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Prodi contre l' "intergouvernemental" !
Dans son discours au Parlement européen (3 octobre 2000) le Présiident de la Commission européenne, a frappé ses auditeurs par la hardiesse de ses propos.
M. Prodi s'en est pris à la mainmise des gouvernement sur le communautaire. En effet, actuellement, le centre d'influence communautaire s'est déplacé de la Commission européenne au Conseil des Ministres (nationaux).
Le Professeur PRODI estime que l'« intergouvernemental » ne suffit plus, l'Europe ne peut plus avancer par les seuls compromis entre Etats. A l'Europe des capitales, il faut préférer l' «Europe communautaire », l'Europe de la base, à partir de choix faits par les citoyens à travers leurs représentants élus.
L'heure est grave, au moment où des visions contradictoires sur l'avenir de l'Europe sont exprimées par la France, l'Allemagne ou le Benelux, dans le cadre du débat sur la réforme institutionnelle de l'Union avant l'élargissement.
Des Etats membres privilégient la simple coopération entre gouvernements et sont prêts à sacrifier le modèle communautaire basé sur la Commission qui propose, le Conseil et le Parlement qui décident, les députés contrôlant le tout.
Ceux qui prônent la coopération risquent de transformer l'Union européenne soit en "un centre de débats internationaux" ou d'"abuser les citoyens en créant de nouveaux domaines échappant à tout contrôle démocratique", parce que confiés au gouvernement des bureaucrates !
L'instauration par les "Quatorze" de sanctions contre l'Autriche après l'arrivée de l'extrême-droite au pouvoir dans ce pays a abouti à une confusion de rôles, a-t-il estimé.
M. Prodi souligne aussi la tragique incapacité dont l'Europe a fait preuve dans la guerre des Balkans. "Ce n'est pas notre action qui nous a fait perdre en crédibilité, mais notre incapacité d'agir !"
"La gestion actuelle de la politique économique projette l'image d'une Europe hésitante et confuse", a-t-il ajouté. La Commission doit être, en contrepoids à la Banque centrale eourpéenne, le porte-parole, la voix de la politique économique de l'Union".
Romano Prodi a également critiqué la création du Haut représentant de la Politique étrangère et de sécurité commune (Pesc), Javier Solana, qui n'est responsable que devant les quinze gouvernements. Le modèle actuel n'est pas tenable à l'avenir : la fonction de "Monsieur Pesc" doit être intégrée dans la Commission.
"Nous avons réalisé de grandes choses au cours des cinquante dernières années, mais nous ne devons pas commettre l'erreur d'abaisser la garde en considérant que ces résultats sont irréversibles" (le marché unique, les politiques communes et les mécanismes de solidarité).
Par son discours provocateur, Prodi a séduit le Parlement européen qui ne l'a pourtant jamais épargné depuis son accession à la présidence de la Commission, mais semble aujourd'hui vouloir se battre à ses côtés !
Hans-Gert Pöttering,Président du groupe PPE a salué son "discours monumental", tandis qu'Enrique Baron Crespo, chef du groupe socialiste, a souligné la "rentrée politique" de Prodi. "C'est votre meilleure performance", a ajouté Pat Cox, chef du groupe libéral.
On en s'en étonnera pas, Pierre Moscovici, représentant le Conseil des ministres a refusé les deux revendications de Romano Prodi sur l'euro et la Pesc.
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