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Régions Magazine - En 2006, vous mettez la priorité sur le renforcement de l'attractivité et de la compétitivité de nos territoires, avec quatre chantiers majeurs : les pôles de compétitivité, les pôles d'excellence ruraux, l'innovation dans les services publics et la “ fracture numérique ”. Où en sont ces quatre chantiers ? Concernant plus particulièrement les pôles de compétitivité, qu'en attendez-vous à plus ou moins long terme ?

Christian Estrosi - Concernant les pôles de compétitivité, 2006 sera l'année de mise en oeuvre de cette politique. L'état sera aux côtés des acteurs locaux, pour accompagner et dynamiser les projets qui vont entrer dans leur phase opérationnelle. Désormais, 64 pôles de compétitivité - sur 66 - sont dotés d'un contrat-cadre validé et les deux derniers, qui ont d'ailleurs fusionné, devraient l'être au prochain CIACT. Les premiers contrats cadres ont déjà été signés. Le décret de zonage "Recherche & Développement" devrait sortir sous un mois. Tous les crédits promis par l'état - exonérations fiscales et sociales et subventions directes - sont budgétés pour cette année. Nous sommes en ordre de marche. Le souci du gouvernement a été de répondre aux préoccupations et aux attentes des acteurs économiques qui veulent de la
simplicité, de la réactivité, des actes. En un mot, que nous nous mettions au diapason du monde de l'entreprise, que nous parlions la langue de l'efficacité. C'est pourquoi le prochain CIACT, sur proposition de Nicolas Sarkozy et de moi-même, adoptera tout un train de mesures de simplification de nos procédures en matière de pôles de compétitivité avec deux mesures-phare : 
un fonds unique de financement et un guichet unique d'instruction des dossiers.
Sur le dossier du numérique, nous avançons avec détermination pour apporter la téléphonie mobile, le haut débit, ainsi que la télévision numérique gratuite dans toutes les communes de France. Notre objectif est de faire de la France de 2007 un territoire " tout numérique ". Plus de 600 des 3.000 communes qui n'étaient pas couvertes en téléphonie mobile sont désormais sorties de ces " zones blanches ". C'est six fois plus en six mois et nous serons à la moitié du programme à la fin de cette année. Pour le haut débit, nous participons à l'effort des collectivités locales dans le cadre de leurs nouvelles compétences et nous soutenons les technologies alternatives comme le WIMAX, les réseaux WIFI maillés…, pour apporter un complément de couverture à l'ADSL. Enfin, nous mettrons en service un bouquet satellite gratuit pour compléter la couverture de la télévision numérique terrestre (TNT).

R.M. - Dans cette nouvelle forme de gouvernance (l'appel à projets), quel rôle pour l'Etat et avec quels moyens ?

C.E. - Je préfère parler d'aménagement des territoires et non plus d'aménagement du territoire. Il est révolu le temps où, de Paris, les administrations décidaient de manière uniforme pour l'ensemble du pays de ce qu'il fallait faire ou ne pas faire. Et le glissement n'est pas que sémantique. C'est une nouvelle manière de voir les relations qui unissent l'Etat et les collectivités territoriales. La France des montagnes n'est pas la France des littoraux, la France des villes n'est pas la France du rural. Il faut des réponses adaptées à chaque situation. C'est ma conception de l'égalité républicaine, de l'équité républicaine pour être plus précis. Dans ce nouveau contexte, l'Etat a, évidemment, des priorités.
Mais il ne les impose pas. Il propose des outils, des moyens de financement. Aux territoires les plus dynamiques de se les approprier.
Christian EstrosiMinistre délégué à l'Aménagement du Territo
Christian Estrosi.tif

R.M. - L'ARF a pris position le 8 février pour dénoncer cette pratique de l'appel à projets systématique qui élude, selon elle, le rôle et les compétences des Régions comme chef de file en matière d'aménagement du territoire et du développement économique…. Qu'en pensez-vous ?

C.E. - L'aménagement du territoire est une compétence partagée entre les Régions et l'Etat, chacun à son niveau. Il n'y a pas de collectivité "chef de file" sur le sujet et d'ailleurs le droit de la décentralisation proscrit toute tutelle d'une collectivité sur une autre…. Ce serait d'ailleurs bien difficile tant l'aménagement du territoire est une matière qui concerne tous les niveaux de collectivités - communes, intercommunalités, départements et régions. L'Etat y a donc toute sa place pour assurer une certaine cohérence de
“ Je préfère parler d'aménagement des territoires et non plus d'aménagement du territoire. Il est révolu
le temps où, de Paris, les administrations décidaient de manière uniforme pour l'ensemble du pays de ce qu'il fallait faire ou ne pas faire.
Et le glissement n'est pas que sémantique. C'est une nouvelle manière de voir les relations qui unissent l'Etat et les collectivités territoriales.  ”
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