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Situation au Moyen Orient
Les principaux acteurs de la situation israélo-palestinienne se sont rencontrés devant le Parlement européen, le 5 septembre 2000
L'Union européenne est prête à prendre toute sa part dans le processus de paix
Le Président du Conseil des Ministres, le français M. MOSCOVICI les a salués, en mettant en évidence les espoirs et les risques qui découlent du dernier Sommet de Camp David. Les nouvelles perspectives ouvertes offrent en effet la possibilité de vois se clore un demi-siècle de conflits. Le risque est grand également, en cas d'échec, d'un regain de violence.
Dressant un bilan mitigé de la mise en oeuvre de l'accord de Sharm el Cheik,M. Moscovici s'est félicité des perspectives ouvertes par Camp David qui a créé une dynamique nouvelle. Il faut toutefois se garder de toute euphorie car aucune des avancées ne peut être considérée comme définitive tant qu'il n'y a pas d'accord global.
Les progrès engrangés doivent être consolidés et de nouvelles avancées doivent être rendues possible. Dans un contexte particulièrement délicat (élections aux Etats-Unis, rentrée parlementaire israélienne et indépendance palestinienne ne pouvant être indéfiniment reportée) la "fenêtre d'opportunité" ne doit pas se refermer.
L'Union européenne est prête à prendre toute sa part dans le processus en cours, à la fois, en contribuant à rechercher des solutions et à aider à leur mise en oeuvre. L'Union européenne entend formuler des propositions constructives et équilibrées et, M. Moscovici a rappelé que la moitié de l'aide aux territoires palestiniens provenait de l'Union européenne.
Pour M. MOSCOVICI l'avènement d'un Etat palestinien est inévitable et l'Union européenne ne peut opposer aucun veto aux droits des palestiniens à disposer d'un Etat. L'union européenne préfère cependant, sans en faire une condition, que cet état soit proclamé aux termes de négociations abouties.
M. Moscovici a encore mis en évidence l'importance d'une paix globale dans la région et rappelé les dispositions de l'Union européenne à travailler à un accord tant avec la Syrie qu'avec le Liban.
Dans ce dernier pays, si le retrait d'Israël a créé une nouvelle donne, la situation reste très fragile. Toutefois, l'Union européenne est prête à prendre sa part dans la reconstruction du Liban sud. Avec la Syrie, et même si les positions présentes restent inconciliables, M. MOSCOVICI a plaidé pour un accord basé sur la résolution 242 du Conseil de sécurité qui prévoit un échange de territoires contre la paix.
50 % de l'aide économique à la Palestine provient de l'Union européenne.
Le Commissaire européen aux affaires extérieures, M. Chris PATTEN s'est lui aussi félicité du rapprochement entre les parties intervenu à Camp David. Il estime que l'on a n'a jamais été aussi proche de la paix. Dans ce contexte, il estime qu'il serait sage de reporter la déclaration d'un état palestinien. Le Commissaire estime que les divergences entre Israël et la Syrie peuvent être surmontées et rappelle que l'Union européenne aidera le Liban sud dès que possible.
Au-delà de la situation politique, M. Patten a principalement mis l'accent sur la réalité économique d'une croissance économique en stagnation et d'un taux de chômage très élevé. Il a rappelé que 50 % de l'aide économique à la région provient de l'Union européenne. Il s'agit là d'un investissement considérable et les ressources que l'Union européenne y consacre doivent être mieux utilisées.
La Palestine demande à l'Europe unifiée de jouer un rôle conforme à la tradition de sa culture et de sa civilisation
Le Président du Conseil législatif palestinien M. Amhad QURIE espère et continue à espérer franchir les premières années du 21ème siècle en ayant préparé leurs régions pour une nouvelle époque sans lutte, sans guerre meurtrière, sans violence et sans terrorisme et créer avec le concours de l'Europe une place propice à la paix et à la coexistence entre les peuples d'une région qui a longtemps souffert des affres de terribles luttes sanglantes.
M. QURIE déclare avoir fourni un effort modeste mais continu afin de consolider les fondements de coopération parlementaire entre les deux instances qu'ils représentent et d'oeuvrer autant que possible pour la consolidation et le succès du processus de paix. Les difficultés, quelles que soient leur importance ne doivent ni vaincre les rêves de leurs peuples ni détruire leur espoir de vivre en sécurité et en paix.
Ils ont pour priorité de raviver les espoirs qui étaient restés longtemps absents ou cachés en préparant l'environnement politique et économique régional à l'établissement de relations de développement et de collaboration économique régionale permettant un afflux des investissements et des projets vers une région épuisée par les conflits et saignée par le coût exorbitant des guerres.
M. QURIE rappelle les prises de position qui orientent les négociations actuelles : la clé de la solution réside dans l'accord à propos des questions fondamentales et principales : Jérusalem, les réfugiés, la terre, les frontières, la question des implantations et la sécurité.
Il ne faut pas reporter la solution d'une question principale; si l'accord ne porte pas sur toutes les questions, il n'y a pas de solution.
L'accord pour chaque question doit comporter la reconnaissance du principe, l'accord relatif aux modalités d'exécution, l'accord relatif à la période d'exécution.
Des garanties internationales doivent être obtenues pour l'exécution et un mécanisme international doit être prévu pour l'arbitrage en cas d'émergence de différents.
C'est ainsi que non seulement une paix mais une paix juste et une paix durable pourront être obtenue.
Il est demandé à l'Europe unifiée, de jouer un rôle conforme à la tradition de sa culture et de sa civilisation appelant aux principes de la liberté, de l'émancipation et des droits de l'homme pour favoriser tout ce qui contribue à faire avancer le processus de négociation.
La Knesset appelle de ses voeux la déclaration d'un Etat palestinien qu'Israël sera le premier à reconnaître
Le Président de la Knesset, M. Abraham BURG a déclaré que "demain sera meilleur qu'aujourd'hui" et que le jour de la paix viendra au Moyen-Orient.
Le Président de la Knesset a rappelé le système de valeurs que représente l'Europe à ses yeux et estime que l'enjeu au Moyen-Orient revient à lutter contre notre ennemi commun et l'ennemi de la paix que représente l'intégrisme religieux. Nous n'avons pas d'alternative et seulement deux options s'offrent à nous : "la paix ou l'obscurantisme religieux".
Devant cette alternative, M. BURG "préfère la frustration des négociations aux funérailles des guerres". L'évolution du processus historique est inéluctable et, d'ici cinq ans, dix ans, tous les obstacles qui semblent aujourd'hui insurmontables seront abolis.
Les résultats engrangés par les négociateurs sont aujourd'hui très bons et, si le Président de la Knesset reconnaît que le droit international est très important, il met également en évidence les systèmes de valeur de chacun qui sont au moins aussi importants que les textes juridiques.
Dans ce contexte, il plaide pour que l'on trouve des solutions pratiques à nos problèmes historiques et que l'on prépare l'arrière plan spirituel des compromis.
Evoquant le problème des réfugiés, il a souligné que celui-ci n'était pas unilatéral. En effet, "des millions de juifs sont des réfugiés des Etats arabes".
En ce qui concerne Jérusalem, M. BURG considère que "personne ne peut contraindre Ehud BARAK à renoncer à Jérusalem". S'il sera le dernier à mépriser le caractère saint de Jérusalem pour les autres religions, il entend également défendre le droit de tous; y compris celui des juifs qui ont attendu pendant 3000 ans. Il n'y aura pas de paix sans respect des lieux saints.
Abu ALA doit dire à son peuple que Jérusalem n'est pas moins saint pour les Juifs que pour les autres religions et, le Président de la Knesset a rappelé l'idée de feu Hussein de Jordanie qu'il a qualifié d'"idée merveilleuse" et qui vise à restituer la souveraineté de Jérusalem à Dieu.
Le Président de la Knesset a appelé de ses voeux la déclaration d'un Etat palestinien qu'Israël sera le premier à reconnaître. Une fois cet Etat établi, les deux pays pourront mener un "dialogue entre égaux".
Concluant sur la même note optimiste, le Président de la Knesset a souligné que "hier nous n'étions des ennemis, demain nous serons des amis et aujourd'hui, nous sommes presque des amis". C'est la sagesse qui lui permet de dire que "l'adversité n'est pas éternelle" La sagesse lui fait dire "qu'il n'y a pas d'alternative à la paix".
Le Parlement européen ne ménagera pas ses efforts
La Présidente du Parlement européen, Mme Nicole FONTAINE a conclu la rencontre en se réjouissant des déclarations des deux Présidents sur Jérusalem. Le statut international évoqué et la possibilité de confier à Dieu la souveraineté sur cette ville sont des "pistes à considérer avec beaucoup d'intérêt". Au-delà de ces deux propositions, ce qui est important c'est de voir qu'il existe des ouvertures.
Dans ce moment particulièrement important, le temps est venu pour une paix juste et durable et, dans la construction de cette paix, le Parlement européen ne ménagera pas ses efforts et sera à vos côtés a-t-elle encore précisé.
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