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Régions Magazine - Le Groupe Thales est impliqué dans plusieurs pôles de compétitivité en France et en particulier le pôle System@Tic Paris-Region dont vous présidez le Bureau Exécutif. Comment s'est passée cette démarche et, en tant qu'industriel, qu'attendez-vous à plus ou moins long terme des pôles de compétitivité ?

Dominique Vernay - Dans le groupe Thales, nous avons réfléchi, il y a bien 5 ou 6 ans maintenant, au modèle que l'on souhaitait développer en matière de recherche et de technologie. Nous avions clairement décidé d'aller vers un modèle coopératif avec des partenaires académiques et industriels. Quand les pôles de compétitivité ont fait l'objet d'un appel à projets, nous étions prêts. Nous avons donc été un des acteurs industriels les plus actifs lors de l'appel d'offres et nous sommes aujourd'hui présents dans 7 des 15 pôles mondiaux ou à vocation mondiale et, bien
Dominique VernayDirecteur Technique du Groupe ThalesPréside
souvent, dans le Bureau Exécutif ou le Comité de Pilotage.
Nous attendons des pôles, d'une part que se mettent en œuvre rapidement des projets concrets nous permettant de développer notre activité de recherche et technologie ; d'autre part, que s’enracinent très fortement les coopérations afin que se développent rapidement des éco-systèmes technologiques sur lesquels nous pourrons nous appuyer pour répondre à nos marchés. Thales doit être une entreprise compétitive ; ceci nécessite que son environnement le soit. Cependant, il faudra 3 à 5 ans pour qu'un pôle de compétitivité atteigne ses objectifs en termes d'impact économique.
L'idée, c'est de transformer profondément les relations entre les acteurs, sachant qu'elles étaient auparavant assez " légères " en France, avec d'un côté une logique académique et de l'autre, une logique de compétitivité recherchant plutôt des coopérations internationales pour se rapprocher des marchés, que locales. En quelque sorte, une re-découverte de notre environnement local, tant en termes de fournisseurs que de recherche et développement, s'opère ici.

R.M. - Vous êtes présents dans plusieurs régions. Quel constat faites-vous de la situation du développement économique régional en France ?

D.V. - En France, nous sommes dans une situation assez critique puisque le poids de l'industrie dans le PNB a eu tendance à décroître dans les dernières années. Comme le PNB croît faiblement, cela signifie que nous avons perdu des positions dans la compétition mondiale. Contrairement à d'autres régions du monde, nous n'avons pas, en effet, la même qualité d'interaction entre les différents acteurs économiques. Il manque en France notamment la catégorie des entreprises technologiques de dimension moyenne (entre 500 à 2000 personnes) pouvant être des fournisseurs fiables de nos entreprises. En Allemagne, par exemple, cet éco-système existe (en particulier dans le domaine mécanique) et contribue de manière très importante aux exportations allemandes.
Les entreprises sont très largement mobilisées dans les pôles parce qu'elles pensent qu'ils peuvent avoir des conséquences bénéfiques pour l'économie régionale et nationale et
pour leur compétitivité. Il faut donc que les schémas régionaux de développement économiques et les pôles de compétitivité soient coordonnés.

R.M. - Où en est aujourd'hui le Pôle System@tic ?

D.V. - Nous avons maintenant bien décollé puisque pour cinq de nos projets initiaux, nous avons eu, en 2005, 26 millions d'euros de financements publics (DGE : 18,5 M€, Agence nationale pour la recherche : 8 M€, Conseil régional : 4,5 M€, Départements : 78 (1,8 M€), 91
(512 K€), 92 (850 K€)) et le double de la part des groupes industriels comme Dassault, Thales, Bull, Renault et EADS. Notre gouvernance fonctionne également bien avec un Bureau Exécutif de 15 personnes qui contribuent à la dynamique du pôle.

R.M. - Quels sont vos souhaits pour l'avenir ?

D.V. - Je pense que cette démarche de travail en réseau est tout à fait exemplaire. Elle a fait ses preuves notamment en Italie et bien sûr aux états-Unis. Le virus positif de la coopération doit l'emporter en France. Les collectivités territoriales doivent apprendre, elles aussi, à travailler réellement en réseau. L'intérêt régional doit l'emporter pour que de véritables projets puissent s'installer durablement.
D'autant plus que la compétition est aujourd'hui européenne. La question, ce n'est plus la compétition entre régions françaises, mais bien la compétition européenne voire mondiale. Les programmes européens de R&D qui se mettent en place vont permettre de véritables collaborations pertinentes entre les acteurs régionaux participants à des régions différentes au sein de l'Europe. Tout l'enjeu, à mon sens, pour les régions françaises, c'est de monter très rapidement en dynamique de façon à créer vis à vis des acteurs européens des pôles d'attraction. Il va y avoir des championnats en Europe pour lesquels nous devrons être bien placés sur un certain nombre de thématiques, faute de quoi les entreprises françaises seront obligées d'aller chercher la compétence ailleurs !

Pour en savoir plus sur la gouvernance et l'actualité du pôle :
www.systematic-paris-region.org
D.tif
thales
Les principales participations de Thales dans les pôles

-System@tic Paris-Région (Ile de France)
-Aéronautique, Espace & Systèmes Embarqués (Aquitaine et Midi-Pyrénées)
-Pôle Mer (Bretagne et Provence-Alpes-Côte d'Azur)
-Cap Digital (ancien IMVN sur l'Ile de France)
-Images & Réseaux  (Bretagne)
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