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La Commission met la vitesse turbo pur l'élargissement
 La Commission européenne a proposé des mesures concrètes pour s'assurer que l'Union sera en position d'accueillir de nouveaux membres à partir de la fin de l'année 2002, en fonction de l'aptitude des pays candidats à assumer les obligations découlant de l'adhésion et à mener à bien les négociations.
Plus de deux ans et demi après l'ouverture des négociations d'adhésion, le processus d'élargissement est sur le point d'entrer dans une nouvelle phase au cours de laquelle des questions de fond et des sujets difficiles devront être abordés. À l'initiative du commissaire chargé de l'élargissement, Günter Verheugen, la Commission a donc adopté aujourd'hui un "rapport stratégique sur l'élargissement", à présenter au Conseil européen, qui propose, d'une part, une méthode pour traiter les mesures transitoires sollicitées par les pays candidats et, d'autre part, une "feuille de route" détaillée reprenant les points qu'il reste à négocier avec les pays les plus avancés, étape par étape, en 2001 et 2002.
Si ces propositions, qui se basent sur la stratégie adoptée par le Conseil européen d'Helsinki, sont effectivement suivies, la Commission estime que les négociations pourront se conclure dans le courant de l'année 2002 avec les pays qui satisfont à tous les critères d'adhésion.La Commission a proposé aujourd'hui pour la première fois un "partenariat pour l'adhésion" concernant la Turquie, comme la demande en avait été formulée par les Conseils européens d'Helsinki et de Santa Maria de Feira. Le partenariat pour l'adhésion indique les principales priorités auxquelles la Turquie doit s'attaquer pour satisfaire aux critères de Copenhague, et en particulier aux critères politiques.
Tant la stratégie d'élargissement que le partenariat pour l'adhésion concernant la Turquie s'inspirent des "rapports réguliers" qui ont été adoptés aujourd'hui pour chacun des 13 pays candidats. Ces rapports évaluent les progrès réalisés par ces pays dans leur préparation à l'adhésion. Dans l'ensemble, les pays candidats ont accompli des progrès notables à la fois sur le plan économique et sur celui de l'adoption de l'acquis. En revanche, les avancées relatives à la mise en place et au renforcement des institutions nécessaires à l'application de l'acquis ont été inégales.
Nouvelle dynamique à donner aux négociations
Au vu des progrès réalisés à ce jour, la Commission estime que le temps est venu de définir une stratégie visant à faire entrer les négociations dans une phase plus substantielle et à indiquer la voie à suivre pour parvenir à leur conclusion. À cet effet, la Commission
 invite les États membres et les pays candidats à intégrer dans les négociations les questions de fond soulevées par les demandes de mesures transitoires et propose une méthode pour traiter ces demandes, en faisant une distinction entre les cas considérés par la Commission comme étant acceptables, négociables ou inacceptables;
 propose une "feuille de route" détaillée indiquant clairement dans quel ordre il conviendra d'aborder les questions encore non réglées au cours des années 2001 et 2002;
 propose une nouvelle méthode d'ouverture plus rapide de négociations sur les chapitres restants en ce qui concerne les pays candidats avec lesquels des négociations ont été entamées en 2000 (Bulgarie, Lettonie, Lituanie, Malte, Roumanie et Slovaquie), conformément aux conclusions du Conseil européen de Santa Maria da Feira;
 émet des recommandations concernant la mise en œuvre de la stratégie de préadhésion relative à la Turquie.
La stratégie proposée est totalement conforme aux principes définis par le Conseil européen d'Helsinki, qui prévoyaient que chaque pays candidat serait jugé en fonction de ses mérites propres - ceux qui sont entrés plus tardivement dans le processus de négociation ayant la possibilité de rattraper leur retard - et qui engageaient l'Union à être prête à accueillir de nouveaux États membres à partir de la fin 2002.
Voici les principales conclusions tirées par la Commission :
Critères politiques: les résultats d'ensemble concernant le renforcement des institutions démocratiques, le respect de l'État de droit et la protection des droits de l'homme se sont améliorés depuis l'année dernière. La réforme ou le renforcement du pouvoir judiciaire, toutefois, devraient être accélérés afin de garantir le respect de l'État de droit et l'application effective de l'acquis. La persistance de phénomènes de corruption dans la plupart des pays constitue un motif d'inquiétude.
Des progrès tangibles dans ce domaine permettraient aussi de répondre aux préoccupations de l'opinion publique et d'offrir un environnement transparent à l'activité économique. Le problème de plus en plus aigu de la traite des femmes et des enfants dans certains pays exige des mesures vigoureuses. Des efforts soutenus doivent par ailleurs être entrepris pour améliorer la situation des Roms. La Turquie ne satisfait toujours pas aux critères politiques. Elle devrait maintenant adopter les décisions nécessaires pour traduire en mesures concrètes ses intentions en matière de droits de l'homme.
Critères économiques: après les périodes difficiles qui ont suivi les crises asiatique et russe ainsi que celle du Kosovo en 1998 et 1999, la performance économique globale des pays candidats peut être considérée comme satisfaisante au cours de la période d'observation échue. La croissance négative enregistrée par plusieurs pays l'année dernière (Estonie, Lituanie, République tchèque, Roumanie, Turquie) est redevenue positive et a augmenté dans tous les pays candidats au cours de la première moitié de l'année par rapport à la période correspondante de 1999, allant de près de 2% en Lituanie, Roumanie et Slovaquie jusqu'à 6% environ en Estonie, Hongrie, Turquie et Pologne. Le taux de croissance de la Bulgarie, de la Lettonie, de la Slovénie, de Malte et de la République tchèque varie d'un peu plus de 3% à un peu plus de 5%. Globalement, l'augmentation moyenne réelle du PIB en 2000 devrait se situer aux alentours de 4% pour les 10 pays candidats d'Europe centrale et orientale et juste au-dessous de 5% pour la totalité des 13 pays candidats.
Si l'on tient compte des deux critères économiques, on peut dire que Chypre et Malte ont des économies de marché viables et qu'elles devraient supporter tant la pression de la concurrence que le jeu des forces du marché à l'intérieur de l'Union. L'Estonie, la Hongrie et la Pologne disposent d'une économie de marché viable et devraient être en mesure de satisfaire au deuxième critère à court terme (ce qui constitue un progrès depuis le rapport de l'année dernière, qui parlait de "moyen terme"), à condition qu'elles conservent leur rythme de réforme actuel. De même, la République tchèque et la Slovénie peuvent être considérées comme des économies de marché et devraient pouvoir elles aussi satisfaire au deuxième critère à court terme (progrès comparable à celui réalisé par l'Estonie, la Hongrie et la Pologne), pour autant qu'elles achèvent et mettent en œuvre les dernières réformes. La Lettonie peut également être considérée comme une économie de marché, de même que, pour la première fois, la Lituanie et la Slovaquie. Ces trois pays devraient être en mesure de satisfaire au deuxième critère à moyen terme, à condition qu'ils mettent en œuvre les programmes actuels de réforme structurelle et entreprennent d'autres réformes si nécessaire. La Bulgarie ne satisfait à aucun des deux critères, mais a indubitablement accompli des progrès substantiels dans ce sens. La Turquie doit continuer à améliorer le fonctionnement de ses marchés et à accroître sa compétitivité pour satisfaire aux critères.
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