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L’homme
de la
décentralisation
Jean-Pierre Raffarin nommé à
Matignon, c’est un signal fort donné aux
collectivités locales, et en particulier aux conseils régionaux.
L’ “homme rond dans un
corps carré” , comme cela a été dit
- et ne déplaît sans doute pas à l’intéressé
- est-il devenu premier ministre parce qu’il a su plaire à
Alain Juppé ou parce qu’il inspirait plus
confiance au président de la République que tel
autre prétendant ? Peu importe.
Le programme de Jean-Pierre Raffarin était
connu depuis des années. Ses principes ne sont pas
nouveaux et ne doivent rien à l’air du temps. Les
acteurs de la décentralisation et de la vie régionale
en étaient informés. La “République
d’en bas” opposée à celle des ministères
et à la morgue jacobine, les lecteurs de Régions
Magazine en avaient entendu parler dès 2000 : le président
de l’ARF en avait fait une vraie profession de foi,
appuyant sa démonstration sur un constat de carence de
la décentralisation.
Il faut certes reconnaître que la
situation, depuis lors, s’est un peu améliorée.
Le président de Poitou-Charentes, qui pouvait - et
savait - dire tout haut ce que même ses collègues
de l’autre bord pensaient tout bas, s’est fait
entendre du précédent gouvernement.
Le président de la République
réélu, dans les conditions que l’on connaît,
ne s’est évidemment pas déterminé
par hasard sur le choix d’un homme portant un tel
message. L’entrée au gouvernement de trois autres
responsables régionaux, François Fillon, Roseline
Bachelot et Nicole Ameline, elle-même chargée de
la décentralisation dans le gouvernement Balladur de
1995, complètent utilement le tableau : la nouvelle
politique de proximité imposée par les leçons
du premier tour de la présidentielle devrait s’appuyer
sur les élus de terrain.
Les Régions ont enfin réussi
à finaliser leur convention avec la SNCF malgré
un grand nombre de petits détails qui reste à régler
et on ne peut que s’en féliciter.
La voie choisie par les pouvoirs publics
français est une voie originale, innovante. Il reste à
transformer l’essai avec la généralisation,
explique le courageux et dynamique président Gallois.
Les voix des élus régionaux
ne tarderont pas à nous le faire entendre. La décentralisation
des transports est maintenant sur la bonne voie.
Henry Jurquet
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RÉGIONS MAGAZINE
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