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La réforme de l'Europe est dans l'impasse !
Si l'on fait un tour d'horizon de la presse européenne et internationale, on doit constater que les journalistes se montrent en général conscients et responsables des gros risques que court l'Union européenne, à deux mois du Sommet européen de Nice.
C'est comme si nos dirigeants nationaux étaient frappés de stupeur, à la vue de la dégringolade de l'euro et de la tentative d'impulsion fédéraliste du chef de la diplomatie allemande, Joschka FICHER.
Tant les Présidences portuguaise et française que la plupart des Etats membres ont promis une réforme institutionnelle ambitieuse pour se préparer au choc de l'élargissement à l'Est. Mais tous les observateurs sont d'accord :
Aujourd'hui, les négociations sont au point mort, faute de volonté politique sur la composition de l'exécutif européen (la Commission), sur l'équilibre entre grands et petits pays membres, sur l'extension du vote à la majorité au sein du Conseil de l'Union, et sur le mécanisme des "coopérations renforcées" permettant à ceux des Etats qui veulent aller plus loin, d'approfondir l'intégration sans en être empêchés par les Etats récalcitrants.
Le français Hubert VEDRINE, Président du Conseil vient pourtant de déclarer que "la vraie négociation a commencé". Il veut sans doute faire allusion aux réformettes réunissant un consensus :la nomination d'un secrétaire général adjoint venant épauler M. SOLANA, et la désignation des membres des organes consultatifs comme le Comité des Régions et le Comité économique et social !
Et pourtant les Etats membres devraient savoir que la seule chose qui pourrait relancer le cours de l'euro serait d'annoncer qu'il existe un début d'accord entre les Quinze à propos de la réforme de l'Union européenne et qu'ils décideront au Sommet de Nice, de mettre ces réformes en marche.
Cette manière européenne de faire les choses se révèle épuisante pour les médias et les citoyens. Il y a 8 ans déjà à l'occasion de la signature du Traité d'Union européenne (Maastricht), nos dirigeants savaient déjà que se lancer de front dans l'élargissement à l'Est et dans la création d'une monnaie unique exigerait tout un ensemble de mesures d'intégration économique et politique, ainsi qu'un mode de fonctionnement différent.
Et somme toute, les réformes institutionnelles qui font aujourd'hui problème, constituaient déjà la pierre d'achopement, laissée au frigo, lors de la signature du Traité d'Amsterdam en octobre 1997. Et l'on entend maintenant le représentant allemand proposer une nouvelle Conférence intergouvernementale, en cas d'échec, au Sommet de Nice, de celle en cours !
Mais il sera très difficile de demander aux marchés financiers et même aux citoyens de rester calmes si le sommet de Nice se solde par un révoltant échec !
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