prévoit que les émissions de polluants générées par le transport routier devraient être réduites de 70-80% entre 1995 et 2010. La contribution des émissions dans ce secteur est en diminution par rapport aux émissions totales, toutes sources confondues. Les normes en matière de qualité de l'air sont respectées pour la plupart des polluants, à l'exception de l'ozone et des particules, dans un grand nombre de villes en Europe.
Un problème majeur est une durée de vie moyenne du parc automobile longue et un nombre toujours trop important de vieux modèles très polluants. 10 à 20% des voitures sont responsables pour 80 à 90% de la pollution. Si vous, les constructeurs, mettez sur le marché des véhicules ultra propres et économes, vous contribuerez à accentuer la pression sur les gouvernements nationaux pour qu'ils revoient leur fiscalité afin de permettre une mise hors circulation rapide des véhicules les plus polluants.
2- Le changement climatique
Concernant le changement climatique, en 1997, à Kyoto, l'Union européenne s'est engagée pour 2008-2012 à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 8% par rapport à 1990. Cependant, d'après les estimations de la Commission dans son Livre Vert sur la sécurité d'approvisionnement adopté en novembre dernier, si rien n'est entrepris, les émissions de gaz à effet de serre augmenteront de minimum 5% entre 1990 et 2010. Cette augmentation sera attribuable quasi-exclusivement aux transports, avec une responsabilité lourde pour la route, qui représentera 85% des émissions de CO2 imputables aux transports.
Aussi les secteurs de l'énergie et du transport sont-ils les principaux champs d'action pour combattre le changement climatique et permettre un mode de développement durable. Ceci sera mis en exergue à l'occasion du Conseil européen de Göteborg.
L'accord volontaire de l'ACEA sur la réduction de la consommation des voitures particulières et donc des émissions de CO2 est un bon point dans cette lutte contre l'effet de serre. Je ne doute pas que l'industrie automobile développera les technologies adéquates et j'espère qu'elle en fera de même pour les véhicules plus lourds.
La communauté internationale tout comme les citoyens sont très attentifs à nos efforts en faveur de la réduction des émissions des gaz à effet de serre, en particulier dans les transports. Ainsi, nous nous devons d'analyser en permanence les résultats obtenus et nous devons prendre des mesures supplémentaires appropriées, si nécessaire, pour concrétiser notre ambition.
3- La dépendance au pétrole
Même les véhicules les plus propres actuellement sur le marché ne régleront pas le problème de notre dépendance, énorme et croissante, aux produits pétroliers et aux importations énergétiques.
Le Livre Vert sur la sécurité d'approvisionnement prévoit que la dépendance énergétique de l'Union européenne atteindra 70% en 2030 et la dépendance pétrolière atteindra 90% en 2020. Aujourd'hui le transport routier dépend à plus de 98% du pétrole et de ses produits dérivés.
Dans ce contexte, le Livre Vert souligne l'importance de promouvoir une substitution graduelle du pétrole par d'autres sources énergétiques et fixes comme objectif d'atteindre 20% de carburants alternatifs en 2020. Il est clair que le transport représente un marché intéressant pour l'éthanol, le bio-diesel et autres biocarburants.
4- La congestion : la crise des années 2000
Les problèmes de la ville ne se limitent pas à la question de la qualité de l'air, aux émissions de gaz à effet de serre et à la pollution sonore. La congestion dans les centres urbains et surtout dans leurs périphéries prend des dimensions telles que leurs systèmes économiques sont de plus en plus pénalisés, voir paralysés. Les réseaux trans-européens connaissent une saturation croissante aux abords des centres urbains, essentiellement du fait du trafic généré par le centre. Outre le frein que cela constitue pour l'économie, la pollution, la consommation énergétique et le bruit augmentent dans un système de transport en proie à la congestion. Tout ceci se traduit par une perte généralisée de la qualité de vie des citoyens : temps perdu, frustration, problèmes de santé.
Le Livre Blanc sur la Politique Commune des Transports, qui sera présenté très prochainement, ciblera précisément ces problèmes de croissance du trafic pour les personnes et les marchandises et définira les mesures nécessaires pour un découplage de la croissance économique et de la croissance du trafic.
Le rôle de l'innovation technologique
Dans ce contexte, l'innovation technologique doit activement contribuer à la poursuite de l'objectif de mobilité durable. La manifestation qui nous réunit aujourd'hui est l'occasion de prendre la mesure des progrès accomplis et de définir des pistes pour l'avenir.
Les véhicules présentés ici sont à la pointe de l'innovation technologique en matière de véhicules propres et économes.
La voiture électrique respecte la qualité de l'air, apporte une réponse au problème du bruit et, vu sa petite taille, permet de rationaliser l'utilisation de l'espace public, facilitant aussi le parking. Ainsi, le vélo électrique présente les mêmes caractéristiques avec un plus une claire avantage dans l'utilisation de l'espace.
Le véhicule à l'éthanol devrait participer à l'accroissement de l'utilisation des biocarburants, et ainsi aider à atteindre les objectifs du Livre Vert sur la sécurité d'approvisionnement.
La voiture à pile à combustible exposée ici utilise l'hydrogène comme carburant. Développer l'utilisation de l'hydrogène permettrait de réduire l'impact du transport routier sur la qualité de l'air. De même, cela participerait à renforcer la sécurité d'approvisionnement énergétique en réduisant notre dépendance aux produits pétroliers.
L'hydrogène, lorsqu'il est produit à partir des ressources renouvelables, nous permettrait aussi d'atteindre nos objectifs visant à l'augmentation de l'utilisation des énergies d'origine renouvelable et des carburants alternatifs, ainsi permettant de réduire l'intensité de carbone ou même de décarboniser les carburants routiers. Grâce à l'hydrogène, le secteur du transport pourrait constituer un nouveau marché quasi-inépuisable pour les énergies renouvelables, et ceci à un prix probablement attractif. Le secteur pétrolier étudie la création d'un système énergétique sans carbone : le pétrole brut serait transformé en hydrogène et CO2 directement sur les puits pétroliers et le CO2 serait réinjecté dans les réservoirs pour stockage final. L'hydrogène remplacerait le pétrole et le gaz naturel dans le transport et les autres applications stationnaires. Ceci est un bon exemple de réflexions innovantes.
La Commission soutient fortement ces sources énergétiques nouvelles. Elle est actuellement en train de signer le premier projet de démonstration de grande envergure avec 10 villes dans 9 pays européens, ayant pour but de valider la contribution positive de l'hydrogène et des piles à combustible dans des conditions réelles de marché.
Toutefois, la Commission n'a pas l'intention de limiter ou de choisir une technologie, une forme de stockage ou un carburant. Elle se limitera à fixer les objectifs. C'est à l'industrie automobile et pétrolière de décider si l'hydrogène doit être brûlé dans des piles à combustibles ou des moteurs à combustion interne, si l'hydrogène doit être stocké sous forme gazeuse, liquide ou indirectement sous forme de méthanol, de carburants synthétiques ou toute autre forme.
L'introduction sur le marché des nouveaux carburants de substitution ne sera pas chose facile. Les véhicules utilisant des carburants de nouvelle génération ne pourront pas s'introduire sur le marché sans la présence d'une infrastructure de carburant efficace, et cette infrastructure ne pourra pas être mise en place sans l'existence d'un marché des véhicules de nouvelle génération. Pour cela il me semble particulièrement positif qu'un grand nombre de ces développements des véhicules à piles à combustible sont basées sur des alliances entre constructeurs automobiles et compagnies pétrolières.
En guise de conclusion
Le rôle que la Commission pourrait jouer pour introduire dans le marché de nouvelles sources énergétiques pour le transport est évident, et sa collaboration avec l'ACEA et les autres acteurs du marché pour explorer ensemble des nouveaux cycles complets, du puits pétrolier au véhicule garé ou bloqué dans le trafic est essentielle. Dans ce travail commun, je suis sûre que l'hydrogène et la pile à combustible, comme nous les voyons ici, prendront une place de choix.
Toutefois, la technologie de la pile à combustible promet une solution à long terme. Afin de bénéficier tout de suite des villes plus propres, nous devrions également intensifier nos efforts sur les solutions à court terme avec les technologies existantes, comme les filtres à particules et les carburants alternatifs
En 2001, la Commission présentera dans une communication un plan de promotion des biocarburants et des carburants de substitution, incluant une directive pour introduire un taux d'utilisation des biocarburants dans les transports. Je compte sur l'aide de votre industrie entière pour continuer sur le chemin pour rendre les transports par route, commercial et privé que
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