Régions Magazine - Quel est votre regard
sur la situation économique régionale ?
Michel Fromont - J'ai
pleinement conscience des problèmes économiques auxquels
se heurte notre région et qui sont connus de tous : crise
viticole, changement d'identité du tourisme régional,
bassin d'emploi à structurer dans une synergie
méditerranéenne, voire européenne. Ces
préoccupations majeures sont au cœur des réflexions
de notre Conseil régional auquel j'apporterai tout notre
soutien. S'inscrire dans une opportunité d'ouverture
extra-régionale et européenne pour apporter des solutions
est le moteur de mon mandat. Mes objectifs prennent en compte un
constat économique que je ne peux ignorer. Ils sont
fondés sur l'avenir et animés par la volonté de
positionner la CRCI comme " fer de lance ", d'initier et de
développer des projets régionaux, inter-régionaux
et européens en synergie avec les instances régionales.
R.M. - Dans le
cadre de votre programme d'action, vous souhaitez un partenariat
institutionnel fort avec la région. Comment concevez-vous ce
partenariat ?
M.F. - Je souhaite
l'ouverture d'un dialogue, franc et productif, avec l'ensemble des
représentants des collectivités territoriales et avec les
syndicats patronaux. Je mettrai tout notre savoir-faire au service de
l'élaboration d'une ingénierie efficace permettant de
réaliser avec les instances régionales les projets
d'ouverture les plus ambitieux. Nous devons être le principal
opérateur à l'international en faveur des entreprises
avec le Conseil régional et la Direction du commerce
extérieur.
Nous souhaitons être l'un des catalyseurs du
projet " Grand Sud " qui fédèrerait les
CRCI couvrant l'arc Lombardie-Catalogne afin d'imposer la région
méditerranéenne au cœur du croissant
européen.
Bien entendu ces projets n'occultent pas le souci
que nous avons de valoriser avec la Région l'ensemble des
infrastructures gérées par les CCI
(ports, aéroports, organismes de formations,
de transmission d'entreprises).
R.M. - Vous
réorganisez également les compétences et les
délégations des CCI du LR. Quelles réorganisations
pour quels objectifs ?
M.F. - La
réorganisation de nos CCI passe par la concertation et par la
construction d'une cohésion au sein de la CRCI. Une meilleure
écoute, une meilleure communication doivent en être
l'enjeu majeur. La CRCI LR doit se positionner en tant que "
Chambre des chambres ", être un organe
fédérateur et un porte-parole attentif. Notre soutien
actif a pour ambition de permettre aux CCI d'étendre leurs
compétences et de faire entendre leur voix. La mise en place de
services clairement définis doit permettre aux CCI une meilleure
coopération avec le réseau consulaire. Nos objectifs
convergent tous vers une optimisation des compétences au service
des entreprises et de la région.
R.M. - La
région LR bénéficie de trois pôles de
compétitivité à vocation nationale. Aucun à
vocation mondiale. Vous avez annoncé souhaiter en prendre la
maîtrise d'ouvrage. Comment cela se passe-t-il
concrètement ?
M.F. - Nous
accorderons pleinement notre soutien aux trois pôles de
compétitivité : Qualimed, pôle porté par
Agropolis sur le " bien manger méditerranéen "
; Trimatec, pôle de valorisation des technologies innovantes et
du savoir-faire de la filiale nucléaire ; et celui des
énergies renouvelables, constitué autour de
l'université de Perpignan.
Affirmer qu'aucun de ces pôles n'a de
vocation mondiale est prématuré. En effet, qu'il s'agisse
de bien manger, de nucléaire ou d'énergies renouvelables,
chacun de ces pôles traite de