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Le Débat "Fischer"
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Le Ministre allemand des affaires étrangères, Joschka FISCHER, a relancé le grand débat sur l'évolution de la construction européenne vers une Europe constitutionnelle et fédérale. Les réactions n'ont pas manqué.
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Invité sur la chaîne TV française, France 2, Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Intérieur commente la pensée de Joschka Fischer en déclarant que l'Allemagne "rêve toujours du Saint Empire romain germanique" et "ne s'est pas encore remise du déraillement qu'a été le nazisme dans son histoire".
Nicole Fontaine interpelle le Premier Ministre français, Lionel Jospin au sujet de Chevènement
La présidente du Parlement européen se déclare scandalisée par la déclaration du Ministre de l'intérieur français, sur l'Allemagne qui "porte atteinte à la crédibilité de la politique européenne de la France".
Pour Nicole Fontaine, oser dire en l'An 2000 que l'Allemagne "ne s'est pas vraiment guérie de ce déraillement qu'a été le nazisme dans son histoire" constitue une grave faute politique de la part du ministre français de l'intérieur et une méconnaissance totale de ce qu'est l'Allemagne d'aujourd'hui.
Et Me Fontaine d'ajouter qu elle attend, à la veille de la présidence française de l'Union européenne, du Premier Ministre Lionel Jospin qu'il désavoue publiquement Monsieur Chevènement.
Au moment, dit-elle, où le couple franco-allemand a plus que jamais besoin de constituer le moteur de la construction européenne, les autorités françaises doivent prouver à ceux qui croient encore à une relance de l'Union qu'elle ne tiennent pas de double langage.
Pour sa part, Nicole FONTAINE estime, à titre personnel, contrairement à Monsieur Chevènement, que la perspective tracée par Monsieur Joshka Fischer est la bonne même s'il faudra sans doute du courage et du temps pour la voir se concrétiser et qu'elle ne saurait dispenser des progrès indispensables attendus dans le cadre de la prochaine réforme des institutions.
De son côté, le Ministre belge des affaires étrangères, Louis Michel a déclaré que l'objectif prôné par M. Fischer - doter l'Union d'une constitution - lui paraissait indispensable. Et d'ajouter :
"Si nous voulons que celle-ci devienne vraiment l'affaire des peuples, il nous faut un pacte fondamental qui exprime la volonté de vivre ensemble sur la base de valeurs, de principes et de règles clairs et stables. Pourrait ainsi prendre corps, selon l'expression utilisée, un «patriotisme constitutionnel» qui contribuerait aussi à reconstruire l'identité européenne.
M. Michel défend lui aussi l'idée d'une avant-garde d'Etats membres qui puissent renforcer cette intégration avant les autres. Non pour entretenir une quelconque nostalgie de ce que fut la «petite Europe des Six», dit-il, mais pour ancrer au sein de la grande Europe en formation l'esprit et la méthode qui ont fait jusqu'ici le succès de l'aventure européenne."
Pour le député vert européen, Daniel Cohn-Bendit, il existe peu de personnalités européennes capables aujourd'hui de dessiner une grande vision de l'Europe. Et cette vision nouvelle ne viendra pas non plus des vieux de la vieille. Moi je veux, dit-il, de nouveaux pères et mères fondateurs ! Et ceux-ci émergeront grâce à une mobilisation de notre imagination politique et sûrement pas par l'une des énièmes et désespérantes petites réformes qui ne font qu'ajouter à l'enlisement actuel de l'Union.
Evoquant l'opposition de certains pays à une Constitution européenne, Cohn-Bendit a dit que le Royaume-Uni et le Danemark doivent choisir entre être dedans ou dehors; "le double jeu permanent doit prendre fin un jour, pour éviter d'être confrontés à une sorte de chantage permanent".
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