

Régions Magazine - Dans le cadre du SRDE, la CRCI a établi un diagnostic
du développement économique de la région capitale.
Pouvez-vous nous en donner les grandes lignes ?
Pierre Simon - En
juillet dernier, j'ai transmis au nom du réseau des CCI de Paris
- Île-de-France au Président du Conseil régional,
M. Jean-Paul Huchon, le diagnostic du développement
économique de l'Île-de-France.
Au nombre des points forts, l'Île-de-France
est la 2e région d'Europe pour l'accueil des investissements
étrangers, dispose du premier réseau de transports en
commun au monde par sa densité, et figure au premier rang des
régions d'Europe en matière d'innovation et de recherche
et développement.
Mais d'autres éléments du diagnostic
sont moins favorables.
Outre la persistance de l'engorgement du
réseau routier, l'absence de liaisons rapides entre Roissy/Orly
et le coeur de la capitale ou l'insuffisance de l'équipement en
réseaux hauts débits des départements de la grande
couronne, l'attractivité de l'Île-de-France auprès
des actifs de 30 à 50 ans recule, pour des raisons liées
à la qualité de vie et au coût du logement.
Alors que la région capitale est
engagée dans la bataille de l'attractivité que se livrent
les grandes métropoles mondiales, il convient de tordre le cou
aux idées reçues : l'Île-
de-France dispose d'atouts considérables,
qui bénéficient d'ailleurs à l'ensemble du pays,
mais elle doit aussi relever de sérieux défis pour
conserver son leadership européen dans ses domaines d'excellence
(accueil de congrès et salons, activités de la place
financière…).
R.M. - Quelle
contribution la CRCI et les CCI locales apportent-elles à
l'élaboration du SRDE et à la révision du
SDRIF ? Quelle stratégie économique régionale doit
être mise en œuvre pour accroître
l'attractivité de la région capitale ?
P.S. - Ces deux
dossiers stratégiques sont très liés, le SRDE
ayant vocation à constituer le volet économique du SDRIF.
S'il n'appartient pas aux CCI de définir la
stratégie régionale de développement
économique et d'aménagement du territoire, elles sont
cependant légitimes à exprimer les besoins et les
attentes des 420.000 entreprises franciliennes ; leur réussite
conditionne l'emploi.
Quatre principes d'actions les résument :
assurer un potentiel de croissance élevé à
l'Île-de-France en favorisant l'innovation et la croissance de la
population, faire de la création-reprise d'entreprises
pérennes un levier privilégié de croissance,
maintenir la diversité des activités économiques
pour relever le défi de l'attractivité et de la
compétitivité. Enfin, développer les
territoires qui sont aujourd'hui en retrait pour accroître la
croissance de la région au plan global.
Ainsi, renforcer l'attractivité de la
région auprès des actifs suppose que soient
apportées des réponses d'envergure aux problèmes
du logement et de l'inadéquation de certaines qualifications aux
besoins du marché. Les CCI participent activement à la
réflexion engagée.
Par ailleurs, elles soulignent l'importance des
leviers d'aménagement du territoire au service de
l'attractivité, que sont notamment : une offre performante
d'infrastructures de transports et la préservation des emprises
foncières nécessaires pour le
développement économique à
long terme.
R.M. - Quel
rôle ont joué la CRCI et les CCI dans la constitution des
pôles de compétitivité ?
P.S. - Inspirés
du modèle des clusters, très répandu aux états-Unis et en
Europe, les pôles de compétitivité sont des
structures de coopération transversale qui réunissent
trois acteurs clefs : entreprises, unités de recherche et
centres de formation autour de projets innovants.
Les CCI de Paris - Île-de-France ont
participé au montage des dossiers de candidature à la
labellisation et prennent une part active dans l'activité

des pôles.
Pour participer à la gouvernance de chacun
d'entre eux, la CRCI Paris - Île-de-France a ainsi désigné
un ou deux élus consulaires " référents
" par pôle.
R.M. - Qu'attend le
réseau consulaire des pôles de compétitivité
?
P.S. - Mieux
associer les PME - PMI aux projets innovants portés par les
pôles est l'un des objectifs prioritaires du réseau
consulaire. En termes d'activités et d'emplois, l'enjeu est
d'importance puisque le rythme de diffusion du progrès
technologique à l'ensemble du tissu économique constitue
un facteur de croissance déterminant.
Pour ce faire, la CRCI a proposé aux CCI
d'Île-de-France l'adoption d'un référentiel commun
des prestations. Il détermine les priorités de l'action
collective au plan régional avant d'être
décliné par chaque CCI selon les besoins locaux et le
contenu des projets auxquels elles participent.





“ l'institution consulaire
représente une force de propositions et d'actions
extrêmement utile, reconnue et écoutée des
institutions européennes. ”